Alors que le chef de l'Etat cherche toujours un nouveau locataire à Matignon, Laurent Saint-Martin, le ministre des Comptes publics démissionnaire a présenté sa loi de finances spéciale. En attendant un budget en bonne et due forme, actifs et retraités ne sont pas logés à la même enseigne.Selon un ministre, il y a de quoi lancer une véritable guerre des générations. Et pour cause, en matière de pouvoir d'achat, la chute du gouvernement Barnier promet de mettre en difficulté les plus jeunes et les actifs. Quant aux retraités, ils s'en sortent mieux que prévu.
L'augmentation des pensions de retraite a été le sujet de discussion numéro un, lors de l'examen parlementaire du budget. Michel Barnier espérait réaliser 4 milliards d'euros d'économies sur les retraites. Pour ce faire, il prévoyait un gel pendant six mois. Las, après la motion de censure, c'est le code de la Sécurité sociale qui s'applique. Résultat, dès le 1er janvier prochain, tous les retraités, quel que soit leur niveau de vie, profiteront d'une hausse de 2,2%, selon l'inflation.
Coût pour les finances publiques ? 6,5 milliards d'euros, selon les premières estimations. Soit un coup dur pour les comptes sociaux. Or, le régime de base des retraites anticipe déjà un déficit de 10 milliards d'euros l'an prochain. Cette augmentation fait suite à une précédente hausse de 5,3% en 2024, qui avait représenté pour les finances publiques plus de 15 milliards d'euros.
Surtout, les retraités peuvent être tranquilles. Aucun groupe politique n'osera remettre en cause cette revalorisation pour 2025, tant le sujet est sensible. De quoi alourdir encore la charge qui pèse sur les actifs. De fait, notre régime de retraite par répartition prévoit que ce sont bien ces derniers qui financent les pensions de nos ainés.