On avait laissé Nice et son maire, président de la Métropole Nice Côte d'Azur, sur sa volonté de réguler l'accueil des grands bateaux de croisière. Une décision qui avait provoqué l'ire du monde économique, lequel avait exigé de mesurer concrètement son impact sur le tissu local. C'est ce que quantifie une étude menée par la Chambre de commerce et d'Industrie des Alpes-Maritimes. Elaborée à partir des seuils restrictifs proposés lors du dernier conseil portuaire* et le fichier des escales prévisionnelles des deux prochaines saisons estivales, l'étude estime les pertes financières liées à ces mesures à un peu plus de 8 millions d'euros en 2025, avec un nombre de croisiéristes réduit de 50% à Villefranche et de 8% à Nice. Soit, dans le détail, un manque à gagner de 4,7 millions d'euros lié aux dépenses directes des croisiéristes, de 614.000 euros si l'on se concentre sur les taxes et les redevances, et de 2,7 millions d'euros si l'on élargit le prisme aux activités économiques locales. En 2026, l'estimation analyse les pertes engendrées à 15 millions d'euros, avec une baisse du nombre de visiteurs de 75% à Villefranche et de 24% à Nice.
« C'est à la fois peu et beaucoup », réagit Pierre Ippolito, président de l'UPE 06 qui regroupe les Medef et CPME. Le syndicat patronal a été un des premiers à réagir à l'offensive métropolitaine qui s'était d'abord traduite par un arrêté anti-croisière signé en janvier, puis abrogé en mars face à la colère du monde économique. « C'est peu si l'on s'arrête à une vision macro-économique de la chose mais c'est beaucoup si l'on prend en compte la répartition de ces ressources, concentrées sur quelques zones géographiques de la commune de Villefranche essentiellement. De ce fait, l'impact unitaire prend de l'ampleur et le risque de mettre en péril l'économie de ces quartiers apparaît important. » Autre constat formulé par le patron des patrons azuréens, le manque à gagner fiscal dans un contexte de ralentissement économique global. « Il me semble dommage de se priver de taxes, d'autant plus lorsque celles-ci sont payées par des visiteurs étrangers et non des Français. » D'où le souhait de l'UPE d'un report à 2027 des régulations d'accueil envisagées par la métropole, « le temps que l'écosystème se réorganise ».