Le dispositif d'indemnisation des coûts fixes des entreprises toujours pénalisées par la crise sanitaire s'arrêtera en novembre, a annoncé le gouvernement, à l'issue d'une réunion à Bercy avec les secteurs concernés (hôtellerie, restauration, tourisme, salles de sport, évènementiel, commerces). L'exécutif a également déposé un amendement ce lundi dans le projet de loi de finances 2022 pour prolonger les prêts garantis par l'Etat de 6 mois, jusqu'en juin prochain.La fin du "quoi qu'il en coûte" se concrétise. A l'issue d'une réunion à Bercy vendredi dernier, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et la ministre du Travail Elisabeth Borne ont pris la décision importante de mettre fin au dispositif "coûts fixes". Après l'extinction du fonds de solidarité, l'exécutif avait annoncé le prolongement de cette mesure au mois d'octobre destinée à prendre en charge certaines factures dans les secteurs économiques toujours empêtrés par la crise. Il s'agissait des entreprises situées dans les secteurs S1 et S1 Bis. Ces domaines regroupent des sociétés dans la restauration, l'hôtellerie, l'événementiel mais aussi les remontées mécaniques, les agences de voyage ou encore les sociétés de transport.
Bercy justifie cette décision "par une reprise forte de l'activité économique" dans le communiqué. Dans le budget 2022, le gouvernement table sur une croissance du produit intérieur brut de 6,25% en 2021, s'alignant ainsi avec l'Insee et la plupart des instituts de prévision. "Nous avons retrouvé le niveau d'activité économique que nous avions avant la crise plus tôt que prévu, la France a crée 500.000 emplois sur l'année passée et la croissance devrait être de 4% en 2022" a déclaré Bruno Le Maire lors d'une réunion à Bruxelles ce lundi.
Si les chiffres de croissance ont été révisés à la hausse, certains secteurs sont loin d'avoir retrouvé leur niveau d'activité d'avant crise. C'est par exemple le cas de l'industrie manufacturière frappée par les difficultés d'approvisionnement et la flambée des prix des matières premières et de l'énergie. A cela s'ajoute l'augmentation des contaminations de Covid en France et dans quelques grands pays comme l'Allemagne. Emmanuel Macron s'apprête à prendre la parole dans une adresse aux Français ce mardi 9 novembre à la suite d'un conseil de défense sanitaire.
Du "cas par cas" au traitement automatique
En annonçant la fermeture du robinet des aides à la fin de l'été, le gouvernement a apporté des précisions sur son changement de doctrine en matière de soutien aux entreprises. Il s'agissait principalement de passer du quoi qu'il en coûte au sur-mesure pour les secteurs les plus fragilisés. Le ministre de l'Economie avait expliqué fin août que "le dispositif du fonds de solidarité est forfaitaire. Le dispositif coût fixe prendra plus de temps. Il faut des factures, des pièces comptables. Avec ce dispositif, l'instruction du dossier prendra plus de temps. Avec le fonds de solidarité, l'instruction était automatique. L'indemnisation était très rapide."