ArcelorMittal : grève spontanée sur deux sites menacés de fermeture
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ArcelorMittal adapte son organisation dans l'Hexagone face au contexte économique difficile et la concurrence asiatique.
FRANCOIS LENOIR
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ArcelorMittal adapte son organisation dans l'Hexagone face au contexte économique difficile et la concurrence asiatique.
FRANCOIS LENOIR
[Article publié le 19 novembre 2024 à 19h40, mis à jour le 20 novembre 2024 à 15h45] Après plusieurs annonces retentissantes de plans sociaux dans l'industrie en France ces dernières semaines, un autre grand nom vient s'ajouter à cette liste. Le sidérurgiste ArcelorMittal envisage la fermeture de deux sites en France à Reims (Marne) et à Denain (Nord). Les deux centres de services d'ArcelorMittal se sont mis en grève spontanée, a appris l'AFP auprès des syndicats ce mercredi.
Le site de Denain s'était déjà mis en grève dès mardi. « Il y a de fortes chances » que cette grève se poursuive dans les prochains jours, avant des « actions » en début de semaine prochaine. Une première réunion d'information sur un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) doit se tenir lundi prochain à Reims, et non à Metz comme le groupe le prévoyait initialement, a ajouté Benoît Jean-Leroy.
Cette grève fait suite à une annonce faite mardi par la direction de la société ArcelorMittal Centres de Services, filiale spécialisée dans le commerce de gros de métaux et minéraux aux entreprises, aux membres de son CSE.
Selon les syndicats (CGT et CFE-CGC), joints par l'AFP, cette annonce mettrait en péril une centaine d'emplois à Reims (Marne) et une trentaine à Denain (Nord).
Il faut faire en « sorte que les emplois sur ces sites soient préservés, que toutes les solutions soient recherchées », a déclaré mercredi à l'AFP le ministre de l'Industrie Marc Ferracci, en déplacement au Congrès des maires à Paris. « Ensuite, il y a évidemment une exigence d'accompagnement des salariés concernés qui doit être extrêmement ferme (...). Enfin, il y a une exigence sur la revitalisation des sites, que ce soit à Reims ou à Denain », a poursuivi le ministre.
La CGT a aussi réagi à cette annonce. « On essaie de digérer la nouvelle. Pour nous, la CGT, la priorité n'est pas le chèque mais de maintenir l'outil industriel », a aussi indiqué mercredi à l'AFP David Blaise, délégué central CGT.
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ArcelorMittal Centres de Services serait « confrontée à une forte baisse d'activité chez ses clients industrie et automobile qui s'est accélérée ces derniers mois », selon l'industriel publié. La direction prévoit de rencontrer les partenaires sociaux à la fin du mois de novembre « dans le cadre du processus d'information-consultation ». Quelques jours plus tôt, le deuxième sidérurgiste mondial avait dévoilé, à l'occasion de ses résultats trimestriels, un bénéfice net divisé par trois en un an, tombant ainsi à 266 millions d'euros.
Benoît Jean-Leroy a dénoncé le fait que « pendant des années », l'industriel « a fait son bénéfice en Europe » et s'est engagé dans des projets de sites décarbonés avec des aides publiques. Mais « on voit très bien que le groupe prend un virage à 180 degrés et part ailleurs » en investissant aux États-Unis, au Brésil et en Inde, a-t-il déploré, réclamant un « appui politique » pour défendre la production d'acier en France et en Europe.
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Le ministre de l'Industrie a reconnu qu'ArcelorMittal a fait l'objet d'un « engagement massif » de subventions pour décarboner ses sites en France. Mais il a assuré que tant que ses investissements industriels dans ces projets ne sont pas lancés, l'argent public n'est « pas décaissé ».
(Avec AFP)
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