Protonthérapie : Montpellier dénonce "l'amateurisme toulousain"

Florine Galéron
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La semaine dernière, le Conseil économique et social (Ceser) de Midi-Pyrénées a adressé une lettre ouverte à Manuel Valls pour soutenir le projet de protonthérapie à Toulouse. Cette prise de position vous a ulcéré. Pourquoi ?
Il est temps de siffler la fin de la récréation. J'ai reçu des messages de 4 ou 5 associations de patients atteints de cancer et elles sont écœurées par ce type de comportement. Il s'agit d'un sujet très important et qui ne devrait pas être la variable d'ajustement pour servir des intérêts politiques ou économiques. La protonthérapie (et la radiothérapie en général) ne doivent pas être laissées entre les mains de non-avertis, au risque de desservir les projets. Le Ceser Midi-Pyrénées commet de graves erreurs : Toulouse n'est absolument pas dans l'organisation hospitalière interrégionale pédiatrique de Montpellier, et donc ne coordonne ni Bordeaux, ni Montpellier. C'est Bordeaux qui coordonne Toulouse, et Marseille qui coordonne Montpellier.
Ensuite, à Toulouse, le projet de protonthérapie est porté par Michel Attal, le directeur général de l'Institut Claudius Regaud. Ce dernier est un hématologue internationalement reconnu (branche de la médecine qui s'intéresse aux maladies du sang, NDLR). Va-t-on laisser un non radiothérapeute défendre ce programme important pour la future grande région devant un jury d'experts en radiothérapie ? En tant que président du groupe de recherche et d'innovation de l'ensemble des centres de lutte contre le cancer (groupe Unitrad), ce n'est pas Toulouse ou Montpellier que je défends mais la radiothérapie du grand sud.
Vous estimez-vous davantage légitime pour porter la protonthérapie dans le Grand Sud?
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Le 21 octobre dernier, j'ai reçu aux États-Unis le Translational Science Abstract Award, le prix qui distingue chaque année les médecins-chercheurs les plus influents et reconnus internationalement dans le domaine de la biologie. J'ai été récompensé pour mes travaux sur la mise au point d'un test de radiosensibilité qui permet par une simple prise de sang de prédire quels sont les patients risquant des effets secondaires de la radiothérapie à long terme. Or, la protonthérapie permet justement de limiter les effets secondaires des radiations et de ne pas toucher les tissus sains. Ce test sera donc la base du développement de la protonthérapie personnalisée à Montpellier. Je le répète : ce projet devrait rester entre les mains des spécialistes. Il faut tenir compte des expertises dans chaque métropole de la future grande région et arriver à des arrangements homogènes en matière de santé.
Florine Galéron
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