Filière vin en Occitanie : opportunités chinoises et menaces du Brexit

Ferdinand Kerssenbrock

Ferdinand Kerssenbrock
Premier exportateur mondial de vin en valeur, la France doit s'adapter aux attentes des nouveaux marchés (Chine, Russie...), où elle est fortement concurrencée par les vins des Amériques et d'Australie. Elle doit aussi faire face - dans son premier marché à l'export, la Grande-Bretagne - aux risques liés au Brexit.
L'une des deux table-ronde de la première édition de La Tribune Wine's Forum qui se tient le 9 novembre à Perpignan, a précisément pour thème "Les marchés internationaux, entre opportunités chinoises et menaces britanniques".
Animé par Emmanuelle Durand-Rodriguez, directrice de la rédaction de La Tribune à Toulouse, cet échange donnera la parole à François Collache, directeur Vins & Spiritueux à Sopexa, Michel Defrancès, coprésident de l'Interprofession des vins du Sud-Ouest (IVSO), Bertrand Girard, président du directoire de Vinadeis, Élodie Le Dréan, responsable filière vin à Sud de France Développement, Fabrice Rieu, président du Conseil interprofessionnel des vins du Roussillon (CIVR) et Jacques Tranier, directeur de Vinovalie.
Dans les seuls BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine), les importations de vin devraient augmenter de 80 % en 5 ans, selon une étude d'Euromonitor International. La Chine est notamment un marché de choix pour les vins de la Région Occitanie, le vin rouge constituant 90 % de ses importations. La croissance économique chinoise et l'augmentation rapide du niveau de revenu moyen permettent d'envisager un très fort potentiel de développement pour de nombreuses années. L'émergence d'une large classe moyenne et l'évolution des habitudes de consommation laissent aussi présager, à moyen terme, de belles perspectives pour le vin blanc comme pour les spiritueux (armagnac notamment). Toutefois, comme le souligne Élodie Le Dréan à Sud de France Développement, "la Chine, ce n'est pas forcément l'eldorado". Barrières culturelles, problèmes de fiabilité de paiement, impact des relations diplomatico-politiques, sont autant de menaces pour l'importateur de vins français.
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Au-delà du potentiel faramineux offert par la Chine, la filière viti-vinicole s'inquiète toutefois des conséquences du Brexit sur ses exportations. Si l'on ne connaît pas encore les modalités de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, ni le calendrier, les premières conséquences se font déjà sentir. La chute de la livre sterling (20 % depuis le référendum) se traduit par une hausse du coût des produits importés et une baisse prévisible du pouvoir d'achat des Britanniques. Déjà largement concurrencés dans la grande distribution britannique par les vins d'Australie, de Californie ou du Chili, les cuvées françaises vont devoir redoubler leurs efforts d'innovation et de marketing pour garder le leadership en café-hôtels-restaurants. Mais de nombreux producteurs envisagent aussi de renforcer leurs positions sur d'autres marchés à fort potentiel (États-Unis, Canada, Brésil, etc.) afin de limiter leurs risques à l'export.
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