A Mayotte, Macron promet une « loi spéciale » pour la reconstruction
latribune.fr

Un garçon sur une place de Passamainty à Mayotte le 20 décembre, 6 jours après le passage dévastateur du cyclone Chido.
Reuters
latribune.fr

Un garçon sur une place de Passamainty à Mayotte le 20 décembre, 6 jours après le passage dévastateur du cyclone Chido.
Reuters
[Article publié le vendredi 20 décembre à 14h31, mis à jour à 18h27] Emmanuel Macron a quitté Mayotte, ce vendredi 20 décembre à la mi-journée, a constaté une journaliste de l'AFP. Le chef de l'Etat s'était rendu sur l'île dévastée par le passage du cyclone Chido le 14 décembre dernier. Selon un nouveau bilan provisoire du ministère de l'Intérieur ce même jour, 35 morts et quelque 2.500 blessés ont été recensés. Il s'est envolé en direction de Djibouti, où il doit notamment partager le repas de Noël avec les troupes françaises qui y sont stationnées.
Avant de prendre l'avion, Emmanuel Macron a présidé, en visioconférence depuis Mayotte, la cellule interministérielle de crise à 12h30, heure locale, (10h30 à Paris). Objectif affiché, « conclure son déplacement et transmettre au gouvernement et aux administrations les actions utiles à prendre », a expliqué l'Elysée. Il ne s'est pas exprimé à l'issue de cette réunion.
« On a envoyé la force militaire pour déblayer les routes », « tout va être distribué », avait-il assuré plus tôt ce vendredi, reconnaissant qu'il fallait « mieux informer », car l'absence d'information « crée de l'angoisse ».
Emmanuel Macron a promis que « tous les foyers seront à nouveau raccordés » à l'eau à partir de samedi. « On ne pourra pas reprendre l'eau à 100% mais on va réorganiser, à partir de demain, des tours d'eau », a précisé le président de la République. « La priorité des priorités, c'est le combat pour l'eau potable, l'eau de consommation », a affirmé le chef de l'Etat face au risque de déshydratation qui menace les sinistrés, isolés et parfois privés d'eau potable et de nourriture. Pour le rétablissement des lignes téléphoniques, « ça va prendre du temps, mais « on va mettre des systèmes satellitaires », avait-il promis, alors qu'il se trouvait à Tsingoni, commune enclavée de l'ouest de Grande-Terre, l'île principale de l'archipel de l'océan Indien.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

En amont, il s'était d'abord rendu dans des localités éloignées de Mamoudzou, le chef-lieu du département le plus pauvre de France, où les secours, l'eau, l'électricité et la nourriture tardent justement à arriver.
A plus long terme, Emmanuel Macron a, également, promis une « loi spéciale » pour « rebâtir » Mayotte. Un objectif réalisable en deux ans, a estimé, de son côté, François Bayrou. Le but de cette loi est, notamment, de « mettre fin » aux bidonvilles et de « supprimer » ces habitats « indignes » et « dangereux ».
Environ un tiers de la population de Mayotte, soit plus de 100.000 habitants, notamment des personnes en situation irrégulière venant des Comores voisines, vivent dans ces logements précaires. Et pour cause, Mayotte est séparée de seulement 70 kilomètres des côtes comoriennes. Or, au moment de la proclamation de l'indépendance des Comores, Mayotte avait choisi de rester en France par deux référendums en 1974 et 1976. Mais la pauvreté pousse tous les jours des Comoriens à tenter de gagner Mayotte par la mer et au péril de leur vie à bord de pirogues très précaires.
Emmanuel Macron a aussi dit vouloir « renforcer la lutte contre l'immigration clandestine » en augmentant, jusqu'à presque doubler, le nombre de reconduites à la frontière, qui était de 22.000 en 2023. Il a, en outre, fixé à lundi 23 décembre la journée de « deuil national » en solidarité avec Mayotte, avec drapeaux en berne et minute de silence partout en France à la mi-journée.
À lire également
L'Urssaf suspend la collecte des cotisations et contributions sociales
« En soutien aux employeurs, auto-entrepreneurs et travailleurs indépendants mahorais affectés, la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) et l'Urssaf ont décidé de suspendre la collecte et le recouvrement des cotisations et contributions sociales jusqu'à nouvel ordre », a indiqué l'Urssaf dans un communiqué ce vendredi, précisant que cela concerne même ceux dans le cas où « des échéanciers et des demandes de paiement ont été reçus ».
Dans le même temps, le paiement des impôts par les entreprises mahoraises « pourra faire l'objet d'un report », a indiqué Matignon dans un communiqué, sans donner de date pour ce report.
latribune.fr