1000 milliards d’euros sinon rien
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Philippe Mabille
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C'est une information passée totalement inaperçue dans l'actualité de la semaine écoulée et qui est pourtant profondément connectée aux enjeux européens de l'heure. Vendredi, on a appris que la Commission européenne a donné un avis positif à la troisième demande de paiement de la France dans le cadre du plan de relance décidé à la sortie de la crise du Covid-19, le fameux NextGenerationEU.
Ces 7,5 milliards d'euros de subventions qui vont arriver dans les caisses de l'État sont destinés à soutenir des dépenses d'avenir, de bonnes dépenses publiques donc... C'est de l'Europe concrète, qui financera le verdissement des transports, notamment la rénovation de 500 kilomètres de petites lignes ferroviaires locales, l'installation de 1 600 bornes de recharge électrique, l'accélération de la connexion à la fibre sur tout le territoire et enfin le développement de l'apprentissage.
Dans un pays obligé de faire 20 milliards d'euros d'économies budgétaires pour échapper à la dégradation par les agences de notation, l'argent du plan de relance européen tombe à point nommé. Au total, la France aura reçu avec ce nouveau versement 30,9 milliards d'euros de la part de l'UE, soit 75 % des 40 milliards dévolus à notre pays. Deux autres demandes de paiement restent à venir d'ici à 2026. L'Italie, de son côté, sera la mieux lotie et recevra au total 200 milliards d'euros.
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Ce que l'Europe a su faire en 2020 avec NextGenerationEU, c'est du « quoi qu'il en coûte » à l'échelle communautaire. En un week-end, un accord entre la France et l'Allemagne a permis de dépasser la lettre des traités européens pour engager 800 milliards dans des dépenses d'avenir... Dans son discours de la Sorbonne, Emmanuel Macron plaide pour que l'Europe, qui est sous-endettée en tant qu'institution si on la compare aux États-Unis, se dote d'une capacité budgétaire supplémentaire pour accélérer son rattrapage économique. Il s'appuie sur les travaux des deux anciens présidents du Conseil italiens Enrico Letta et Mario Draghi, qui dressent tous deux un constat lucide et inquiet sur le décrochage de l'Europe.