Baisse des impôts de production: pourquoi Macron pourrait ne pas tenir sa promesse
Fanny Guinochet
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Photo d'illustration: le président du Medef Geoffroy Roux de Bezieux (à droite) s'entretient avec le dirigeant syndical français de la CPME François Asselin après leur rencontre avec le président Emmanuel Macron et les syndicats français à l’Élysée à...
Avant son départ en Roumanie, aujourd'hui, Emmanuel Macron reçoit à déjeuner les chefs d'entreprise. Au menu, entre autres, le dossier emblématique de la baisse des impôts de production, dont la France est championne dans l'UE. Les entreprises attendent que le président tienne sa promesse de campagne de baisser -à nouveau- cette fiscalité qui pèse sur la compétitivité des entreprises, mais le président pourrait avoir quelques raisons d'en différer l'exécution. Explications.
Le Medef, la CPME ou encore l'U2P sont reçues à l'Élysée pour le déjeuner. Emmanuel Macron veut s'entretenir avec les organisations patronales. Au menu, plusieurs sujets comme la création du conseil national de la refondation promis par le chef de l'État pour plus de concertation, mais aussi le programme économique qu'il souhaite mettre en œuvre pour poursuivre la baisse du chômage, réduire nos déficits, maintenir le modèle social français...
Un dossier sera notamment sur la table : la baisse des impôts de production, ce prélèvement fiscal auquel toutes entreprises sont soumises en plus de l'impôt sur les sociétés, indépendamment de leurs bénéfices ou de leur rentabilité.
Au cours de la campagne, Emmanuel Macron a promis de s'attaquer par exemple à la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Et de s'engager à ce qu'elle disparaisse dès 2023, ce qui obligera les collectivités à trouver des sources de financement en remplacement. Chaque année, la CVAE rapporte près de 10 milliards d'euros de produit fiscal.
Une baisse prévue de 7 milliards d'euros des impôts de production
Au total, le gouvernement a prévu de baisser de 7 milliards d'euros ces impôts de production dès l'an prochain... sur les 100 milliards prélevés chaque année, soit quatre fois plus qu'en Allemagne et deux fois plus qu'en Italie. Pour rappel, avec des impôts de production s'élevant à 4% du PIB, la France, selon le cabinet Mazars et l'Institut Montaigne, se classe deuxième dans l'Union européenne, juste derrière la Suède où ils représentent 10% du PIB. Mais en valeur, l'Hexagone reste premier. Cette fiscalité pèse donc sur la compétitivité des entreprises et l'attractivité de la France.
Dans le quinquennat précédent, Emmanuel Macron a déjà réduit de 10 milliards ces impôts de production... mais il avait pour projet d'aller plus loin.
Les scores de la Nupes vont-ils changer la donne ?
Certes, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie à Bercy ou encore Gabriel Attal, ministre des Comptes publics assuraient ces derniers jours que la promesse faite aux entreprises serait tenue. Mais c'était sans compter sur les résultats du premier tour des législatives. Le bon score de la Nupes pourrait, en effet, obliger le gouvernement à revoir ses intentions. Et pour cause, la taxation des sociétés est un point important du programme de la Nouvelle union de la gauche. "On s'attend à ce que la feuille de route change, hélas", rapporte, inquiet, un représentant des entreprises.
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