Essor de la "chimie verte" : des doutes sur l'aspect éthique et écologique

Florine Galéron
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Prendre de la paille de blé et l'utiliser comme matière première pour des biocarburants ou des matériaux de construction : ce type de raffinerie végétale, également appelée bioraffinerie, est désormais à portée de main en Midi-Pyrénées. Dans le Tarn, la société CIMV fait figure de pionnière. L'entreprise a mis au point un procédé unique au monde pour séparer les trois composants de la paille de blé et les transformer en produits à haute valeur ajoutée. Ces composants sont l'hémicellulose (un sucre transformable en biocarburant), la cellulose (qui sert à faire du papier) et la lignine (qui permet d'obtenir des résines pour remplacer ceux d'origine pétrolière dans la composition des adhésifs, des plastiques...).
Sur son site de Lavaur, la PME espère transformer sa future unité de démonstration en véritable usine, capable de produire jusqu'à 1 000 tonnes de biomatériaux par jour.
À l'image de l'initiative de CIMV, la chimie verte connaît un essor grandissant en Midi-Pyrénées. 14 ans après l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, les industriels cherchent à limiter les substances dangereuses en remplaçant les produits issus du pétrole par des matériaux d'origine biologique. Au-delà de l'utilisation des agroressources, la chimie verte (ou "durable") vise également l'optimisation des procédés en réduisant les déchets toxiques. La chimie durable peut être à la base de la fabrication de plastiques biodégradables, peintures et colles sans solvants nocifs.
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Plus écologique, cette démarche est censée lutter contre les émissions de CO2 et faire face à la pénurie des réserves de pétrole. Sur le plan économique, ce marché porteur pourrait devenir un grand pourvoyeur d'emplois et donner un nouveau souffle à l'industrie chimique régionale. qui emploie aujourd'hui plus de 5 000 personnes dans 134 sociétés. Dans le Tarn, le cofondateur de CIMV, Michel Delmas estime :
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