Crise des éleveurs : en Haute-Garonne, la grogne monte aussi

Gael Cérez

Gael Cérez
À ces conditions-là, n'importe quelle entreprise mettrait la clef sous la porte. C'est d'ailleurs ce que prévoit Patrick Pintat, éleveur laitier à Saint-Lys du Salat, en Haute-Garonne, si rien ne change d'ici à deux ans. Référent de la filière éleveur laitier à la chambre d'agriculture de Haute-Garonne, Patrick Pintat n'est d'ailleurs pas très optimiste quant à l'avenir de sa profession.
Le cours du lait (et de la viande) : voilà ce qui met les agriculteurs en grogne ces jours derniers. "Des accords ont été passés avec la grande distribution, mais ils n'ont pas été respectés, déplore l'exploitant. On nous explique que du lait belge et allemand arrive sur le marché. On ne sera jamais concurrentiel car ils ont des fermes de 2 000 ou 3 000 vaches et font appel à de la main d'œuvre étrangère bon marché." Moins cher, ces nouveaux concurrents font baisser les cours. "Les industriels et la grande distribution répercutent la baisse sur les éleveurs", s'alarme Patrick Pintat.
Comme leurs collègues de Normandie et de Bretagne, les éleveurs de Haute-Garonne demandent une revalorisation des cours "pour que l'on puisse se dégager un revenu mensuel au moins égal au RSA (513 euros)".
Alors que la grogne monte dans le département, le préfet Pascal Mailhos a visité deux exploitations lundi 20 juillets pour prendre le pouls. "Il a écouté ce que l'on avait à dire et a fait remonter à Paris", remarque Patrick Pintat.
Face aux barrages mis en place dans le nord-ouest du pays, le gouvernement a envoyé le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll mardi 21 juillet à Caen au-devant des éleveurs. Mercredi, après le conseil des ministres, un plan d'urgence de 600 millions d'euros a été annoncé pour soutenir les éleveurs.
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Adhérent à la FNSEA, syndicat majoritaire des agriculteurs dirigé par Xavier Beulin, le président du groupe agro-industriel Sofiprotéol, Patrick Pintat n'est pas convaincu par ce nouveau plan gouvernemental. "Le report des cotisations sociales, nous n'en voulons pas. Cela a déjà été fait et nous finissons toujours par devoir les payer, affirme-t-il. Nous voulons un observatoire des prix et des marques pour contrôler les marges."
L'augmentation des cours reste cependant la revendication principale des éleveurs.
Parce qu'il a "l'impression de se faire enfumer par tout le monde, grande distribution et industriels", Patrick Pintat rejoindra ses collègues vendredi 24 juillet au péage de Lestelle-de-Saint-Martory sur l'A64 pour mettre en place un barrage filtrant à partir de 10 heures.
Gael Cérez
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