Gilets Jaunes : à Toulouse, la facture "commerciale" s'annonce salée

Pierrick Merlet

Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, le chômage partiel a explosé à Toulouse.
Pierrick Merlet

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Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, le chômage partiel a explosé à Toulouse.
Pierrick Merlet
Alors que le mouvement social des Gilets Jaunes s'essouffle, l'heure est désormais au bilan. Pour ce qui est de Toulouse et sa région, la pilule risque d'être difficile à avaler. Au plus fort de la mobilisation, élus comme commerçants craignaient une "hécatombe", avec "50 voire 60 %" des commerçants du centre-ville qui déposeraient le bilan en raison du mouvement à l'ampleur inédite (par sa durée). Mais qu'en est-il réellement ? "L'Occitanie est l'une des quatre régions où les commerçants et entrepreneurs ont le mieux résisté et enregistre ce semestre un taux de défaillance inférieur à celui de l'année dernière (sans mouvement social, ndlr)", a fait savoir dans un récent communiqué Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie. Pour d'autres, ils y voient pluôt le calme avant la tempête.
Autrement dit, selon lui beaucoup de commerces se battent pour garder leur tête à la surface de l'eau et ne pas couler mais que cela ne pourra durer qu'un temps. "Au-delà des fermetures de commerces, il y aussi dans la restauration et l'hôtellerie des embauches qui ont été repoussées voire annulées. Il ne faut pas regarder seulement l'impact chiffré, mais aussi les conséquences sociales", se permet d'ajouter Nadia Pellefigue, vice-présidente du Conseil régional en charge du Développement Économique notamment. "Des centaines d'emplois ont également été supprimés dans les grandes enseignes de la ville", fait savoir Jean-Marc Martinez, le président de la fédération des commerçants de Toulouse.
Pourtant, la ville de Toulouse a été montrée partout en France comme un exemple à suivre du fait de la solidarité et de la coopération dans l'action de soutien aux commerçants de la part de tous les organismes et collectivités locales. Au lendemain des premières manifestations, la préfecture de Haute-Garonne avait instauré un guichet unique regroupant les assureurs, les représentants des banques, l'Urssaf, les centres d'imposition locaux, pour soutenir les commerçants touchés par le mouvement des Gilets Jaunes. De plus la CCI de Toulouse a mis en place un fonds de solidarité de 300 000 euros, la Ville de Toulouse a voté un plan d'aides exceptionnel d'un million d'euros et la Région Occitanie a mis en œuvre un fonds de 4,5 millions d'euros pour compenser les pertes de chiffre d'affaires dès que celles-ci dépassent les 15 %, tout en étant plafonné à 15 000 euros par dossier.

Baisse du chiffre d'affaires mensuel d'après des enquêtes de la CCI de Toulouse.
D'après deux enquêtes de la Chambre de commerce et de l'industrie de Toulouse, les commerçants locaux ont connu une baisse de leur chiffre d'affaires mensuel de près de 23 % depuis novembre 2018, date de début du mouvement. De plus, selon la mission parlementaire qui s'est déplacée à Toulouse lundi 8 juillet pour évaluer l'impact économique des gilets jaunes, la facture pour le mobilier urbain est lourde.
Et la situation n'est pas prête de s'améliorer car les consommateurs ne se rendent plus dans le centre-ville de Toulouse le samedi et même la semaine pour faire leurs achats malgré les mesures incitatives comme la gratuité des parkings.
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Alors, pour tenter de remédier à ce phénomène, le gouvernement a annoncé la mise en oeuvre d'un plan de 5,5 millions d'euros pour cofinancer aux côtés de 34 collectivités territoriales, dont Toulouse, des campagnes de redynamisation des centres-villes. C'est la seule mesure nouvelle approuvée par une commission sénatoriale qui a également évalué l'impact économique. Elle s'est rendue à Toulouse et a rendu son rapport début juillet.
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La sénatrice et sa commission préconisent la création d'un fonds d'indemnisation national des pertes d'exploitation ou encore l'exonération fiscale sous certaines conditions. Cette dernière est jugée comme la seule véritable mesure qui pourrait aider les commerces de Toulouse (plutôt que l'étalement).
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