Les Euro-Africa Water Days, qui se tenaient dans le cadre de la Biennale Euro-Africa de Montpellier, se sont terminés le 10 octobre après deux jours d’intenses échanges autour des problématiques liée à l’eau (inondations, sécheresse, niveau de la mer, trait de côte…). Les acteurs du pourtour méditerranéen ont partagé avec ceux du continent africain état des lieux et solutions. Une stratégie a fait consensus : coopérer.« L'eau, c'est la vie, l'environnement ultime pour vivre, et en la matière, les défis sont énormes. Mais ces défis sont aussi des opportunités pour un avenir plus durable. En Afrique, de nombreux pays ont des problèmes d'accès à l'eau, d'irrigation, de gestion des ressources, de sécheresse, etc. Or la croissance démographique fait que la demande en eau augmente. La gestion de cette croissance est essentielle. Il y a un besoin urgent de développer des politiques publiques cohérentes, des politiques efficaces de gestion durable de l'eau. Par exemple, nous devons aller très tôt dans les écoles pour que les enfants comprennent les enjeux de ce bien commun qu'est l'eau... Il ne faut pas attendre que la maison brûle pour apporter de l'eau. Les prochaines guerres seront des guerres de l'eau ! Il faut trouver des solutions pour éviter ces conflits. Les coopérations internationales sont essentielles. Nous devons bâtir des ponts entre nos continents... Tout est possible quand on se parle ! »
C'est ainsi que résumait et concluait Cheick Keita, ancien ministre de la République de Guinée, à l'issue des deux journées Euro-Africa Water Days qui se sont déroulées les 9 et 10 octobre dans le cadre de la Biennale Euro-Africa de Montpellier (qui se clôturera le 15 octobre). Cheick Keita est aussi ambassadeur du WUSME (World Union of Small and Medium Enterprises), chairman de OBA (Open Business Africa) et de BOI (Bridge of Innovation), président fondateur de l'OPND (Observatoire panafricain du numérique pour le développement), fondateur de l'initiative CEFMA (Coalition pour l'éradication des faux médicaments en Afrique) et président de Juristes sans frontières.
Les Euro-Africa Water Days étaient consacrées aux problématiques de l'eau rencontrées tant sur le pourtour méditerranéen que sur le continent africain (pluies extrêmes, inondation, submersion, érosion du littoral, recul du trait de côte mais aussi sécheresse). Un maître-mot se s'est rapidement révélé fédérateur et a fait consensus : coopération.
1,8 milliards de personnes menacées par les inondations
De nombreux enjeux sont liés au risque hydrologique ainsi qu'à ses impacts sur les activités humaines et sur les infrastructures. L'augmentation des précipitations accroît l'érosion et la mobilité des polluants. Le ruissellement accru provoque une érosion dangereuse pour les écosystèmes naturels mais aussi pour les populations humaines, notamment avec les glissements de terrain. Les précipitations extrêmes saturent les systèmes de récupération et de traitement des eaux usées et rendent leur gestion par l'homme plus complexe. Et la liste est longue...
Pour contextualiser, sur l'une des tables rondes, on rappelait quelques chiffres frappants : dans le monde, 1,8 milliards de personnes sont menacées par les inondations, 7.398 décès causés par les inondations ont été enregistrés en 2022, des inondations qui ont provoqué 520 millions d'euros de dégâts en France. Et sur le seul continent africain en 2022, les aléas climatiques et hydrologiques ont touché plus de 110 millions de personnes, causé 8,5 milliards de dollars de dommages économiques, 5.000 décès dont 48% en raison de la sécheresse et 43% des inondations... Au risque d'inondations, s'ajoute le phénomène inverse et malheureusement pas incompatible de la sécheresse, qui génère lui aussi de nombreux impacts et dégâts.