Thomas Piketty réclame un "plan d'investissement massif" pour l'université

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(Crédits : Reuters)
L'économiste des inégalités fustige aussi un "double discours avec d'un côté la start-up nation et l'innovation, et de l'autre la paupérisation de l'enseignement supérieur".

L'économiste Thomas Piketty réclame un "plan d'investissement massif" pour l'enseignement supérieur français après les "six mois de blanc complet" dans les universités liés au confinement imposé par la crise du covid19.

Avec l'épidémie, "il y a eu six mois de blanc complet, qui viennent après un début d'année très chahuté par les grèves sur les retraites. Aujourd'hui, on a besoin d'un plan d'investissement massif" pour l'université déclare M. Piketty dans un entretien au Journal du Dimanche durant lequel il estime que la situation de la jeunesse représente le "plus grand gâchis depuis dix ans".

Double discours

"Le nombre d'étudiants a augmenté de 30% mais le budget de l'enseignement supérieur n'a absolument pas suivi. Les places disponibles, en particulier en IUT et BTS pour les bacheliers technologiques, sont insuffisantes. Elles sont prises par des bacheliers généraux qui eux-mêmes fuient un système mal financé. C'est un gâchis gigantesque", dénonce l'économiste, qui est directeur d'études à l' Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur à l'Ecole d'économie de Paris.

Il fustige aussi un "double discours avec d'un côté la start-up nation et l'innovation, et de l'autre la paupérisation de l'enseignement supérieur": "Le budget total des universités, hors recherche, stagne autour de 12-13  milliards d'euros depuis dix ans. En récupérant les 5  milliards d'euros perdus" lors de la suppression de l'Impôt sur la fortune (ISF) et la flat tax, on augmenterait de 40 % leurs moyens, estime-t-il.

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Commentaires
a écrit le 24/06/2020 à 16:12 :
tout faut ce qui est urgent
c'est l'industrie produire et vendre voila dans un 1er temps
a écrit le 24/06/2020 à 14:18 :
Un enseignant-chercheur doit donner 128 heures de cours PAR AN, soit une emi journée par semaine. En principe c'est pour faire de la recherche, mais la plupart ne font pas de recherche et augmentent leur revenu en faisant des heures complémentaires d'enseignement ou obtiennent des décharges pour des services administratifs.
Une bonne façon d'augmenter les ressources des universités serait de doubler les obligations d'enseignement pour les soit-disant "chercheurs" qui ne produisent rien et perpétuent un enseignement dépassé.
a écrit le 24/06/2020 à 8:15 :
De l’argent pour les universités, il y en a assez. Ce qu’il y a de trop, ce sont des étudiants qui n’ont absolument pas les capacités intellectuelles pour être là. La sélection doit être faite à l’entrée. Marre de récupérer des étudiants scientifiques qui ne savent même pas faire une règle de 3 après la licence ou pire en master.
a écrit le 23/06/2020 à 17:08 :
Il y a aussi besoin de remettre à plat le statut des enseignants-chercheurs (surchargés par les enseignements et les tâches administratives), a contrario rapprocher les chercheurs (des EPST notamment) des formations supérieures, rapprocher les étudiants des labos (ils n'y mettent que rarement les pieds). La culture "en silo" par grande discipline des universités, et leur cortège de tours d'ivoire, ont fait beaucoup de mal à l'Université comme potentiel acteur central de la recherche. Cela aboutit à deux mondes parallèles, des facs paupérisées pas rénovées et peu accueillantes d'un côté, et des labos (Unités Mixtes de Recherche) et des Grandes Ecoles de l'autre, qui sont un vrai succès français et que les collègues anglo-saxon nous envie.
Réponse de le 24/06/2020 à 10:04 :
Toujours la même rengaine égalitariste : il faut aider les déficients à le rester. C'est la même logique pour les enseignants chercheurs qui ne cherchent pas et qu'il ne faut surtout pas critiquer, idem pour les étudiants qu'on laisse entrer alors qu'ils n'ont pas les capacités.
A force de soutenir les cas désespérés, on élimine ceux qui veulent et peuvent travailler.
La lutte contre les inégalités c'est la ruine pour tous ceux qui n'ont pas le courage ou les capacités de s'expatrier, l'aboutissement logique du "Mourir ensemble".
a écrit le 23/06/2020 à 14:46 :
Ce Monsieur ne dirait pas autre chose s'il voulait le fromage de Président d'Université. Mais ce n'est pas forcément son but car il faut beaucoup d'impots pour payer la gabegie universitaire.
a écrit le 23/06/2020 à 9:11 :
Inutile d'investir dans la "production" de milliers de sociologues, psychologues et autres formations à titre ronflant, qui ne trouveront jamais d'emploi et ne créeront que des frustrés, qui iront ensuite faire du spectacle de rue
a écrit le 23/06/2020 à 6:37 :
le genre de personne qui ne pense qu'a lui
la ou il faut se concentrer sur la production de richesse
ce guignol qui se prétend économiste ne regarde que son porte feuille
a écrit le 22/06/2020 à 17:38 :
pour allez de l'avant ce personnage doit expliquer
comment et il trouve les moyens pour établir son revenus universel
et ceux sans impots nouveau ni nouvelle taxes
autrement il faut qu'il retourne a l'ecole
a écrit le 22/06/2020 à 17:37 :
Au lieu de parler a tord et a travers, il devrait réclamer avant tout un audit sur les dépenses de l’État et de la dette, chose que l'on ne veut pas porter a la connaissance des français!
a écrit le 22/06/2020 à 14:01 :
Qu'on commence d'abord par exiger des soit-disant "enseignants chercheurs" qu'ils fassent de la recherche. Payés à moitié pour des activités de recherche qu'ils ne font pas, ils y ajoutent une multitude d'heures supplémentaires ou de "taches administratives" oiseuses. Le tout avec des durées de congès effarantes et une disponibilité nulle pour les étudiants.
L'université française est le symbole de la démission intellectuelle, de la démagogie politicienne et du parasitisme qui ont détruit la France. La seule chose à faire est de la raser purement et simplement, en commençant par les facultés de Sciences Humaines qui sont des usines à chomeurs donneurs de leçons. Pas étonnant que l'idéologe de service en soit l'avocat.
Réponse de le 22/06/2020 à 18:29 :
N'importe quoi. 90% des intervenants sont des précaises sous-payés. Renseignez-vous avant de raconter n'importe quoi sur un sujet que vous ne connaissez pas.
a écrit le 22/06/2020 à 12:07 :
Un professeur des universités gagne entre 3 102 € bruts et 6 221 € bruts par mois en France, soit un salaire médian de 4 662 € bruts par mois.

Pour un rendu catastrophique et un amour démesuré des thèses indigénistes et communautaristes qui visent la désintégration du pays ( à lire dans Le Figaro: Comment l’université est devenue l’incubateur du «décolonialisme»).

Et il faut arroser ça encore plus?
a écrit le 22/06/2020 à 9:13 :
Que l'université ne soit pas richement dotée, tout le monde va en être d'accord. Mais on peut aussi se demander si tous les élèves de 1ière(s) année(s) y ont leurs places, s'il est acceptable de dépenser 12 000 euros par an (la Nation et non l'état) pour une personne qui se cherche et va faire 3 premières années, si la liste des intitulés de masters ne prête pas à sourire (ou à pleurer), si les professeurs "chercheurs" cherchent beaucoup, si on ne devrait pas limiter l'accès aux moins de 25 ans.. etc.. Dans ce débat sur les investissements que fait la Nation sur sa jeunesse, on remarquera que si à la tête d'étudiant, les Grandes Ecoles coutent un chouia plus cher, elles sont extrêmement efficaces puisque tout jeune qui y rentre en sort formé, travaille (trop maintenant dans le privé puisque les 35 heures ne sont qu'une plaisanterie), et dès lors contribue à la compétitivité française. on aimerait en dire autant de toutes les "formations" que recouvre l'université.
a écrit le 22/06/2020 à 7:07 :
Comme tout le monde
il regarde ses intérêts

Il veut de l’argent pour sa corporation
Depuis 20 ans on arrête pas d augmenter le budget de l éducation nationale Pour un maigre résultat
Les vrais chercheurs partent à l étranger creeer des entreprises je caricature à peine

a écrit le 22/06/2020 à 6:42 :
Les économistes qui nous expliquent comment dépenser l’argent que l’on a pas, ils sont au nombre de 67 millions en France, sans compter que j’en fait tous les matins.
a écrit le 22/06/2020 à 3:52 :
Un pays qui neglige ses savoirs est condamne a disparaitre. C'est en cours.....
a écrit le 21/06/2020 à 15:51 :
Quel pan de ce qui est la responsabilité de l'état n'a pas besoin d'un investissement massif ? Le problème est que la richesse est dépensée avant d'avoir été produite. La faillite de la France est actée depuis les années 1970. Nous en connaissons la raison et il ne s'agit pas seulement des aventures militaires tout azimut engagée pour maintenir le rang de petite puissance de la France. Chaque année, la cour des comptes dénonce la gabegie de l'Etat et les 100 milliards (au moins) de subventions distribuées sans pratiquement aucun contrôle. N'oublions pas non plus la très faible participation des plus riches et des multinationales au budget de l'Etat concomitante à la prospérité des paradis fiscaux, à la corruption et au clientélisme.
Réponse de le 21/06/2020 à 17:12 :
Exact et Piketty ne s'est jamais interessé à l'essentiel de l'économie, c'est à dire la production de la richesse.
Il ne fait que des excels sur la répartition.
Et ce qu'il preconise, acceptable sans doute à un niveau mondial ou européen, est totalement contre-productif à un niveau national dans un monde ouvert.
Réponse de le 21/06/2020 à 21:13 :
L'éducation est au cœur de tous les modèles de croissance contemporains, notamment de croissance endogène.

Vous êtes resté à l'économie du 19ème siècle?
a écrit le 21/06/2020 à 13:07 :
Incorrigible Pikety, quand il ne rabâche pas son thème favori, krs inégalités, il nous ramène toujours à un modèle de société socialiste qui n'a plus cours et a fait faillite pratout dans le monde. La fac souffre en France d'être devenue une quasi garderie pour la jeunesse. On manque de bras et de tête dans les campagnes, dans la rénovation ou les Ephad mais il faudrait encore plus de sociologues, de bureaucrates ou d'économistes. Avec TP on revient toujours aux années soixante
Réponse de le 21/06/2020 à 21:10 :
Faux! En France on manque d'informaticiens, de comptables, d'ingénieurs...

Les chômeurs sont principalement des non diplômés ou issus des lycées professionnels (25%)

Il n'y a aucun chômage avec un master a fortiori en sciences ou en gestion.

Les études protègent contre le chômage, car les employeurs recherchent des personnes qualifiées.
Réponse de le 21/06/2020 à 22:18 :
@ gringo,

Les chômeurs sont des gens qui des fois «  ont eu des accidents de parcours «  ça peut arriver à tout le monde , des fois ce n’est pas une question de diplôme car tout le monde peut reprendre ses études , ceci est accessible à tous et toutes !

Être sans diplôme : ce n’est plus une excuse pour rester au chômage !
Réponse de le 22/06/2020 à 8:04 :
Je suis pas sur qu on manque de comtable, c est en cours de sous traitance dans des pays low cost. Pour les informaticiens, c etait vrai jusqu a l episode Covid (meme si la plupart devaient travailler chez des marchands de viande car pas d embauche ailleurs).

Il est evident que la formation est un atout, encore faut l que l economie puisse absorber les diplomés. Regardez dans les pays du tiers monde, ils ont plein de diplomés et ceux ci vendent des cigarettes dans la rue pour vivre

En restant en france, on a maintenant pres de 90 % d une classe d age ua bac (contre 20 % dans les annees 80). Est ce que la france va mieux ????
a écrit le 21/06/2020 à 10:06 :
Encore un démagogue qui fait sa carrière sur le dos de la crédulité des gens. Combien il y en a, des comme ça, qui ont des solutions miracles ? Yaka, faukon. Des gens qui promettent le beurre, et l'argent du beurre. Des gens qui disent au peuple, uniquement ce qu'il a envie d'entendre. Des oxymores, comme la "croissance durable", ou la "croissance verte". La plupart des médias, qui sont dans une logique commerciale, soutiennent ce genre d'individu, au détriment de ceux qui ont un discours plus réaliste. A force de lire constamment ce genre de contre-vérité sur les réseaux sociaux, l'homme de la rue finit par se persuader qu'elles sont évidentes.
Réponse de le 21/06/2020 à 10:49 :
Tellement d’accord avec vous....
Réponse de le 21/06/2020 à 21:20 :
Je crois que le peuple a envie d'entendre, baisse d’impôts, vilains étrangers, maxi promo, fainéants de fonctionnaires... le vrai discours "réaliste" de ce qui ne voient la réalité pas plus loin que leurs intérêts égoïstes.

Je pense que les questions d'éducation et de modèle de croissance sont intellectuellement trop complexes pour le Français de base, qui risque de considérer que c'est démago, afin de ne pas questionner son ignorance.

j'en suis maintenant encore plus convaincu.
a écrit le 21/06/2020 à 10:03 :
Pourquoi sur 300 -500élèves en licence x y ou Z ; il reste la deuxième année 140- 60 élèves qui réussissent leur année ?
Quel rapport avec l’investissement à l’université ?
Peut être faut il réformer complètement les l’universités ?
Cette année beaucoup d’étudiants post Bac se sont vu refusés des universités dans leur région ; ce qui obligent les parents à investir pour que les étudiants continuent dans d’autres régions de France ( en plus du stress du Covid 19...)
La mobilité imposée a été le moteur pour parcousup.

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