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Economie - La Tribune AfriqueConjoncture - La Tribune Afrique

Gabon : un gouvernement d’union nationale ou de crise ?

Aboubacar Yacouba Barma

Publié le 17 août 2017 à 13:25 - Mis à jour le 17 août 2017 à 13:35

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Dans le discours qu’il a prononcé à la veille de la commémoration, ce 17 Août, du 57e anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, le président Ali Bongo a annoncé la formation dans les prochains jours d’un gouvernement d’union national. Attendu depuis la fin du dialogue politique, le nouveau gouvernement devrait s’atteler à atténuer l’impact de la conjoncture économique que traverse le pays depuis quelques années alors que le climat politique reste toujours tendu.

Avant même sa formation, le prochain gouvernement gabonais a sa feuille de route toute déclinée. « J'ai instruit le premier ministre, chef du gouvernement, à mettre immédiatement au travail le gouvernement qui sera formé dans les tous prochains jours, conformément aux conclusions du dialogue politique » a en effet affirmé le président Ali Bongo Ondimba pour qui, il est temps d'agir de manière concrète pour faire face aux effets de la crise économiques que traverse le pays. Le chef d'Etat gabonais adressait, ce mercredi, un message à la nation à l'occasion de la célébration du 57e anniversaire de l'accession du pays à l'indépendance.

Après plusieurs mois d'attente, la formation de ce gouvernement d'union nationale interviendra donc dans les prochains jours. C'est au sortir du dialogue politique initié par le président Bongo pour sortir de la crise postélectorale ayant suivi la présidentielle, d'Août 2016, que cette décision a été prise. Pour l'heure, on ne connait pas encore les principales forces politiques qui devront intégrer la nouvelle équipe, laquelle sera de toute évidence dirigée par l'actuel titulaire du poste Emmanuel Issoze Ngondet. Les instructions que vient de lui donner le chef de l'Etat dans son message à la nation tendent en effet vers une plus que probable reconduction.

L'opposition radicale menée par Jean Ping a boycotté le dialogue national mais depuis plusieurs de ses cadres ont revu leurs prétentions à la baisse et à travers ce nouveau gouvernement, Ali Bongo va certainement essayer de débaucher encore quelques cadres afin de renforcer un peu plus la légitimité que lui renient toujours ses détracteurs. A en croire le chef d'Etat gabonais, la crise politique est désormais derrière et si Ping continue toujours à se proclamer « président élu » et à appeler ses partisans à manifester pour maintenir la pression, Ali Bongo se pose plus en rassembleur, estimant que le temps est venu de dépasser les différents clivages politiques. « Il n'y a pas un Gabon de la majorité et un Gabon de l'opposition, encore moins un Gabon d'ailleurs » a déclaré le chef d'Etat gabonais, appelant par la même occasion ses concitoyens à œuvrer pour l'émergence du pays.

Gouvernement de crise

C'est donc plutôt vers la formation d'un gouvernement de crise que l'on s'achemine surtout qu'au regard du tableau dressé par le chef d'Etat gabonais dans son discours, le pays n'est pas prêt de sortir de la difficile conjoncture économique qu'il traverse. « J'observe pour le déplorer que de nombreux compatriotes n'ont pas suffisamment pris conscience de l'extrême dureté de la crise qui affecte notre économie » a estimé Ali Bongo en référence à la série de grèves qui a perturbé plusieurs services administratifs du pays ces derniers temps, «beaucoup trop de mouvements sociaux, intempestifs et pas souvent justifiés, mettent à mal nos efforts de développement et de construction d'une économie qui résiste aux soubresauts de la mondialisation » a fait relever le président. Reconnaissant le fait que «la nature nous a offert tant de rentes » Ali Bongo Ondimba a exhorté ses compatriotes à s'atteler au travail et à faire preuve d'imagination pour faire émerger « une économie productrice de richesses ».

« C'est du reste le sens de l'interdiction d'exportation des produits bruts de notre forêt, combattu par d'aucuns qui ne voyaient que leurs seuls avantages, et par d'autres qui doutaient et ne croyaient ni en leur indépendance, encore moins en leur génie créateur. Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à reconnaitre que cette transformation locale de nos matières premières, comme je m'y étais engagé, porte sans conteste ses premiers fruits, et nous permet d'amortir les effets néfastes de la crise liée à la dépréciation des prix des matières premières, tout autant qu'à la détérioration de la qualité des échanges dans le monde ».

Cure d'austérité en vue

Les gabonais sont en tout cas averti et le prochain gouvernement aura du pain sur la planche surtout au regard de ce qui reste à faire pour relever l'économie gabonaise de la baisse des cours du pétrole entamée depuis 2014 et qui a fortement ébranlé ses fondamentaux macroéconomiques.

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« Le moment présent, caractérisé par une forte crise économique mondiale, qui n'épargne aucun pays, ni aucune couche de populations, exige de chacun d'entre nous, efforts et don de soi. Il nous faut donc pour en sortir accélérer, avec beaucoup de détermination, le rythme des réformes pour davantage de résultats ».

Si le chef de l'Etat s'est dit conscient des difficultés auxquelles font face bon nombre de gabonais, en particulier les jeunes et les femmes, il n'a pas manqué de prévenir que chacun devra donner du sien.  C'est particulièrement le cas pour l'administration du pays qui devrait se surpasser pour apporter, sous l'impulsion du gouvernement, des réponses concrètes aux problèmes des gabonais.

« Nous avons certes adopté un Plan de relance qui a obtenu le soutien du Fonds Monétaire International, pour autant, nous devons prendre conscience qu'il nous faut travailler d'arrache-pied pour réussir sa mise en œuvre ».

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De l'avis d'Ali Bongo, le chemin n'est pas si compliqué pour atteindre les objectifs escomptés. « Nous devons modifier nos habitudes, taire nos égoïsmes et réduire le train de vie de l'Etat » a listé le président gabonais et sur ce dernier point il a été des plus catégoriques : « aucune administration, je dis bien aucune administration ne devrait désormais être exonérée de l'effort collectif ». Autant dire que les gabonais vont devoir encore se serrer la ceinture...

Aboubacar Yacouba Barma

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