L'annonce aurait presque pu passer inaperçue, en pleine trêve des confiseurs. Mais le choix de Christophe Castaner, ancien ministre de l'Intérieur, comme conseiller pour accompagner Shein dans sa stratégie RSE a rapidement éveillé l'intérêt comme l'incompréhension. Comment celui qui préside le conseil de surveillance de Marseille-Fos, port entièrement tourné vers la décarbonation, peut-il rejoindre le géant de l'ultra fast-fashion ?
Si le principal intéressé estime qu'il peut aider le groupe chinois à faire des progrès en matière environnementale, le filière prêt-à-porter tricolore est, comme un seul homme, vent debout contre ce qu'elle estime être une opération de greenwashing manifeste. Et elle ne s'est pas fait prier pour faire savoir sa « profonde indignation ». Déjà à l'automne dernier, l'ouverture d'un pop-up store éphémère à Marseille avait suscité la colère des professionnels.
Il faut dire que Shein n'en n'est pas à sa première nomination qui dérange. Déjà en août dernier, le recrutement de l'ancien commissaire européen, l'Allemand Günther Oettinger avait tout autant fait réagir. Anciennement en charge de l'économie numérique et du budget, désormais à la tête de son propre cabinet de conseil, son recrutement avait été perçu par beaucoup comme une façon d'influencer en haut lieu alors même que la législation européenne se prépare à serrer la vis, notamment en matière de droits de douane. Il est par exemple question de ne plus exempter de droits de douane les colis de moins de 150 euros. Or, Shein est connu pour ses prix ultra-bas. Ce qui le met directement dans le viseur de cette mesure.