Tanzanie : la Banque centrale réduit son taux directeur de 4 points, à 12%
Emmanuel Atcha
Emmanuel Atcha
Il s'agit d'une initiative pour booster l'économie du pays. La banque centrale tanzanienne vient de décider de réduire son taux directeur de 16% à 12%. Cette première réduction depuis 2013, est un des principaux outils de sa politique monétaire et devrait permettre de mobiliser des financements pour les secteurs clés de développement de la Tanzanie. La même opération doit consolider la politique de stimulation des prêts bancaires afin de booster la croissance économique du pays.
Selon la Banque centrale, la décision de réduction du taux directeur fait suite au constat d'une forte baisse de l'accroissement du crédit au secteur privé. Les statistiques de la banque centrale montrent une augmentation de 2,5 en 2016 par rapport à une augmentation de 26,8% en 2015. L'économie pourrait en prendre un coup face à une déchéance aussi palpable.
Une situation qui s'explique aussi par des prêts improductifs qui ont atteint un niveau considérable. D'ailleurs, en raison de cela, la part du crédit aux secteurs agricoles, de construction, des transports et des communications a été considérablement réduite, causant du tort à l'économie.
La décision de réduction du taux d'escompte de la Banque centrale est rentrée en vigueur il y a seulement quelques heures. Elle se révèle comme la réponse à un défi économique au pays lancé par les autorités du pays, depuis l'arrivée en novembre 2015 du président John Magufuli au pouvoir.
Deuxième économie de l'Afrique de l'est, la Tanzanie a affiché selon le ministère des finances, une croissance de 7% en 2016. Un léger échec par rapport aux prévisions de 7,2%. Mais cette année 2017, la Banque centrale a prévu une croissance économique de 7,5 %. « Les objectifs macroéconomiques du gouvernement consistent à réaliser une croissance du PIB de 7,5% en 2017 et de 7,9% en 2018 », a affirmé Philip Mpango, le ministre des finances et de la planification. Selon le ministre, le gouvernement a aussi prévu une augmentation des dépenses publiques de 11,5%. Si les prêts dans le secteur bancaire continuent de chuter, ceci occasionnera une chute des prévisions, des investissements et ainsi de l'économie. Les 7,5% ne seraient alors qu'une utopie. Un mal que la Banque centrale se devait de résoudre sans attendre, a expliqué Benno Ndulu, le gouverneur de la Banque centrale.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
Il faut néanmoins faire remarquer que les prévisions de croissance du gouvernement tanzanien sont légèrement supérieures à celles du Fonds monétaire international (FMI) qui a annoncé 7% pour l'année 2017.
Emmanuel Atcha