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ÉCONOMIE - La Tribune ToulouseConjoncture - La Tribune Toulouse

À Toulouse, les agriculteurs se mobilisent contre l'arrêté anti-pesticides et le CETA

Héloïse Thepaut

Publié le 08 octobre 2019 à 14:46 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 02:16

Les agriculteurs avaient déjà paralysé Toulouse en 2018.

Les agriculteurs avaient déjà paralysé Toulouse en 2018.

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La FDSEA et les Jeunes agriculteurs ont bloqué mardi 8 octobre le périphérique toulousain. À l'appel d'une mobilisation nationale, ils dénoncent un projet gouvernemental de création de zones de non-traitement par pesticides et les accords de libre-échange tels que le CETA. Décryptage.

Ils sont vent debout contre "l'agri-bashing". La Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles 31 (FDSEA) et les Jeunes agriculteurs 31 (JA) ont bloqué les principaux axes routiers de Toulouse, mardi 8 octobre, suite à l'appel à la mobilisation nationale des différents syndicats. Avec ce rassemblement, les agriculteurs veulent adresser un "avertissement au gouvernement et interpeller les citoyens sur la détresse du monde agricole". Et s'ils sont autant en colère, c'est pour plusieurs raisons.

L'étendue des zones de non-traitement par pesticides

À commencer par l'instauration de zones de non-traitement par pesticides (ZNT). Début septembre, le gouvernement a lancé une consultation sur un arrêté qui fixe à 5 ou 10 mètres les distances minimales entre habitations et zones d'épandage de produits phytosanitaires. Le ministère de la Transition écologique doit en publier une synthèse à la fin du mois d'octobre.

"Tous les agriculteurs français utilisent des produits autorisés, élaborés par des labos pharmaceutiques et reçoivent une formation tous les cinq ans pour bien les utiliser. Il faut rappeler aussi que les premiers perturbateurs endocriniens ne sont pas les produits phytosanitaires mais les pilules contraceptives", affirmeLuc Mesbah, secrétaire adjoint de la FDSEA 31.

Du côté des JA 31, on estime un "manque à gagner important" si l'arrêté est pris. "On va perdre en surface cultivable, on pourra donc moins produire et les importations vont augmenter. C'est un cercle vicieux qui ne doit pas se mettre en place", explique la membre des JA 31. Le syndicat alerte aussi sur les dangers potentiels de cet arrêté.

"Les zones non traitées vont être laissées en friche, c'est la porte ouverte aux incendies et aux plantes toxiques qui vont pouvoir pousser en toute liberté proche des habitations", détaille Lucie Plessard, animatrice syndicale des JA 31.

Des arrêtés municipaux anti-pesticides jugés humiliants

Pourtant, la restriction de 5 à 10 mètres est nettement inférieure à celle réclamée par certains maires ayant pris des arrêtés anti-pesticides au cours des dernières années. En Haute-Garonne, la mairie de la commune de Saint-Jean a interdit l'épandage des pesticides à moins de 50 mètres de tout îlot d'habitation dès 2016. En juillet dernier, le maire de Roque-Sainte-Marguerite, dans le département de l'Aveyron, a lui interdit l'utilisation des pesticides à moins de 300 mètres de toute habitation. Des initiatives vues d'un mauvais œil par la FDSEA 31.

"C'est une véritable humiliation. Les maires nous montrent du doigt, nous dénigrent, ne nous respectent pas. Ces arrêtés ne font pas partie de leurs compétences. Ils prennent ces décisions pour faire le buzz, pour se faire bien voir avant les municipales", lance Luc Mesbah.

Le CETA dans le viseur de la profession

L'autre cheval de bataille des agriculteurs, ce sont les accords de libre-échange tels que le CETA, entre la France et le Canada, ou le Mercosur.

"Nous avons les normes sanitaires les plus strictes au monde en France. Avec le CETA, on va importer des produits issus de pays où les normes sanitaires sont moins restrictives. On nous demande constamment de faire des efforts, de nous passer des pesticides et en même temps, le gouvernement laisse de tels produits être vendus en France", dénonce la représentante des JA 31.

Le Canada autorise par exemple le boeuf aux hormones et l'usage des antibiotiques, contrairement à la France. Mais, pour Luc Mesbah, secrétaire adjoint de la FDSEA 31, "le CETA n'est qu'un exemple parmi tant d'autres" de ce paradoxe. Il estime que le problème est déjà présent. Le traité de libre-échange entre le Canada et la France ne ferait que le renforcer.

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"Un tiers des légumes à la vente en France et six poulets sur dix proviennent de l'étranger. Dans 80% de la restauration collective, comme dans les cantines scolaires, la viande est aussi importée. À chaque fois qu'un kilo de viande étrangère entre en France c'est un kilo de cochonnerie que l'on fait entrer. Nous avons laissé faire n'importe quoi dans les assiettes des Français. Nous devons absolument y remettre de la sécurité alimentaire", alerte Luc Mesbah, secrétaire adjoint de la FDSEA 31.

En juillet, lorsque les députés avaient approuvé le traité de libre-échange, de nombreuses permanences d'élus, qui avaient voté pour le CETA, s'étaient alors vues murées par des parpaings ou bloquées par du fumier comme cela avait été le cas pour la députée LREM Monique Iborra, à Tournefeuille.

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Les différents syndicats dénoncent un véritable "agri-bashing" de la part du gouvernement et des élus. Selon eux, "on nuit à l'image de leur métier au quotidien". Le membre de la FDSEA 31 va plus loin, il dénonce une "remise en cause de leurs moyens de productions et des agriculteurs eux-mêmes". Ce dernier réclame une "juste prise en considération des agriculteurs et un revenu décent".

Héloïse Thepaut

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