Quelle stratégie pour le montpelliérain Urbasolar, racheté par Axpo ?

Arnaud Mine et Stéphanie Andrieu, fondateurs et dirigeants de Urbasolar à Montpellier.
Urbasolar

Arnaud Mine et Stéphanie Andrieu, fondateurs et dirigeants de Urbasolar à Montpellier.
Urbasolar
Finalisées début mai, les négociations portant sur l'acquisition de 100 % des titres d'Urbasolar par Axpo, ont été validées par les autorités réglementaires compétentes et définitivement entérinées en juillet.
Une nouvelle opération qui intervient dans un contexte de concentration qui s'accélère dans le secteur des énergies renouvelables, notamment pour les acteurs héraultais : rachat de Quadran par Direct Energie en 2017 puis de Direct Énergie par Total en 2018, de Luxel par EDF Renouvelables en avril 2019, de Valeco par l'Allemand EnBW en juin 2019, ou encore de Vents d'Oc par Total en août 2019.
L'entreprise montpelliéraine, cofondée en 2006 à Montpellier par Arnaud Mine et Stéphanie Andrieu, est spécialisée dans le photovoltaïque. En la faisant passer dans son escarcelle, l'énergéticien suisse, qui se définit comme le "leader international du négoce de l'énergie et du développement de solutions énergétiques", se dote d'une structure à même de développer l'énergie photovoltaïque, un champ sur lequel il n'était pas présent.
À Montpellier, Stéphanie Andrieu et Arnaud Mine se félicitent de l'opération, qui adosse leur entreprise à un groupe solide, dope sa puissance d'intervention et sécurise les débouchés de production.
Autre argument développé par les dirigeants d'Urbasolar : "Le capital d'Axpo est détenu par des cantons suisses (9 cantons suisses du nord-est, NDLR), donc des institutionnels. Ce qui nous intéresse car beaucoup de nos projets sont montés avec collectivités locales".
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L'entreprise montpelliéraine conserve son identité et sa marque. Et ses effectifs, à savoir quelque 170 personnes à Montpellier mais aussi dans des agences ou filiales à Paris, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Aix-en-Provence, Vichy, La Réunion, Pointe-à-Pitre, Dakar (Sénégal), au Kazakhstan, à Ouagadougou (Burkina Faso) et à Manille (Philippines).
Compte tenu de la croissance des effectifs,
Urbasolar devrait prochainement déposer un permis de construire pour surélever son bâtiment et faire des salles de réunion sur les toits-terrasses.Urbasolar SAS a clôturé son exercice 2018-2019 avec un chiffre d'affaires de 125 M€ (85 M€ en 2017-2018) pour 105 MW installés, "et 490 MW sont déjà signés sur 2019-2021", précise Arnaud Mine. Les dirigeants montpelliérains visent un chiffre d'affaires de 260 M€ sur l'exercice 2019-2020. Le groupe compte à ce jour 457 installations pour une puissance installée de 350 MW.
Le 28 août dernier, Urbasolar posait à Toulouse, sur le site de l'ancienne usine AZF, le premier panneau photovoltaïque de la plus grande centrale solaire française en milieu urbain (15 MWc de puissance installée, sur 25 ha, pour une production attendue de 19 350 MWh). Le 6 août, elle décrochait 17 % de part de puissance solaire à installer lors de l'appel d'offre CRE4, soit 146 MWc. Et le 26 juillet, le groupe montpelliérain lançait le projet de la centrale photovoltaïque du fret de l'aéroport Guadeloupe Pôle Caraïbes (753 kWc, complétés par un système de stockage d'énergie de grande capacité fourni par l'américain Tesla), pour une livraison début 2020.
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De son côté, Axpo, dirigé par Andrew Walo, annonce un portefeuille de 14 GW d'énergies renouvelables (dont 151 MW éoliens en France), un chiffre d'affaires de 4,85 Mds de francs suisses, une présence dans une trentaine de pays, 4 440 salariés et 3 millions de clients.
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