Face au surtourisme, la Corse se lance dans l'achat de flux aériens pour lisser la fréquentation
Jean-Marc Rafaelli
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Trois millions de visiteurs concentrés sur une petite dizaine de semaines, une sur-fréquentation des sites exceptionnels - sanctionnée dans un passé récent par un déclassement de la Réserve naturelle de Scandola par l'Unesco - des routes aussi encombrées que les conteneurs à déchets et une hausse de la consommation d'eau en période de sécheresse : voilà ce qui donne du grain à moudre aux tenants du tourisme-bashing galopant au sein d'une population censée être consciente du caractère vital de l'activité pour l'économie de la Corse.
Vue par le prisme des professionnels de l'hôtellerie et de la restauration, la situation est tout aussi bilieuse : la croissance effrénée des meublés de tourisme au détriment de l'hébergement marchand (hôtels, gîtes et campings) et quelques billets de transport de 800 euros le trajet Paris-Corse, qui font les choux gras des réseaux sociaux, ajoutent à la morosité ambiante et à l'angoisse d'une saison 2024 déprimante.
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Aussi, c'est avec une curiosité mâtinée d'optimisme que l'on regarde l'initiative, inédite en France et même en Europe, imaginée par la CCI de Corse, qui fait la preuve en l'occurrence de son esprit créatif, et reprise par la Collectivité de Corse pour sa mise en œuvre. Le dispositif, baptisé « Achat de flux », a pour objectif de renforcer, d'élargir et d'annualiser les liaisons aériennes, domestiques et internationales, à destination de la Corse et ce, en dehors des lignes de service public, Paris, Nice et Marseille.
Jean-Marc Rafaelli