La ville littorale héraultaise de La Grande Motte vient de mettre en service son réseau de thalassothermie pour fournir, grâce à l’énergie thermique marine, de la chaleur, de l'eau chaude et du rafraîchissement à une vingtaine de bâtiments.La Grande Motte valorise ses ressources locales. Avec un réseau de six kilomètres entre la Méditerranée et une vingtaine de bâtiments en bord de mer, la ville littorale héraultaise a fait le choix d'un procédé technologique bien connu mais pas si répandu que cela : la thalassothérapie. Elle consiste à transformer l'énergie thermique marine en température adéquate pour du chauffage, de l'eau chaude sanitaire ou du rafraîchissement de bâtiments.
La ville et l'opérateur Dalkia (groupe EDF) ont inauguré, ce 11 avril, le réseau Mottéo, opérationnel depuis quelques mois, auxquels les premiers bâtiments ont commencé à être raccordés. À terme, il produira 6 MW de chaleur et 1,7 MW de rafraîchissement pour alimenter quelque 2 000 équivalents-logements, soit 16 immeubles résidentiels (dont ceux du futur nouveau quartier La Colline), deux bâtiments tertiaires (dont le Pasino) et quatre bâtiments communaux (hôtel de ville, groupe scolaire, centre culturel et palais des congrès). « Soit 1 800 tonnes de CO2 évitées », se réjouit le maire (LR) Stephan Rossignol.
L'eau de mer en profondeur
Le procédé est très proche de celui de la géothermie, qui va chercher des calories dans les entrailles de la Terre. La thalassothermie récupère les calories présentes dans l'eau de mer en profondeur, où la température varie entre 12 et 26° selon la saison. Cette énergie vient réchauffer ou refroidir une boucle d'eau douce grâce à un système de pompes à chaleur réversibles situées au pied des bâtiments, qui convertissent l'énergie en chauffage, eau chaude ou climatisation, « sans l'effet îlot de chaleur généré par les climatisations classiques », précise Sylvie Jéhanno, la PDG de Dalkia. Une fois le transfert réalisé, l'eau de mer est rejetée dans son milieu naturel, sans impact pour l'environnement.
« Ce procédé utilise 70 % d'énergie renouvelable, l'énergie de la mer, le reste, c'est de l'électricité décarbonée, donc on peut vraiment parler d'un projet bas-carbone,insiste Sylvie Jéhanno. Ce réseau de chaleur et froid est connecté, avec du numérique et de l'IA pour, grâce à un pilotage précis, optimiser les consommations d'énergie et être le plus sobre possible. »