Toulouse structure sa filière microdrones pour remporter plus d'appels d'offres

Gael Cérez
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gael Cérez
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Qu'est-ce qu'un "microdrone" ?
Les drones sont divisés en catégories selon leur taille. Les plus importants, comme le Prédator américains sont appelés drones MALE (Medium Altitude Long Endurance). Ils peuvent faire 15 mètres d'envergure. Les minidrones ont des envergures de l'ordre d'un mètre. Les microdrones, que nous étudions depuis 15 ans, font entre 10 et 50 centimètres. En dessous, on parle de nanodrones pour les engins de quelques centimètres
À quoi peuvent-ils servir ?
Les microdrones peuvent aller dans des espaces confinés difficile d'accès comme un oléoduc ou un conduit d'égout. Cela permet d'inspecter l'état mais aussi de repérer d'éventuelles charges explosives dans les zones de guerre.
Les microdrones peuvent aussi être déployés en nuées comme dans le cadre du projet "Sky Scanner" pour analyser les nuages dans différents endroits en même temps. Le domaine des microdrones est aujourd'hui en forte croissance du fait des nombreuses applications potentielles pour des besoins civils ou militaires dans le monde, notamment dans les domaines de l'observation, de l'exploration, de la surveillance, de l'inspection, de la cartographie.
Pourquoi cet intérêt toulousain pour les microdrones ?
Dans les années 2000, nous avons vu que nous avions du retard comparé à la communauté universitaire américaine qui étudiait les drones depuis les années 90. Il était temps de s'y mettre. Nous nous sommes positionnés sur les microdrones car ils sont moins coûteux à développer. En cas de casse, la perte est moins importante. Les perspectives de recherche sont également plus intéressantes du fait de la miniaturisation des systèmes.
Avec l'Onera, l'Enac (École nationale d'aviation civile) et le Laas (Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes), nous avons lancé quelques projets d'étude. Petit à petit, le cercle s'est élargi et nous avons créé le "Micro Air Vehicule Research Center".
À lire également
Celui-ci regroupe aujourd'hui l'Isae-Supaero, le Laas-CNRS, l'Enac, l'Onera, l'IMFT (Institut de mécanique des fluides de Toulouse), Laplace (Laboratoire plasma et conversion d'énergie), Traces (Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés ), le CNRM-Game (unité mixte de recherche constituée par le CNRS et Météo-France), Geode (laboratoire Géographie de l'environnement), l'Inrap (Institut de recherches archéologiques préventives), LA (Laboratoire d'Aérologie) et Météo-France.
À partir de 2012, nous avons organisé des conférences et des événements comme le "Garden Workshop", consacré aux microdrones et à leurs usages scientifiques. Nous avons par exemple invité Météo-France ou encore les archéologues de l'université Jean-Jaurès, qui utilisent les drones pendant leurs fouilles. Les microdrones peuvent réellement améliorer la recherche.
Pourquoi créer ce groupement d'intérêt scientifique ?
Notre cercle informel regroupe des dronistes, qui conçoivent des drones comme Supaero, le Laas ou l'Onera, et des "droneurs" qui utilisent les drones pour leurs recherches. Cette rencontre nous a semblé intéressante pour développer des drones au plus près des besoins et des usages scientifiques.
Gael Cérez
Carole Delga sonne l'alerte pour sauver les petites lignes de train en Occitanie
Bras de fer de l'A69 : « Le Sénat est totalement dans son rôle », juge le rapporteur
« Trains de la colère » : les usagers de Paris-Orléans-Limoges-Toulouse dénoncent une ligne à l'abandon
En attendant la LGV Bordeaux-Toulouse, la Ville rose en surchauffe ferroviaire