Face aux conséquences du dérèglement climatique, les golfs d’Occitanie tentent de s’adapter, principalement sur la question de l’eau, et amorcent une mue. Mais la crise de l’eau, sévère en Occitanie notamment, est source d’incompréhension d’une partie de l’opinion publique et se cristallise autour de projets jugés aberrants.Avec près de 450.000 licenciés et 740 structures (dont 71 en Occitanie), le golf a connu ces quarante dernières années l'une des plus importantes progressions du sport français. La filière pèse plus de 1,5 milliards d'euros et les retombées indirectes pour les territoires sont estimées à quelque 410 millions d'euros (source : Fédération Française de Golf, FFG). Mais dans un contexte de changement climatique, l'état des ressources en eau est scruté de près. L'arrosage nécessaire au maintien des surfaces de jeu des golfs est parfois source de conflits et suscite l'incompréhension d'une partie de l'opinion publique.
« En vingt ans, la consommation annuelle en eau des golfs a diminué de 14% et elle représente aujourd'hui 0,09% de la totalité des eaux prélevées,affirme pourtant Maximilien Lambert, responsable transition écologique à la FFG.Seuls 10% des golfs utilisent l'eau du réseau public, 90% ayant recours à une eau impropre à la consommation, provenant des eaux souterraines à 41%, des eaux de surface à 17%, des eaux de retenue à 23%, des eaux brutes à 3% et des eaux recyclées à 3%. La gestion durable de l'eau est l'un de nos trois piliers, et nous avons promulgué, en juin 2023, le Manifeste Sobriété Eau. »
Réduction de 15% des volumes d'eau prélevés d'ici à 2030, cartographie des golfs en stress hydrique, généralisation de l'utilisation de l'outil numérique PlatformGolf (permettant une télétransmission de données sur l'eau aux services de l'Etat), création d'un consortium national de recherche et expérimentation sur les gazons sportifs durables, sensibilisation tous azimuts... Le manifeste égraine quinze actions concrètes.
2,5 millions d'euros du kilomètre
Si depuis 2016, les golfs ont investi 43,7 millions d'euros dans la gestion durable de l'eau, la question reste sensible, particulièrement en Occitanie. Le golf international du Cap d'Agde (Hérault) a été l'un des premiers à lancer, en 2015, un projet de réutilisation des eaux usées (REUT) : 2,3 kilomètres de nouveaux réseaux, un réservoir de 1.650 m3 et partage des eaux en sortie de station. Coût de l'investissement : 5,5 millions d'euros, soit près de 2,5 millions d'euros du kilomètre.