26% des travailleurs déclarent avoir été victime d'un accident du travail pendant leur carrière

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Les accidents de travail entraînent pour 4% des victimes constatées la fin de l'activité professionnelle.
Les accidents de travail entraînent pour 4% des victimes constatées la fin de l'activité professionnelle. (Crédits : Reuters)
Selon une étude de l'Insee publiée jeudi 15 novembre, un travailleur sur quatre est victime d'un accident du travail pendant sa carrière. Les ouvriers sont les plus exposés avec 40% d'entre eux déclarant au moins un accident avec blessure au cours de leur vie professionnelle.

Les dommages physiques causés par le travail ne sont pas rares. Selon une étude de l'Insee publiée ce jeudi, 26% des personnes qui travaillent ou ont travaillé déclarent avoir été victime d'au moins un accident du travail* au cour de leur vie professionnelle (35% pour les hommes, 18% pour les femmes). Bien entendu, la proportion de blessés varie selon la catégorie socioprofessionnelle des salariés. Ainsi, et sans surprise, les accidents sont plus fréquents chez les ouvriers. Ils sont deux fois plus nombreux à en déclarer que les cadres (40% contre 16%). En effet, les personnes exposées à une accumulation de conditions de travail pénibles (bruit, vibrations, tensions au travail, froid, solicitations physiques intenses...), à l'instar des ouvriers, subissent plus souvent des accidents.

Les employés et les professions intermédiaires sont dans la moyenne avec respectivement 22% et 25% de victimes. "De façon liée", souligne l'Insee, "le risque varie également selon les secteurs d'activité". Aussi le secteur des BTP est le plus concerné : 42% des travailleurs de la construction sont ou ont été touché par un accident du travail devant ceux du transport (34%), de l'agriculture (32%) et de l'industrie (31%). Les services financiers et l'information-communication affichent des taux beaucoup plus bas (13-14 %).

Des blessures multiples

Les causes des atteintes physiques s'avèrent diverses et variées. Toutefois, parmi les plus fréquentes, les chutes (28%), qui peuvent être de plain-pied (18%) ou de hauteur (10%) occupent les premières places. Suivent les blessures liées à l'usage de machines et d'outils (22%) ou encore la manipulation d'une charge ou un effort excessif (17%). L'Insee indique également que les conséquences de ces accidents dans la vie quotidienne sont plus importantes pour les plus âgés, avec 14% des accidentés de plus de 55 ans parlant d'une gêne "considérable" par la suite, contre 4% des moins de 25 ans.

Lire aussi : Accidents du travail: les cinq chiffres à retenir

Interrogées sur leur dernier accident, un quart des victimes disent en conserver une gêne dans leur quotidien : 8 % estiment que cette gêne est considérable. Ces accidents entraînent aussi pour 4% des victimes la fin de l'activité professionnelle. Quand l'accident survient à 55 ans ou plus, ils sont 15% à être concernés par une cessation d'activité.  Après un accident, la quasi-totalité (90 %) des actifs reprend le même travail, la plupart dans les mêmes conditions : seulement 4 % de ceux qui reviennent travailler ont réduit leur charge de travail, et 3 % ont réduit leur temps de travail.  Selon le dernier bilan de l'assurance maladie, publié également jeudi, qui ne porte que sur les salariés du privé, 632.918 accidents du travail ont été enregistrés en 2017.

(Avec AFP)

* L'enquête porte sur 26.824 personnes résidant en France métropolitaine. La blessure est définie comme "toute lésion ou dommage physique" par l'Insee.

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Commentaires
a écrit le 16/11/2018 à 19:11 :
si on inclue les accidents de trajets 26% ne paraît pas catastrophique .
a écrit le 16/11/2018 à 17:21 :
Chaque ministre de la santé répète à l'envi son refrain sur l'importance de prévention dans sa politique, y compris Madame Buzyn. Les faits sont têtus, la réalité est bien une dégradation de la culture de santé publique comme le montre l'état de la vaccination et un abandon de pans entiers comme la médecine du travail. Alors que la hausse des dépenses de soins de 2010 à 2016 a été de 2,4 % par an, le budget dédié à la prévention a augmenté 34 fois moins que celui des soins (quasi stable). Hors inflation, la France dépense moins pour la prévention chaque année. La démographie de la médecine du travail montre l'état dramatique du secteur. De 2007 à 2020, la baisse des effectifs programmée est de 28 % (-14 % déjà enregistrés de 2007 à 2016). Sur les 5168 médecins du travail, quasiment tous salariés et dont 71 % sont des femmes, 43 % ont plu de 55 ans et vont partir à la retraite dans les 7 ans qui viennent. Il y a en moyenne plus de 300 départs pour moins de 100 entrants par an en médecine du travail (soit un entrant pour trois sortants).Cette perte d'attractivité est le résultat d'une politique de santé encore entièrement centrée sur le curatif, mais aussi d'une dévalorisation orchestrée de la profession de médecin du travail. Ainsi, la loi Touraine de 2015 a remplacé la visite médicale obligatoire tous les deux ans par une visite d'information et de prévention tous les cinq ans !
a écrit le 16/11/2018 à 11:49 :
La prévention est une culture, avec des formations, des qualifications, des contrôles,... de l’amélioration continue.
Pas étonnant que le secteur du BTP soit le premier concerné. C'est aussi le plus difficile à encadrer, puisque les chantiers ne se ressemblent pas et que les intervenants sont par nature mobiles. Le turnover est important et les emplois parfois précaires, le temps d'un chantier. Les plannings soumis aux aléas climatiques imposent des écarts de rythmes de travail, parfois jusqu'aux limites.
On se rend compte aussi des difficultés à réduire les risques d'accidents de la route.

Les réglementations ne manquent pas, mais les accumuler ne résout pas le problème, parfois même cela complique, exonère ou déresponsabilise, ce qui est le comble.
A noter les améliorations, sociétés externes spécialisées en prévention (http://www.socotec.fr/), des procédures (http://frtp.fntp.fr/travaux-publics/p_1195030/guide-pour-la-maitrise-douvrage-sur-la-prevention-de-la-sante-securite), etc...
Et les détériorations,notamment pour les inspecteurs du travail. Étonnant, puisque la prévention coûte toujours moins cher que la réparation.

Double peine, puisque les personnes ayant subi un accident peuvent se retrouver handicapées. Malgré des dépenses sociales élevées (https://data.oecd.org/fr/socialexp/depenses-sociales.htm), la part que la France consacre aux handicapés est moindre si l'on se compare à d'autres pays de l'OCDE. (https://data.oecd.org/fr/socialexp/depenses-publiques-relatives-a-l-incapacite.htm#indicator-chart). Quasiment parmi les pires.
a écrit le 16/11/2018 à 11:15 :
Mais ils sont pas revalorisé les rentes des victimes at mp son geles et ils cotisé pas l aah ? Buzyns fait des économies sur les hadicape du travail 0.3 % et 90 € pour l aah fin 2019 riant pour at mp macron 👎
a écrit le 16/11/2018 à 11:14 :
pour diminuer encore les accidents du travail : une véritable gestion des risques professionnels , se doter d’une stratégie de gestion des risques, d’une politique de prévention, de méthodes pour identifier les risques, les évaluer et les hiérarchiser : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/document-unique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=199&dossid=474 …

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