Assurance chômage : Elisabeth Borne fait planer une épée de Damoclès sur les partenaires sociaux

Fanny Guinochet
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SARAH MEYSSONNIER

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C'est un petit coup de tonnerre que vient de provoquer le gouvernement chez les partenaires sociaux. Matignon a choisi de ne pas agréer la convention d'assurance chômage que certains syndicats ( CFDT, CFTC, FO ) et le patronat (Medef, CPME, U2P). Et ont eu tant de mal à négocier cet automne. Du jamais vu depuis des années. En effet, l'exécutif estime ne pas avoir suffisamment de garanties concernant l'indemnisation des seniors, pour ratifier cet accord, tout juste conclu le 15 novembre.
Bruno Le Maire la semaine dernière sur France Info avait donné le « la ». Avant de s'envoler pour la Nouvelle Calédonie, le ministre de l'Economie avait lancé qu'il ne voyait pas pourquoi les seniors avaient une durée d'indemnisation différente du reste de la population. Les seniors sont en effet indemnisés plus longtemps que les autres demandeurs d'emploi. Les mots du locataire de Bercy avaient fait grincer dans le landerneau social. Mais, peu pensaient que c'était bien plus qu'un ballon d'essai, comme les politiques ont coutume d'en lancer.
C'était une façon de mettre la pression sur les partenaires sociaux. Et pour cause, ce lundi matin, plusieurs représentants syndicaux ont reçu un appel du gouvernement leur expliquant que le compromis trouvé lors de la dernière négociation sociale sur l'assurance chômage ne serait pas agréé en l'état.
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Le gouvernement assure qu'il veut être sûr que des économies vont bel et bien être réalisées du côté de l'indemnité des demandeurs d'emplois de plus de 55 ans. Il faut dire que cette question spécifique des seniors a été renvoyée à une autre négociation (autrement dit : une négociation dans la négociation) qui doit s'ouvrir prochainement. N'ayant pas de garanties « en dur » que les partenaires sociaux vont bien négocier sur ce sujet et tenir parole, l'exécutif leur met donc une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En effet, le gouvernement envisage de prendre un décret de droiture, pouvant couvrir jusqu'à 6 mois - c'est à dire jusqu'à juin prochain- pour qu'ils négocient sur l'emploi des seniors.
Fanny Guinochet