Industrie : six usines ivoiriennes au bord de la faillite
Khadim Mbaye
Khadim Mbaye
C'est lors d'une conférence de presse samedi, à Bouaké, une ville située au centre de la Côte d'Ivoire que Drissa Sékongo, le président de la Fédération nationale des travailleurs du textile, du coton et de l'anacarde du pays (FENATTCA-CI), a fait ce constat alarmant. Confrontées depuis des années à d'énormes difficultés d'approvisionnement en fibre et graines de coton, leurs matières premières de production, six usines du secteur textile et de la fabrication d'huile alimentaire sont au bord du gouffre. Selon le responsable syndical cité par l'Agence de presse africaine (APA), il s'agit des usines de filature UTEXI Dimbokro, COTIVO Agboville, FTG et TEX-CI (Gonfreville) Bouaké ainsi que des triturateurs COTRAF à Korhogo et OLHEOL Bouaké. Disséminées sur le territoire national ivoirien, « deux de ces usines seulement font encore l'effort de respirer sous contrôle mais elles sont sur le point de mettre la clé sous le paillasson », a indiqué M. Sékongo.
« Au vu de leurs états de fonctionnement actuel, les sociétés Utexi, Cotivo, FTG et Olhéol sont déjà fermées et les usines Cotraf et TEX-CI vont bientôt subir le même sort », a fait savoir la même source avant d'ajouter que les deux dernières citées « sont comme dans une voiture médicalisée ». Une situation qui exaspère les travailleurs de ces fabriques. Ils ne perçoivent plus ou presque leurs salaires.
D'ailleurs, 15 structures syndicales de la filière coton et de l'anacarde regroupées au sein de la FENATTCA-CI, ont émis un cri d'alarme à l'endroit des autorités ivoiriennes.
Ces travailleurs qui insistent sur la stricte application de cette décision que doit prendre le gouvernement ivoirien sont résolument convaincus qu'un approvisionnement correct en matière première est la seule condition pour sauver ces entreprises.
Ce constat intervient après une rencontre des ministres de la commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) en charge de l'agriculture et de l'industrie à Abidjan du 18 au 21 avril. Durant trois jours, toutes les structures impliquées dans la certification des produits dans l'espace CEDEAO se sont réunies dans la capitale Ivoirienne pour échanger autour du tissu industriel très faible des pays de la communauté.
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En attendant la mise en application de ces réflexions, les travailleurs du secteur industriel proposent à l'Etat Ivoirien de mette en place un fonds de garantie pour les égreneurs afin qu'ils puissent acheter la matière première, et qu'ils puissent donner des lignes de crédits aux sociétés en grande difficulté.
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Khadim Mbaye