Idex : la gouvernance, casse-tête de l'Université de Toulouse

Sophie Arutunian
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Depuis 10 ans, le calendrier du label Idex fait stresser les universitaires et la tension est à son comble au moment de l'annonce des universités sélectionnées ou exclues du label. Toulouse connaît bien ces sueurs froides puisque son université a échoué en 2011, été lauréate en 2012 (elle signe la convention attributive des fonds en 2013), mais s'est vue retirer l'Idex en 2016. Dans quelques jours, elle saura si elle peut récupérer ce label doté de plusieurs millions d'euros et destiné à en faire une université de rang mondial.
Au cœur des débats, la question de la gouvernance. Alors que le jury international chargé d'attribuer l'Idex affiche sa préférence pour une fusion des différentes entités (universités et écoles), le site de Toulouse, complexe de par la diversité de ses composantes, a toujours préféré un mode de gouvernance plus proche de la fédération d'universités, mais qui n'a jamais convaincu. "Le premier projet Idex, en 2011, n'a pas abouti car il proposait une gouvernance quasi dictatoriale", assure un proche du dossier. "C'était un projet offensif, avec un conseil restreint", nuance un autre, toujours sous couvert d'anonymat. Finalement, la volonté de ne pas fusionner les établissements pour laisser du pouvoir aux différentes entités (universités et écoles) n'a pas séduit le jury en 2016, qui a retiré l'Idex à Toulouse.
Le modèle qui a finalement été proposé tente de faire la synthèse entre gouvernance unique et respect des pouvoirs en place.
Le projet présenté par Philippe Raimbault, président de l'Université de Toulouse, au jury international Idex, au Commissaire général aux investissements et au ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche est unique en France, répond aux enjeux du site toulousain. Afin de respecter des identités et des calendriers propres à chaque établissement tout en créant une bannière commune "Université de Toulouse", Philippe Raimbault a proposé la création d'un établissement expérimental, "à mi-chemin entre le grand établissement et la Comue (modèle actuel, NDLR), pour le maintien des personnalités juridiques".
Ainsi, il a été décidé que deux niveaux d'intégration seraient possibles : un "noyau dur" de membres intégrés pour ceux qui acceptent de partager un ensemble large de compétences et qui auront vocation à abandonner leur personnalité juridique. Viendrait ensuite un "deuxième cercle" de membres qui acceptent de partager un socle de compétences fondamentales (élaboration des stratégies, intégration de la recherche et diplomation), mais ne souhaitent pas adhérer aux compétences en matière de flux financiers, de RH et, surtout, qui n'envisagent pas d'abandon de la personnalité juridique.
Sophie Arutunian
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