Acte 24 des "Gilets jaunes" : retour sur la crise en 10 dates

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Des gilets jaunes lors de la première journée de manifestation, le 17 novembre.
Des "gilets jaunes" lors de la première journée de manifestation, le 17 novembre. (Crédits : Stephane Mahe)
Retour sur dix dates majeures de la crise des "gilets jaunes", avant l'acte 24 samedi, deux jours après les annonces d'Emmanuel Macron.

Le mouvement des "Gilets jaunes" va-t-il faiblir après les nouvelles annonces sociales d'Emmanuel Macron ? Verdict lors de l'acte 24, ce samedi. Retour en dix dates sur le mouvement de contestation, qui a entraîné la mort de 11 personnes depuis le début, principalement dans des accidents de la route mais à Marseille, une octogénaire est décédée après avoir été blessée chez elle par une grenade lacrymogène.

Le ministère de l'Intérieur dénombrait, au 19 avril, 2.410 blessés parmi les manifestants et 1.699 chez les forces de l'ordre.

17 novembre: 280.000 personnes sur les ronds-points et les routes

Vêtues d'un gilet fluorescent, 282.000 personnes, selon les chiffres officiels régulièrement contestés, occupent des ronds-points et bloquent des routes.

Le mouvement vise initialement la hausse des taxes sur les carburants, mais Emmanuel Macron et sa politique sociale et fiscale sont rapidement ciblés.

1er décembre: l'Arc de Triomphe vandalisé

L'acte 3 (136.000 personnes) donne lieu à des violences. A Paris, l'Arc de Triomphe est tagué, ses salles d'exposition pillées et dégradées.

10 décembre: annonces de mesures sociales

Après l'annulation pour 2019 de la hausse de fiscalité sur les carburants, décidée le 5 décembre, Emmanuel Macron annonce cinq jours plus tard: 100 euros de plus par mois pour les salariés au Smic, heures supplémentaires "sans impôts ni charges" et nouvelle exemption de hausse de CSG pour certains retraités. Le tout est évalué à 10 milliards d'euros.

5 janvier: remobilisation et affrontements

Après trois samedis de baisse, la participation remonte à 50.000 personnes pour l'acte 8. Des manifestants forcent avec un engin de chantier l'entrée du ministère de Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement.

L'exécutif annonce le 7 février une nouvelle loi "anticasseurs", initiée par LR. Elle sera promulguée le 11 avril, après un retoquage par le Conseil constitutionnel de l'article sur les interdictions administratives de manifester.

La polémique enfle face aux blessures causées par les lanceurs de balles de défense (LBD) et grenades de désencerclement utilisés par les forces de l'ordre.

15 janvier: début du Grand débat national

Dans l'espoir d'apaiser les esprits, M. Macron lance le 15 janvier un grand débat national et y participe activement.

Des "gilets jaunes" annoncent le 23 janvier un embryon de liste aux européennes, menée par une aide-soignante, Ingrid Levavasseur. Vivement critiquée, elle renonce le 13 février.

5 février: crise avec l'Italie

La rencontre en France, le 5 février, du vice-président du Conseil italien et chef de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, avec le "gilet jaune" Christophe Chalençon provoque un bref rappel par Paris de son ambassadeur en Italie.

6 mars: l'ONU intervient

L'ONU demande le 6 mars à la France "une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force". Peu avant, le Conseil de l'Europe avait déjà appelé la France à "suspendre l'usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre".

16 mars: les Champs-Élysées saccagés

L'acte 18 (32.300 manifestants) est marqué par une nouvelle flambée de violences à Paris, sur les Champs-Elysées notamment.

L'exécutif annonce une batterie de mesures: interdiction des manifestations dans les quartiers "les plus touchés" en cas de présence d'"ultras", limogeage du préfet de police de Paris, contraventions alourdies.

23 mars: charge à Nice

Le 23 mars, alors que plusieurs lieux emblématiques sont interdits aux manifestants, l'Intérieur recense 40.500 manifestants.

A Nice, Geneviève Legay, 73 ans, est grièvement blessée pendant une charge. Le procureur dément d'abord tout "contact" physique de la part des forces de l'ordre, des propos repris par M. Macron. Puis le magistrat reconnaît qu'elle a été poussée par un policier.

25 avril: annonces présidentielles

L'acte 23, le 20 avril, rassemble 27.900 manifestants, avec de nouvelles échauffourées à Paris. Des slogans "suicidez-vous" lancés aux forces de l'ordre suscitent l'indignation dans la classe politique. Le journaliste indépendant Gaspard Glanz, interpellé pour avoir fait un doigt d'honneur à un policier, se voit interdire par la justice de couvrir les prochaines manifestations parisiennes.

Le 25, Emmanuel Macron, qui avait dû, en raison de l'incendie de Notre-Dame, reporter ses annonces initialement prévues le 15, indique notamment vouloir réduire "significativement" l'impôt sur le revenu, réindexer progressivement les retraites sur l'inflation, supprimer l'ENA.

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Commentaires
a écrit le 29/04/2019 à 9:25 :
On s'en fiche un peu, des GJ.
Qui ne font que râler dans la grande tradition franchouillarde.
Et qui sont surtout bien pratiques pour remplir les médias entre deux espaces publicitaires.
a écrit le 27/04/2019 à 14:34 :
A l'Acte XXIV (je n'ai pas compté, je fais confiance à l'auteur), ce n'est pas une crise, mais du structurel.. Inutile donc de mesurer, cela va évidemment durer; la seule question est: les râleurs vont-ils continuer à défiler (mais personne ne doute encore qu'ils vont continuer à râler..).
a écrit le 27/04/2019 à 14:27 :
La rue est maintenant laissée à l'extrême gauche, pour sûr que si le mouvement état tombé aux mains de l'ultra droite, le gouvernement aurait fait preuve d'une autre plus grande fermeté et que les arrestations et les perquisitions au petit matin auraient été légion.
a écrit le 27/04/2019 à 11:57 :
C'est en France, pays au monde le plus redistributif, dans lequel la pression fiscale est la plus forte sur les classes moyennes supérieures et que la proportion de fonctionnaires dans la population active est la plus élevée que l'on a connu ce genre de mouvement, c'est le marqueur sans appel de l'échec du modèle français que le monde entier nous envie sans bêtement ne l'avoir jamais adopté.
a écrit le 27/04/2019 à 11:29 :
je ne sais pas si macron a conscience de ce que cette période va laisser dans le subconscient de notre jeunesse j'ai en vacance une de mes arrière petite fille en voyant les chars elle me dit c'est la guerre papi et en voyant jerome rodriguez (LCI)c'est le monsieur qui a un œil crevé par la police c'est ça l'image dans la tète de gamins bravo macron
Réponse de le 27/04/2019 à 12:30 :
Rassurez-moi, c'est Macron qui laisse votre petite fille regarder à la télé des émissions qui ne sont pas de son âge ? C'est lui qui en a la garde et qui doit la surveiller ?
Réponse de le 27/04/2019 à 16:54 :
repose à harpagon elle a 11 ans elle ne vie pas dans un cloitre mais dans la société et ça a l'air de vous gêner vous vivez dans un monde à la macron aseptisé je vous plaint
a écrit le 27/04/2019 à 10:58 :
la réindexation des pensions il ne fait qu’appliquer la loi avec un an de retard ce qui fait qu'il nous vole 1 an aussi il ne faut rien lâcher même si on ne peut défiler le gilet jaune reste accrocher au cœur
a écrit le 27/04/2019 à 10:26 :
la réindexation des pensions il ne fait qu’appliquer la loi avec un an de retard ce qui fait qu'il nous vole 1 an aussi il ne faut rien lâcher même si on ne peut défiler le gilet jaune reste accrocher au coeur
a écrit le 27/04/2019 à 10:15 :
Le litre de carburant devrait se situer à la moyenne mondiale 0.8€/l comme le paie tous les Français fortunés ou retraité vivant à l'étranger.
Rien ne justifie les tarifs élitistes face aux services rendus, nous ne sommes pas en Norvège aux services publics hauts de gamme .....

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