LA TRIBUNE DIMANCHE - La RATP vient de déposer un préavis de grève qui court de février à septembre. Faut-il s'attendre à des tensions sociales et des grèves pendant les Jeux olympiques?
BERNARD THIBAULT - Aucune organisation syndicale ne se met dans une posture qui lui permettrait de profiter des Jeux pour faire avancer ses revendications. Mais ces JO impliquent des contraintes d'organisation du travail qui doivent être prises en compte. Plusieurs entreprises (RATP, SNCF...) et certains services publics (hôpitaux, etc.) ,déjà en grande difficulté à cause du manque d'effectifs ou de la vétusté du matériel, sont directement impliqués dans la réussite de l'événement. Il n'est donc pas scandaleux que les agents qui seront mobilisés demandent des compensations. Le risque de tensions est donc important. Le climat social va aussi dépendre, dans les mois prochains, des réformes néfastes que le gouvernement peut être tenté de mettre en place. Je pense, par exemple, à la volonté de l'exécutif de réduire les conditions d'indemnisations des chômeurs. S'il y avait des annonces de cette nature avant les Jeux, cela pourrait conduire, légitimement, les organisations syndicales mais aussi les citoyens à réagir.