À Toulouse, les agriculteurs se mobilisent contre l'arrêté anti-pesticides et le CETA
Héloïse Thepaut

Les agriculteurs avaient déjà paralysé Toulouse en 2018.
Rémi Benoit
Héloïse Thepaut

Les agriculteurs avaient déjà paralysé Toulouse en 2018.
Rémi Benoit
Ils sont vent debout contre "l'agri-bashing". La Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles 31 (FDSEA) et les Jeunes agriculteurs 31 (JA) ont bloqué les principaux axes routiers de Toulouse, mardi 8 octobre, suite à l'appel à la mobilisation nationale des différents syndicats. Avec ce rassemblement, les agriculteurs veulent adresser un "avertissement au gouvernement et interpeller les citoyens sur la détresse du monde agricole". Et s'ils sont autant en colère, c'est pour plusieurs raisons.
À commencer par l'instauration de zones de non-traitement par pesticides (ZNT). Début septembre, le gouvernement a lancé une consultation sur un arrêté qui fixe à 5 ou 10 mètres les distances minimales entre habitations et zones d'épandage de produits phytosanitaires. Le ministère de la Transition écologique doit en publier une synthèse à la fin du mois d'octobre.
Du côté des JA 31, on estime un "manque à gagner important" si l'arrêté est pris. "On va perdre en surface cultivable, on pourra donc moins produire et les importations vont augmenter. C'est un cercle vicieux qui ne doit pas se mettre en place", explique la membre des JA 31. Le syndicat alerte aussi sur les dangers potentiels de cet arrêté.
Pourtant, la restriction de 5 à 10 mètres est nettement inférieure à celle réclamée par certains maires ayant pris des arrêtés anti-pesticides au cours des dernières années. En Haute-Garonne, la mairie de la commune de Saint-Jean a interdit l'épandage des pesticides à moins de 50 mètres de tout îlot d'habitation dès 2016. En juillet dernier, le maire de Roque-Sainte-Marguerite, dans le département de l'Aveyron, a lui interdit l'utilisation des pesticides à moins de 300 mètres de toute habitation. Des initiatives vues d'un mauvais œil par la FDSEA 31.
L'autre cheval de bataille des agriculteurs, ce sont les accords de libre-échange tels que le CETA, entre la France et le Canada, ou le Mercosur.
Le Canada autorise par exemple le boeuf aux hormones et l'usage des antibiotiques, contrairement à la France. Mais, pour Luc Mesbah, secrétaire adjoint de la FDSEA 31, "le CETA n'est qu'un exemple parmi tant d'autres" de ce paradoxe. Il estime que le problème est déjà présent. Le traité de libre-échange entre le Canada et la France ne ferait que le renforcer.
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En juillet, lorsque les députés avaient approuvé le traité de libre-échange, de nombreuses permanences d'élus, qui avaient voté pour le CETA, s'étaient alors vues murées par des parpaings ou bloquées par du fumier comme cela avait été le cas pour la députée LREM Monique Iborra, à Tournefeuille.
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Les différents syndicats dénoncent un véritable "agri-bashing" de la part du gouvernement et des élus. Selon eux, "on nuit à l'image de leur métier au quotidien". Le membre de la FDSEA 31 va plus loin, il dénonce une "remise en cause de leurs moyens de productions et des agriculteurs eux-mêmes". Ce dernier réclame une "juste prise en considération des agriculteurs et un revenu décent".
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