Mayotte : Macron annonce un fonds d'indemnisation pour les victimes
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« Je ne peux pas laisser dire (...) que l'Etat aurait ici démissionné », a lancé Emmanuel Macron à Mayotte (Photo d'archives prise à Paris).
Manon Cruz
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« Je ne peux pas laisser dire (...) que l'Etat aurait ici démissionné », a lancé Emmanuel Macron à Mayotte (Photo d'archives prise à Paris).
Manon Cruz
[Article publié le jeudi 19 décembre 2024 à 10h53 et mis à jour à 18h57] Neuf jours après le passage meurtrier et dévastateur du cyclone Chido à Mayotte, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'un « fonds d'indemnisation pour accompagner ceux qui ne sont pas assurés », a-t-il déclaré sur place sans préciser l'abondement.
Ce cyclone est le plus intense qu'ait connu l'archipel depuis 90 ans. Le territoire ultramarin a été ravagé par des vents à plus de 220 km/h, détruisant les quartiers les plus défavorisés. Selon les derniers chiffres, encore provisoires, 31 morts et quelque 1.400 blessés ont été officiellement recensés. Ce jeudi, le président français est arrivé à Mayotte dans la matinée. Après la visite d'un centre hospitalier de Mamoudzou (CHM), chef-lieu du département, il s'est rendu « dans un quartier détruit, au contact des services de secours » mobilisés, de Mamoudzou.
« Je ne peux pas laisser dire (...) que l'Etat aurait ici démissionné », a-t-il lancé en découvrant les dégâts dans ce quartier.
Il a ensuite énoncé toute une série de mesures et de promesses. Le chef de l'Etat a d'abord promis que toutes les communes seront approvisionnées en eau et nourriture « d'ici dimanche soir ». « On veut dans la durée qu'il n'y ait plus ces bidonvilles », a ensuite déclaré à la presse le chef de l'Etat, affirmant vouloir faire voter une « loi spéciale » pour faciliter la reconstruction et pour favoriser la suppression des logements indécents. Enfin, le Président a reconnu qu'il « est vraisemblable qu'il y ait beaucoup plus de victimes (que les 31) officiellement décomptées à date », avant d'annoncer un « deuil national pour ce lundi 23 décembre. »
La France a aussi activé le mécanisme de protection civile de l'Union européenne a annoncé, ce jeudi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Ce mécanisme « a été activé le 17 décembre dernier et beaucoup de partenaires nous ont fait une offre que nous regardons », a déclaré Christophe Lemoine. La demande porte sur 10.000 tentes et hébergements d'urgence afin d'accueillir les familles sinistrées de cet archipel français de l'océan indien, a précisé une autre source diplomatique.
De son côté, le ministère des Outre-mer a annoncé mercredi soir dans un communiqué l'activation de « l'état de calamité naturelle exceptionnelle ». Ce qui est censé « permettre une gestion plus rapide et efficace de la crise et faciliter la mise en place de mesures d'urgence ». Ainsi, les dégâts seront pris en charge par les assurances dans le cadre du régime de catastrophe naturelle ont été estimés jeudi entre 650 et 800 millions d'euros par le réassureur public français, la Caisse centrale de réassurance (CCR). Seuls 6% des particuliers à Mayotte disposent d'une assurance habitation, a précisé la CCR dans un communiqué, ajoutant qu'il s'agissait d'une première estimation qui pourrait « être réévalué(e) ».
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De son côté, la Fondation de France a annoncé avoir récolté 14 millions d'euros depuis le lancement de son appel aux dons pour Mayotte dimanche, un « élan de générosité exceptionnel », selon Alexandre Giraud, son directeur de l'action philanthropique.
Reste qu'en raison de la pénurie généralisée qui sévit, depuis le cyclone, les prix des produits de grande consommation ont été bloqués à leurs niveaux d'avant la catastrophe naturelle. Le gouvernement a publié un décret à ce sujet dans la nuit de mercredi à jeudi, entré en vigueur dans la foulée.
Des produits nécessaires à la vie quotidienne sont concernés, notamment l'eau minérale (naturelle ou de source non additionnée de sucre) et les produits alimentaires. Mais aussi les boissons, alcoolisées ou non, les aliments pour animaux et les produits de traitement des végétaux et engrais. D'autres produits bien utiles sont aussi inclus : les piles, les pansements, les produits d'hygiène de base et de nettoyage, ainsi que les produits et matériaux de construction, matériels électriques et outils.
Le texte est valable pour la vente en gros, au détail et en ligne, ainsi que pour les prix de vente à la production et les marges à l'importation. « À tous les stades de la distribution des produits », est-il précisé. Il offre en outre au préfet de Mayotte la possibilité de fixer par arrêté des prix maximums « applicables à l'ensemble des établissements d'une même catégorie de commerces ». Ce, à partir de moyennes des prix constatés avant le cyclone dans un échantillon représentatif d'établissement.
Reste que les défis de l'approvisionnement sont immenses dans l'archipel dévasté, notamment en eau et en produits de première nécessité. Le gouvernement « met tout en œuvre » pour acheminer de l'eau vers les populations, a assuré ce jeudi la ministre démissionnaire de la Santé, Geneviève Darrieussecq, sur RTL. Interrogée sur le risque de déshydratation qui menace les sinistrés, elle a reconnu que la situation est « effectivement très difficile », certaines zones étant encore inaccessibles. « Nous acheminons de l'eau, en permanence », a-t-elle ajouté.
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Elle a aussi alerté que de l'eau non potable était consommée, ce qui pourrait favoriser le développement du choléra. L'infection intestinale se propage plus facilement dans les zones où l'accès à l'eau potable et le traitement des eaux usées sont difficiles. Mayotte ne compte toutefois « pas de cas » déclarés de la maladie aujourd'hui, a-t-elle affirmé. Le gouvernement se tient d'ailleurs prêt à envoyer des vaccins.
(Avec AFP)
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