"La période entre la fin des aides et le remboursement des PGE va être cruciale"
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Sophie Jonval est greffière associée du tribunal de commerce de Caen.
Reuters
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LA TRIBUNE - Dans le dernier baromètre réalisé par Xerfi pour le compte du conseil national des greffiers des tribunaux de commerce, on assiste à une hausse des radiations d'entreprises au cours du premier semestre 2021. Comment expliquez-vous ce fort rebond ?
SOPHIE JONVAL - Ces radiations interviennent en majorité à la suite de décisions de chefs d'entreprise au moment de la sortie des mesures de confinement. L'année 2020 a été ponctuée dans certains secteurs d'activité par des périodes d'arrêt et de reprise. Malgré les aides gouvernementales qui ont permis d'éviter une vague de défaillances d'entreprises longtemps redoutée, le manque de perspectives et les bouleversements engendrés par la pandémie ont sans doute poussé nombre de chefs d'entreprise à changer de vie.
Durant l'année 2021, les dirigeants ont repris la main sur les décisions de leur entreprise. Notons enfin que parmi ces radiations enregistrées cette année, il y a aussi des cessions, qui avaient été mises en sommeil durant l'année 2020, et permettent de relativiser l'impact de ce pic de radiations sur le tissu entrepreneurial.
Plus globalement, comment l'activité des tribunaux de commerce a-t-elle évolué depuis le début de la pandémie ?
Nous avons assisté à un très net recul sur les ouvertures de procédures de liquidation, de redressement et de sauvegarde sur l'année 2020. La baisse est d'environ 40% par rapport à 2019. Sur le premier semestre 2021, les tendances sont comparables au début de l'année 2020. Il y a une baisse par rapport à une année dite "normale". Beaucoup de procédures sont en sommeil. Il n'y a pas de poursuite des organismes fiscaux et sociaux. Les aides gouvernementales continuent de produire leurs effets, notamment pour les secteurs restés touchés par la crise
Beaucoup d'économistes redoutaient une hausse du nombre d'entreprises "zombies". Or ce phénomène n'a pas eu lieu. Comment expliquez-vous cela ?
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Il faut ici distinguer les entreprises "zombies", résultant d'activités qui auraient été artificiellement maintenues du fait des aides gouvernementales, des entreprises fantômes. S'agissant de ces dernières, nous opérons un contrôle assez important en amont sur le registre du commerce et des sociétés. Le droit français prévoit un contrôle assez fin et poussé avant l'entrée des entreprises dans le monde économique, permettant de confirmer leur existence juridique effective.
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