À Marseille, le déplacement de la cité judiciaire provoque encore des interrogations

Colombe Laferté
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Est-ce la chronique d'une mort annoncée ? C'est ce que prédisent la CCI Aix-Marseille Provence, la confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Sud et la fédération Marseille Centre depuis l'annonce du déplacement de la cité judiciaire du centre-ville.
En novembre 2023, Éric Dupond-Moretti, alors Garde des Sceaux, dévoilait la construction d'une nouvelle cité judiciaire de 50.000 m² d'ici 2028, un peu plus au nord de la ville, dans le périmètre d'Euroméditerranée, quartier en pleine expansion, situé à 4 km de l'actuel Palais de Justice. L'ensemble prendrait la forme d'une tour réunissant les sept sites actuels de la juridiction. « Nous vivons mal l'imposition de cette décision, faite de manière unilatérale, venant de personnalités ne connaissant pas le terrain », déplore Alain Gargani, président de la CPME Sud.
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Car les enjeux sont ici importants. L'étude d'impact réalisée par la CCI Aix-Marseille Provence, publiée en avril 2023, estime à 18,3 millions d'euros par an les dépenses hebdomadaires des professionnels du droit situés à moins de dix minutes de l'institution actuelle, dont 7,4 millions de restauration. Un manque à gagner potentiel qui inquiètent les commerçants concernés. « Notre économie repose sur deux clientèles : celle qui habite dans le centre-ville et celle qui y travaille. Si on retire une de ces clientèles, ça va être une catastrophe », alerte Guillaume Sicard, président de la fédération Marseille Centre, qui estime à 1.800 le nombre de commerces impactés. Pour Alain Gargani, le déménagement des professionnels du droit « paupériserait le quartier. Il faut garder la population qui permet de faire vivre ce cœur de ville, sinon cela créera des zones de non-droit. Ce centre-ville est une vitrine, il faut le prioriser et l'aimer ».
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