L’automobile, une filière en état d’urgence
Pierre Manière
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Devant l’usine Michelin de Cholet (Maineet-Loire), le 8 novembre.
LTD/Stéphane Mahe/REUTERS
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Après les paillettes du Salon de l'automobile de Paris au mois d'octobre, le retour à la réalité est rude. La filière française souffre depuis des mois, et la crainte d'une saignée sociale n'a jamais été aussi grande. Beaucoup redoutent des fermetures d'usines et d'importantes suppressions d'emplois chez les constructeurs et les équipementiers. Cette inquiétude va crescendo depuis l'annonce, le 5 novembre, de la fermeture de deux usines de Michelin à Cholet et à Vannes, qui emploient au total 1 254 salariés.
L'industrie automobile française pâtit d'abord de ventes en berne. En octobre, les immatriculations de voitures neuves ont chuté de 11 % sur un an, selon La Plateforme automobile (PFA), le lobby du secteur. Il s'agit du « sixième mois consécutif de baisse », s'alarme Luc Chatel, son président, dans une lettre au Premier ministre Michel Barnier datée du 4 novembre. « Alors que la filière a perdu 39 000 emplois depuis 2019, on observe ces derniers mois un recours accru au chômage partiel et davantage de défaillances d'entreprises », avertit-il. Le secteur, qui représente 350 000 emplois dans l'Hexagone, « est en danger », insiste Luc Chatel.
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Constructeurs et équipementiers redoutent les conséquences d'une forte réduction de l'enveloppe consacrée aux bonus écologiques pour l'achat de voitures électriques. Le projet de budget du gouvernement prévoit de la diviser par deux l'année prochaine, à 700 millions d'euros. Ce qui pourrait plomber les ventes de ces véhicules. Les constructeurs comme Renault et Stellantis ont déjà du mal à séduire les clients en raison de leurs prix, jugés trop élevés. Sur le créneau de l'électrique, tous deux sont aussi confrontés à une concurrence chinoise de plus en plus agressive, et technologiquement en avance.
Pierre Manière
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