Les Français ne paieront pas davantage d'impôt sur le revenu au 1er janvier 2025, malgré l'absence d'indexation du barème sur l'inflation. Toutefois, cette situation pourrait évoluer si la France reste encore sans budget.Une bonne nouvelle en ce dernier jour de l'année pour les contribuables. Si la « loi spéciale », qui entrera en vigueur au 1er janvier, ne permet pas d'appliquer la traditionnelle indexation du barème sur l'inflation, le ministère des Comptes publics a assuré à l'AFP que cette situation n'aura pas d'impact immédiat. Concrètement, les Français ne seront donc pas prélevés davantage à la source, pour le moment
Dans un entretien accordéàLa Tribune Dimanche, le nouveau ministre de l'Économie, Éric Lombard, s'était déjà voulu rassurant, déclarant :« Nous aurons un budget qui comportera une indexation du barème. »Et d'ajouter :« Les Français qui ne paient pas d'impôt sur le revenu aujourd'hui n'en paieront pas demain. »
Le projet de budget 2025, présenté par le précédent gouvernement, prévoyait de revaloriser de 2% les tranches du barème de l'impôt sur le revenu. Objectif affiché, « protéger le pouvoir d'achat des Français » et ainsi éviter une hausse de la fiscalité liée à l'inflation. Cette mesure aurait entraîné un manque à gagner estimé à 3,7 milliards d'euros pour l'État.
380.000 ménages à risque
Toutefois, en l'absence de nouveau budget, environ 380.000 nouveaux ménages risquent d'être assujettis à l'impôt sur le revenu, et des millions de contribuables pourraient voir leur fiscalité augmenter. Le Premier ministre François Bayrou avait exprimé, le 19 décembre, son espoir d'adopter un budget « à la mi-février », tout en reconnaissant qu'il n'était pas « sûr d'y parvenir ». Il avait précisé qu'il repartirait « de la copie qui a été votée » au Parlement avant la censure de son prédécesseur.
Pour l'heure, la « loi spéciale » adoptée par le Parlement permet à l'exécutif de parer au plus pressé. Elle autorise l'État à prélever l'impôt et à emprunter pour financer ses dépenses ainsi que celles de la Sécurité sociale. « Elle contient tout ce qu'il faut à l'État pour assurer ses fonctions essentielles au début de 2025, mais rien de plus. Elle devra être complétée le plus rapidement possible par un budget », a souligné Jean-François Husson, rapporteur général de la commission des finances au Sénat (Les Républicains). En attendant l'adoption d'un budget pour 2025, le gouvernement a reconduit, via un décret publié mardi au Journal officiel, les autorisations d'engagement prévues par la loi de finances initiale de 2024.