A Pôle emploi, les agents au chevet des jeunes victimes de la crise
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"Avec la pandémie, mon CDD n'a pas été renouvelé". Après un an et demi dans une entreprise de sûreté à l'aéroport de Roissy, Maïga a perdu son travail d'agent de sécurité à la veille du premier confinement. Avec la fermeture des frontières, ce jeune homme de 27 ans navigue entre les périodes d'essai et les rendez-vous à Pôle emploi. "Au moment de l'arrêt des vols, beaucoup de sous-traitants et d'entreprises ont stoppé leur activité du jour au lendemain" soupire-t-il. Et l'hécatombe n'est pas finie. Plus de 30.000 emplois pourraient disparaître dans les mois à venir sur la zone aéroportuaire.
Ce mardi matin, ils sont cinq autour de la table convoqués par l'agence de Pôle emploi de Saint-Ouen-sur-Seine (93) pour une présentation des métiers de la sûreté au sein du groupe RATP. En face, Mélodie, Samuel, Justine et leurs collègues de l'agence tentent de réparer les blessures sociales provoquées par la pandémie. "Le but aujourd'hui, c'est un CDI" affirme sans détour Nadia Chergui, directrice des partenariats chez Job Odysée, une association proche du terrain qui cherche à diversifier les recrutements dans ce département où le chômage des jeunes frôle les 20% et la pauvreté culmine à près de 35% à certains endroits. L'organisation repère les profils qui pourraient particulièrement intéresser la RATP.
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Comme Maïga et les quatre garçons, plusieurs dizaines de milliers de jeunes se retrouvent éloignés de l'emploi en raison de la pandémie et des périodes de confinement à répétition. La récession qui a fait plonger l'économie française a détruit plusieurs centaines de milliers de postes en 2020. Si les mesures d'aide au chômage partiel ont permis de limiter l'effondrement, beaucoup de secteurs fermés sur décision administrative ont mis fin aux contrats de courte durée et aux emplois temporaires largement occupés par les plus jeunes. L'insertion professionnelle de ces milliers de personnes embourbées dans la crise depuis plus d'un an pourrait être chaotique, surtout pour les plus vulnérables. Face à ce marasme, le gouvernement a décidé de renforcer les moyens sur le front de l'emploi des jeunes en mettant en place la plateforme "un jeune, une solution". Annoncé en juillet 2020 par le Premier ministre Jean Castex, ce dispositif intégré au plan de relance vise à "ne laisser aucun jeune au bord de la route". Plus récemment, le président de la République a lancé dans la commune de Stains, dans le 93, le dispositif "un jeune, un mentor" avec l'objectif que "100.000 jeunes" puissent en bénéficier cette année, lors d'une visite.