Le projet de loi de finances 2025 qui prévoit de contenir le déficit de 6,1% du PIB à 5% entre 2024 et 2025, n'a pas fini de faire grincer des dents. Alors que le gouvernement a prévu « un effort » de 60 milliards d'euros (en théorie, 40 milliards d'euros d'économies et 20 milliards d'euros de hausses d'impôts), les collectivités devraient être mises à contribution à hauteur de 5 milliards... C'est dans ce climat sous haute tension que se sont tenues le 17 octobre, à La Grande Motte (Hérault), les Assises des travaux publics, organisées par la fédération régionale des travaux publics (FRTP) Occitanie.
« Les orientations budgétaires vont ralentir ou suspendre les décisions des collectivités, or leurs investissements représentent 70% de notre activité,réagit Olivier Giorgiucci, le président de la fédération occitane.Les injonctions sont contradictoires : dépenser moins pour réduire les déficits mais dépenser plus pour financer la transition écologique ! C'est un curieux calcul à moyen terme... Le signal envoyé aujourd'hui par l'Etat est très négatif car, pour l'avoir vécu en 2014 (les entrepreneurs étaient descendus dans la rue pour alerter sur le blocage des investissements, NDLR), nous craignons d'être une nouvelle fois la variable d'ajustement de l'économie future du gouvernement ».
En Occitanie, où le secteur des travaux publics représente 2.000 entreprises et quelque 30.000 salariés, l'activité 2024 a été globalement correcte, tirée par des secteurs très dynamiques (comme les chantiers de mobilité et de réseaux sur la métropole de Montpellier), même si la situation dans les départements, notamment dans le Gard et l'Aude, donne des signes de faiblesse. Mais la préoccupation primordiale aujourd'hui des acteurs des travaux publics, c'est la crainte que la rigueur budgétaire ne se traduise pas par une baisse des investissements.