Agirc-Arrco : le patronat provoque la prolongation de la négociation

Le projet patronal de pratiquer des abattements sur les pensions de retraites complémentaires passe mal auprès des syndicats. Ces derniers veulent une hausse des cotisations pour mieux répartir les efforts. La négociation Arrco/Agirc va se prolonger.
Jean-Christophe Chanut

3 mn

La négociation sur les régimes Arrco et Agirc va se prolonger au moins jusqu'à la fin juin.
La négociation sur les régimes Arrco et Agirc va se prolonger au moins jusqu'à la fin juin. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Demain mercredi 27 mai, les organisations patronales et syndicales se retrouvent pour une nouvelle séance de négociation pour tenter de trouver un remède à la situation financière très dégradée des régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (ensemble des salariés). Le besoin de financement des deux régimes est estimé à 6,7 milliards d'euros en 2017.

Le patronat et les syndicats, gestionnaires de ces deux régimes, espéraient initialement conclure la négociation dès ce 27 mai. Mais devant l'ampleur des divergences pour résoudre les difficultés, il est apparu qu'une nouvelle séance, au moins, serait nécessaire. Elle est déjà programmée pour le 22 juin. Et les négociateurs n'excluent pas une autre prolongation.

Le projet du Medef d'abattements sur les pensions ne passe pas

Ce sont les dernières propositions patronales qui ont crispé le jeu. Dans un document remis vendredi aux organisation syndicale, le "camp" patronal (Medef, CGPME, UPA) propose un montant global d'économies de 8,4 milliards d'euros reposant essentiellement sur les salariés futurs retraité. C'est notamment la proposition patronale d'introduire un abattement dégressif sur les pensions de retraites complémentaires entre 62 et 67 ans qui a provoqué un tollé. Le Medef propose en effet de pratiquer un abattement de 40% sur le montant de la pension complémentaire à 62 ans, puis de 30% à 6 3ans,18% à 64 ans, 2% à 6 5ans, puis, enfin, 1% à 66 ans. A 67 ans, le retraité retrouverait son taux plein. Il est clair que la proposition patronale vise à obliger les salariés à ne pas liquider leur retraite avant 65 ans.

Pour Philippe Pihet, le négociateur FO: "c'est inadmissible de négocier comme cela. Le Medef est en train de politiser la négociation pour des raisons exogènes aux problèmes des retraites complémentaires. Nous payons le bras de fer entre le gouvernement et le patronat sur le compte pénibilité et le Medef craint que l'avenir du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) soit remis en causes lors du congrès du Parti socialiste du 5 au 7 juin".

Les syndicats reprochent au patronat de ne faire porter les efforts que sur les actuels retraités (durcissement des règles sur les pensions de réversion) et les futurs retraités avec une entrée en vigueur des abattements en 2017 pour les générations nées à compter de 1957.

Les syndicats veulent mettre la hausse des cotisations sur la table

Ils demandent qu'une hausse des cotisations soit également mise sur la table afin que les nécessaires efforts soient mieux répartis entre entreprises, salariés et retraités. Or, à ce stade, le Medef ne veut pas entendre parler d'une telle hausse. "Au total, tout compris, les entreprises perçoivent 135 milliards d'"euros d'aides publiques, d'après les données de France Stratégie, explique Philippe Pihet. Or, un hausse des cotisations représenterait au pire un surcoût pour les entreprises de 1,5 milliard d'euros".

Quant aux abattements, les syndicats se montrent sceptiques. Si la CFDT était prête à en discuter, il n'en est plus question tant que le Medef proposera de tels niveaux de baisse des pensions.

Pour FO, en outre, ce projet d'abattement n'a pas lieu d'être actuellement. Il faudrait davantage attendre 2018 pour en parler. C'est en effet cette année là que la convention instituant l'Association pour la gestion du fonds de financement (AGFF) arrivera à son terme. Cette association avait été créée pour permettre aux salariés partant à la retraite avant 67 ans de pouvoir percevoir leur pension de retraite complémentaire sans décote jusqu'à cet âge. En effet, contrairement à la retraite "de base", pour les régimes Arrco et Agirc, la retraite à taux plein est toujours fixée à 67 ans et c'est seulement grâce à l'AGFF que les retraités plus jeunes perçoivent leur pension complémentaire à taux plein. La reconduction de l'AGFF va alors devenir un sacré enjeu. Si le Medef n'en veut plus, alors les abattements s'imposeront.

Jean-Christophe Chanut

3 mn

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Commentaires 24
à écrit le 27/05/2015 à 14:48
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Les caisses complémentaires du privé font l’objet d’une ponction régulière qui leur est imposée par la loi. - les comptes de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des salariés du privé, du commerce et de l’industrie) montrent qu’en moyenn...

le 11/06/2015 à 12:57
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Tout à fait d'accord avec Max. J'ajouterai que l'Etat fait preuve d'un cynisme absolu en restant à l'écart de la négociation alors qu'il a vidé les caisses du régime général pour financer les régimes spéciaux mais aussi 25 ans de départs en préretrai...

à écrit le 27/05/2015 à 8:01
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Donc on va augmenter les cotisations et baisser les pensions des futurs retraités pour permettre aux retraités actuels de pouvoir partir en vacance à Marakech... C'est sur qu'il est urgent de sauver le pouvoir d'achat des retraités actuels qui se son...

le 27/05/2015 à 9:06
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La France, pourtant jeune parmi les pays occidentaux détient le record mondial des transferts au profit des retraités. Le MEDEF et les syndicats salariés qui débattent aujourd'hui en sont responsables. C'est parti pour continuer. Il est vrai que les ...

le 27/05/2015 à 9:26
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c'est un peu cru comme analyse, mais je dois bien avouer que je partage une (bonne)° partie de ce que vous avez écrit! Après à leur place on aurait fait pareil, faut pas se mentir.

à écrit le 27/05/2015 à 3:04
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Ce que je constate, c'est un systeme sclerose, ou les gens confrontent des ideologies basees sur des opinions et oublient les faits sauf lorsque cela devient critique. Rappel: - l'esperance de vie augmente chaque annee - les syndicats ne sont pas ...

le 27/05/2015 à 15:09
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parfait , tout est dit ....les faits , rien que les faits

à écrit le 26/05/2015 à 21:31
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Comme d habitude le medef est dans la provocation. Ce sont les mêmes qui prônent la décote a 40% a 62 ans et qui multiplient les pse pour virer les"vieux" a partir de 50 ans!!! Ce syndicat des patrons du caf 40 n a vraiment aucune dignité ni fiert...

à écrit le 26/05/2015 à 19:52
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La justice commande que l'on réduise les retraites des fonctionnaires pour financer les retraites du privé car c'est dans le privé que l'on travaille le plus et c'est le privé qui fait vivre ce pays. Les socialistes épris de justice et d'égalité vont...

le 26/05/2015 à 20:37
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Vous déraisonnez ! Sur quoi vous basez vous pour dire que les fonctionnaires travaillent moins que dans le privé ? Quels fonctionnaires ? Les hôpitaux, le trésor public, les militaires, les services déconcentrés, les collectivités territoriales ? Bre...

le 27/05/2015 à 8:09
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Prend 5 minutes pour lire les rapports de la cour des comptes et tu verras part toi même que c'est vrai Bonne journée

le 27/05/2015 à 9:23
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@Arthur Prenez le taux d'absentéisme et l'âge moyen de départ en retraite, ça devrait déjà éclairer votre lanterne.

le 27/05/2015 à 10:48
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C'est le privé qui fait vivre le pays ? c'est bizarre je perçois l'inverse , ce qui nous fait vivre c'est d’avoir des bons hôpitaux avec de bons chirurgiens , infirmiers, d'avoir une police qui nous protège, une justice qui évite la loi du plus fort ...

le 27/05/2015 à 16:15
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@kafou Et d'après vous d'où provient l'argent qui paie les salaires de ces services publics, (indispensables à toute société évoluée) ?

à écrit le 26/05/2015 à 19:34
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Pourquoi aucune économie sur la gestion des caisses n'est évoquée ? Avec l'informatique il y a déjà beaucoup moins de travail et l'année prochaine avec la déclaration sociale nominative, c'est les employeurs qui feront tout le travail, les caisses r...

le 27/05/2015 à 9:25
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Fusion des Caisses, n'y comptez pas compte tenu du nombres de personnes qui vivent sur la bête... Et toujours les mêmes aux commandes qui ne feront rien.

le 27/05/2015 à 23:13
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Lorsque j'ai du reconstituer ma carrière en vue de ma retraite, j'ai pris toutes mes fiches de paie et j'ai constaté que tout au long de ma carrière j'avais cotisé à des caisses différentes. En reconstituant mes droits, j'ai découvert que les différe...

à écrit le 26/05/2015 à 19:14
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Vous indiquez que sans l'AGFF les abattements s'appliqueront : ce ne seraient pas les mêmes abattements, ce seraient des abattements définitifs et non dégressifs jusqu'à 67 ans. Ce n'est pas comparable.

à écrit le 26/05/2015 à 16:19
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Impensable, Pourquoi personne n'évoque la gestion des fonds déposés et auprès de quels organismes ? le problème est là depuis des années et motus et bouche cousue! cordialement. O'HARE

le 26/05/2015 à 17:10
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Personne n'osera toucher à la sacro sainte gestion paritaire, aux partenaires sociaux. Le marché du travail vit sous la dictature de 5% des salariés français (T% de syndicalisation). Lisez le Rapport Perruchot et vous comprendrez mieux !!

le 27/05/2015 à 15:14
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sans oublier le délicieux rapport de la cour des comptes sur la gestion du Port Autonome de Marseille ....qui est vraiment autonome !!!!

le 27/05/2015 à 16:53
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Bonjour, Je vous suggère de me demander l'envoi gratuit par mail de ma publication de 35 pages. Je vous l'adresse dès réception d'un mail de votre part. Alain SAUSSARD

le 31/05/2015 à 12:04
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que deviennent les carrières longues ? le Medef mise sur un génocide des ouvriers en protégeant leur retraites dorées

le 01/06/2015 à 0:06
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