Face aux coupes exigées par un éditeur chinois, Piketty refuse de sortir son livre en Chine
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L'éditeur chinois Citic Press a exigé la suppression de 24 passages.
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L'éditeur chinois Citic Press a exigé la suppression de 24 passages.
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"Capitalisme et idéologie", le livre de Thomas Piketty consacré à la progression fulgurante des inégalités dans le monde, ne sortira "probablement" pas en Chine, l'économiste français refusant les coupes exigées par Citic Press, son éditeur chinois, a-t-il annoncé lundi à l'AFP.
Considéré comme une "rock star" de l'économie, le professeur de l'École d'économie de Paris a publié cette nouvelle somme aux éditions du Seuil en septembre 2019, six ans après le succès planétaire de son livre "Le Capital au XXIe siècle" (plus de 2,5 millions d'exemplaires vendus).
"Citic Press a eu l'honneur de coopérer avec M. Piketty afin de publier la version chinoise du 'Capital au XXIe siècle'. Les deux parties ont été heureuses de leur coopération. Les droits d'auteur du nouveau livre de M. Piketty sont toujours en négociation", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la maison d'édition.
Ce premier opus s'était vendu à des centaines de milliers d'exemplaires en Chine, et avait même été salué par le président chinois Xi Jinping, qui avait utilisé le résultat de ses recherches sur la forte progression des inégalités aux États-Unis et en Europe comme la preuve de la supériorité du modèle communiste chinois.
Mais dans le chapitre 12 de "Capitalisme et idéologie", consacré aux "sociétés communistes et postcommunistes", l'économiste français, après avoir épinglé la "dérive oligarchique et kleptocratique" de la Russie, s'attaque à la "ploutocratie" d'un régime chinois, qui, en matière d'inégalités de revenus a rattrapé, voire dépassé les pays occidentaux.
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On trouve aussi celui-ci : "après avoir été longtemps le pays de l'abolition de la propriété privée, elle [la Russie] est devenue le leader mondial des nouveaux oligarques et de la richesse offshore, c'est-à-dire dissimulée dans des structures opaques au sein des paradis fiscaux. Plus généralement, le post-communisme, dans ses variantes russes, chinoises et est-européennes, est devenu en ce début du 21e siècle le meilleur allié de l'hypercapitalisme".
Si une édition russe n'est pas prévue, la Chine est le seul pays à avoir formulé de pareilles exigences, a poursuivi M. Piketty pour qui cette "censure illustre la nervosité croissante du régime chinois et son refus d'un débat ouvert sur les différents systèmes économiques et politiques".
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