La Chine renoue avec la croissance après la page Covid-19

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Les Bourses chinoises étaient cependant dans le rouge à la mi-journée, Shanghai cédant 1,41% et Hong Kong 1,17%.
Les Bourses chinoises étaient cependant dans le rouge à la mi-journée, Shanghai cédant 1,41% et Hong Kong 1,17%. (Crédits : Tingshu Wang)
La Chine, dont le PIB a bondi de 3,2% au deuxième trimestre, est le premier pays à avoir relancé son activité et apparaît à ce titre comme un baromètre pour la reprise espérée de l'économie mondiale.

Un coup d'accélérateur pour la croissance chinoise: le PIB a bondi de 3,2% au deuxième trimestre, après avoir enregistré son plus mauvais résultat historique en début d'année, au moment où l'épidémie de Covid-19 paralysait le pays.

Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB chinois, annoncé ce jeudi par le Bureau national des statistiques (BNS), est toujours scruté de près compte tenu du poids du pays dans l'économie mondiale.

Sa hausse d'avril à juin est plus prononcée que les prévisions d'un groupe d'analystes sondés par l'AFP (+1,3%).

La Chine, où le virus est apparu en décembre avant de se propager dans le reste du monde, est le premier pays à avoir relancé son activité et apparaît à ce titre comme un baromètre pour la reprise espérée de l'économie mondiale.

Son rythme de croissance trimestriel reste toutefois éloigné du niveau atteint sur l'ensemble de 2019 (+6,1%), qui était déjà un plus bas historique.

Mais il est bien meilleur qu'au premier trimestre (-6,8%), quand l'épidémie de Covid-19 paralysait le pays.

Les Bourses chinoises étaient cependant dans le rouge à la mi-journée, Shanghai cédant 1,41% et Hong Kong 1,17%.

"Le marché ne croit probablement pas" aux chiffres du PIB au deuxième trimestre, juge l'économiste Iris Pang, de la banque ING qui juge aussi les statistiques officielles "trop belles pour être vraies".

Sur l'ensemble du premier semestre, l'économie chinoise a "fait face à de graves défis posés par le Covid-19" tant dans le pays qu'à l'étranger, a admis devant la presse une porte-parole du BNS, Liu Aihua, jugeant l'activité toujours "sous pression".

L'emploi sous pression

Les ventes de détail, principal indicateur de la consommation, ont ainsi encore connu en juin un repli sur un an (-1,8%).

Cette baisse est inférieure à celle du mois précédent (-2,8%) mais le chiffre est moins bon que les prévisions des analystes, qui tablaient en moyenne sur +0,5%.

En revanche, la production manufacturière a réalisé le mois dernier sa meilleure performance depuis le début de l'année, avec une progression de 4,8% sur un an.

Mais le secteur de l'exportation, un pilier de l'économie chinoise, reste particulièrement vulnérable au moment où les principaux partenaires commerciaux de Pékin affrontent toujours le virus.

Quant à l'investissement en capital fixe, il s'affichait sur les six premiers mois de l'année en contraction de 3,1%.

Le rebond de l'économie est dû à la fois au "succès [du pays] dans la gestion du virus" et à une politique de soutien du gouvernement, estime l'agence de notation financière Fitch.

Malgré l'apparition d'un nouveau foyer à Pékin le mois dernier, un seul nouveau cas de contamination a été enregistré jeudi dans tout le pays.

Lire aussi : La Chine affirme que le regain de Covid-19 est "sous contrôle"

Et pour soutenir une économie fragilisée, le pays va laisser filer son déficit cette année à 3,6% du PIB (contre 2,8% l'an dernier).

Plusieurs provinces ou communes ont lancé des opérations commerciales à coup de bons d'achat ou de réductions pour encourager la consommation et in fine soutenir l'emploi.

Car si la Chine se remet progressivement de l'épidémie, c'est au prix d'énormes répercussions économiques: des millions de personnes ont perdu leur travail, un facteur qui pèse lourdement sur la consommation intérieure.

En juin, le taux de chômage s'est établi à 5,7%, contre 5,9% en mai et un record absolu de 6,2% en février.

Pauvreté et inondations

Ce chiffre ne reflète toutefois que la situation des citadins et exclut de facto les centaines de millions de travailleurs migrants originaires des campagnes et qui sont aussi les plus fragilisés par la crise.

Pour joindre les deux bouts, les plus vulnérables n'ont d'autre choix que de s'improviser vendeurs de rue malgré la vindicte de la police.

Lire aussi : Le vol à main armée, dernier recours pour des Libanais affamés

Selon le Premier ministre chinois Li Keqiang, 600 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, gagnent moins de 1.000 yuans par mois (124 euros).

À ce contexte s'ajoutent les pluies record qui s'abattent autour du bassin du Yangtsé, où vit près d'un tiers de la population chinoise.

"Les dommages économiques causés par les inondations risquent d'être élevés alors que des milliers de bâtiments ont été détruits", prévient Fitch.

Ce contexte, de nature à menacer la sacro-sainte "stabilité sociale", met aussi en péril l'ambitieuse promesse du président Xi Jinping d'éradiquer l'extrême pauvreté en 2020.

Lire aussi : Covid-19 : 500 millions de personnes menacées de pauvreté dans le monde

Le mois dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse son estimation de croissance pour la Chine cette année à 1%.

Lire aussi : La crise est entrée dans une nouvelle phase, mais le monde "n'est pas tiré d'affaire" (FMI)

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Commentaires
a écrit le 16/07/2020 à 19:13 :
Sans blague ?!! C'est bien l'un des buts d'une guerre bactériologique contenue.
a écrit le 16/07/2020 à 17:04 :
N'oublions jamais cher valbel89 que nous avons livré à cette dictature communiste staliniste toute la production des masques et du matériel sanitaire et qu'on vient de demander à Cuba , une autre dictature communiste staliniste,leniniste de venir en aide à la Martinique française....Tout ce qui est excessif est insignifiant! Quant il s'agit d'argent,les pseudo-démocraties n'hésitent pas et ont moins de scrupules.C'est Einstein qui disait "il y a deux choses qui sont infinies,l'univers et la bêtise humaine..pour ce qui est de l'univers je n'en ai pas encore la certitude absolue.
a écrit le 16/07/2020 à 10:22 :
Les informations venant d'une dictature communiste staliniste sont évidemment faux. Ce n'est pas faire un procès d'intention, c'est la réalité. A long terme, l'accumulation des mensonges pour masquer une situation tendue finira par exploser. C'est le danger qui guette la Chine...et le Monde.
a écrit le 16/07/2020 à 9:58 :
Dommage d'oublier sans cesse la pourtant si importante pollution généralisée dans ce pays dans vos analyses puisque il y a plus de 3000 manifestations chaque année dans ce pays contre la pollution dont les chinois meurent directement. Avant même les emplois c'est leur vie à laquelle ils commencent à penser d'abord et avant tout les citoyens chinois.

Ça ne rigole pas là, le régime chinois étant extrêmement dur, pour que les gens prennent le risque de manifester contre un phénomène c'est qu'ils le prennent en plein dans la figure, nous sommes par delà les arguments stupides et indécents des néolibéraux vociférant qu'il faut produire avant tout, bien installés dans leur siège d'hommes d'affaires qui ne savent même pas ce que c'est de bosser.

Le dumping social s'est accompagné d'un dumping environnemental qui a massacré ce pays, l'usine du monde, tuant directement les citoyens chinois qui n'en peuvent plus, bosser comme des esclaves c'est déjà difficile, se coltiner une dictature complique le tout mais d'en mourir directement ils commencent à dire stop, on ne peut pas à la fois leur faire consommer comme les autres pays du monde tout en continuant de les mener à l'abattoir et qu'ils continuent à ne rien penser rien dire.

Mais c'est vrai que notre finance internationale en train d'éradiquer l'humanité du fait de sa pathologique cupidité est très contente que le massacre aussi bien humain qu’environnemental perdure.

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