Banlieue : le CAC 40 s'engage devant Macron à recruter dans les quartiers

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Emmanuel Macron a déclaré que, dès la rentrée prochaine, l'État allait rouvrir des centres avec des métiers très traditionnels, des métiers liés à la fibre, à l'industrie du futur. »
Emmanuel Macron a déclaré que, dès la rentrée prochaine, l'État allait rouvrir "des centres avec des métiers très traditionnels, des métiers liés à la fibre, à l'industrie du futur. » (Crédits : Reuters)
Deux mois après une première cérémonie "La France, une chance" à l'Élysée, le président de la République a invité, le mardi 17 juillet, les 100 plus grandes entreprises françaises à recruter en banlieue. Sauf que le CAC 40 n'a pas attendu Emmanuel Macron pour le faire.

Guillaume Pépy (SNCF), Alexandre Bompard (Carrefour), Thierry Breton (Atos), Sébastien Bazin (Accor), Edward Arkwright (ADP), Michel-Édouard Leclerc, mais aussi Serge Morvan (CGET), Nicolas Dufourcq (Bpifrance) ou encore Éric Lombard (Caisse des Dépôts). Dans la salle des fêtes de l'Élysée le 17 juillet 2018, de nombreux patrons d'institutions privées et publiques ont répondu présent à l'invitation du président de la République. « Ce n'est pas un discours où je vais faire des annonces », a prévenu d'emblée Emmanuel Macron qui a d'abord laissé la parole à des partenaires sociaux ou à des binômes composés de dirigeants et d'un(e) jeune passé(e) par son entreprise. « On peut faire des grandes annonces, mais ce qui compte, c'est l'action concrète », a encore ajouté le chef de l'État.

Le directeur général de Danone, Emmanuel Faber, le prend au mot et assure « qu'une entreprise ne peut pas se développer sans tisser avec son territoire des liens d'utilité réciproque ». Venu avec Paul-Emile, étudiant en troisième année de médecine, le pdg du groupe La Poste, Philippe Wahl, le laisse témoigner du « soutien matériel pour l'achat de livres, de sorties culturelles et de voyages à Berlin et à Londres avec [son] parrain ».

Lancement du site monstagede3e.fr

Les responsables associatifs ont également pris la parole. Mélanie Taravent, journaliste et co-fondatrice de "Viens voir mon taf !" entend « libérer les carnets d'adresses »  et demande au public présent de les mettre à disposition pour les stagiaires de 3e.

« On n'a pas les mêmes stages. Ça devient une honte, renchérit Emmanuel Macron, ça nourrit l'autocensure. Si on ne remet pas les chances, on démultiplie ces effets d'inégalité ».

Et le président d'annoncer le lancement de la plateforme nationale monstagede3e.fr qui compte déjà 15.000 propositions « côté public » et bientôt 15.000 côté privé, dont 1.500 de BNP Paribas, 600 du groupe Accor et 1.500 de la Fédération régionale des travaux publics d'Île-de-France. Jessica, témoin de BNP Paribas aux côtés de son DG Jean-Laurent Bonaffé, raconte ainsi qu'elle « a tapé le cadenas ».

Un campus des métiers du futur en région parisienne

Patrick Pouyanné, pdg de Total, assure, lui, que 50% de stages sont déjà dédiés aux « quartiers défavorisés »  insistant sur la « richesse réciproque »  du dispositif. Et de marteler : « L'État ne peut pas tout, les entreprises doivent s'engager.» Il entend de même créer un campus de l'industrie du futur en région parisienne où seront formés, par exemple, des techniciens des capteurs ou des pilotes-mainteneurs de drones.

Le président prend la balle au bond : « La clé, ça va être l'exécution. Dès la rentrée prochaine, on va rouvrir des centres avec des métiers très traditionnels, des métiers liés à la fibre, à l'industrie du futur. On a des besoins de qualification pas suffisamment pourvus. »

« Pourquoi on n'a pas encore réussi ? s'est à son tour interrogée sa ministre du Travail Muriel Pénicaud. Si les jeunes des quartiers ne montent pas dans ce train-là, ce sera catastrophique. Il y a urgence. 1,3 million de jeunes ne sont ni à l'école, ni à l'université, ni en apprentissage. »

Généralisation du testing et plateforme Diversifiezvostalents

Comme annoncé lors de la première conférence sur la politique de la ville du 22 mai dernier, le "testing" sera généralisé dans 40 entreprises du SBF 120. « C'est une méthode efficace, les entreprises qui se réduisent à tout gérer par la norme sont moins innovantes techniquement et socialement »,  assure Emmanuel Macron.

« Ils ont deux fois moins de chances d'avoir un entretien, mais il s'agit pas de montrer du doigt » a tempéré Julien Denormandie, secrétaire d'État à la Cohésion des territoires qui a aussi exhorté ces grands groupes à travailler avec les TPE-PME. « Vous pouvez changer la donne ! »

Dans le même temps, au-delà des stages, un site Diversifiezvostalents, à l'initiative de l'association Mozaik RH, sera bientôt mis en place, avec en ligne de mire « une bourse d'emplois commune »  qui rapprochera les jeunes et moins jeunes des quartiers prioritaires et les employeurs.

Au lendemain de la réception de l'équipe de France de football championne du monde, le chef de l'État a enfin assuré qu'il s'agissait « d'un cadre économique, social et éducatif pour permettre de repartir dans une économie de l'innovation et de la compétence ». Rendez-vous néanmoins cet automne pour un premier point d'étape sur toutes ces promesses.

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Commentaires
a écrit le 19/07/2018 à 15:52 :
Il y a des jeunes dans les zones rurales qui sont abandonnés, sont loin, très loin, des grandes écoles, ont souvent des parents qui n'ont pas fait ou peu d'études et qui n'ont pas les moyens de leur payer des études longues et coûteuses. Ils n'ont pas à traversé le périph pour accéder aux meilleurs bibliothèques ou écoles : c'est simple il n'y a rien à moins de longs trajets.

Le fait qu'ils soient de bons élèves ne changent rien à leurs conditions.

Cela n'auront pas de passe droit car ils ne brulent rien, ne cassent rien, sont blancs (donc pleinement responsables de leur condition)...

Le cirque du bac 2018 avec des témoignages terribles de professeur (voir lepoint), la pitoyable occupation des universités pour maintenir un système producteur de chômeurs, ...

La France s'enfonce jour après jours dans les solutions de facilité, cosmétiques, en sacrifiant les éléments les plus méritants.

Cela commence à se voir : l'EPFL de Lausanne est classée 11ème dans le classement de Shangaï, loin devant toutes les grandes écoles françaises.
En 2013, les bacheliers français pouvaient s'inscrire avec une mention assez bien, désormais il faut une mention très bien et seulement 38% passent en 2ème année: la Suisse est première au PISA en math, la France loin derrière.

L'étude TIMMS enfonce le clou comme dit par lemonde : "La réponse de l’enquête internationale de Trends in International Mathematics and Science Study (Timss), qui porte notamment sur le niveau en maths et en sciences, rendue publique le 29 novembre 2016, est sans appel : en vingt ans, le niveau des élèves de terminale S a chuté vertigineusement."

Donc Casseurs, victimes auto proclamées, cancres, ... l'avenir est à vous, y a pas de raison.
a écrit le 19/07/2018 à 15:47 :
Que vous me censuriez des commentaires pour raison idéologique ne passe déjà pas mais vous pourriez au moins surveilelr votre forum et le nettoyer de la fachospshère.

JE vous promets d'être moins pertinent s'il le faut !

Mais beurk la quand même...
a écrit le 19/07/2018 à 12:01 :
Ce pays ne récompense que ceux qui font peurs et qui manifestent bruyamment en demandant tjrs plus et en s'identifiant sans arrêt comme victimes alors qu'ils sont les grands bénéficiaires des aides sociales massives au détriment des autres sans voix, sans se poser la question des milliards qui ne servent qu'a acheter la paix sociale tjrs plus chère et qui ruine le pays !
a écrit le 19/07/2018 à 11:34 :
a nuancer ! il faut pouvoir accéder aux zones de non droit. et rétablir l ordre
Réponse de le 19/07/2018 à 15:45 :
Des zones de non droit ? Diantre !? Vous avez encore fait un cauchemar cette nuit mon pauvre vieux hein... La chaleur.

L'ordre ? Quel ordre ? Le votre ?

Non merci.
a écrit le 19/07/2018 à 9:21 :
Des Benalla pour taper sur des salariés qui manifestent le 1er mai ?
a écrit le 19/07/2018 à 9:10 :
Ils feraient mieux de s'engager à payer leurs impôts, du moins leurs actionnaires, ça ferait avancer d'un coup la société française et aiderait bien plus nos jeunes défavorisés que des CDD de stagiaires.

Les mecs ils suppriment les aides aux emplois sociaux et ensuite chouinent parce que les plus défavorisés ne sont pas aidés !

Quand est-ce que ça s'arrête !?
a écrit le 19/07/2018 à 5:31 :
Et ils vont y recruter qui les DRH du CAC40 ? Ils vont avoir du boulot, sachant qu'il est beaucoup plus rentable de faire le dealer que d'être fraiseur chez Airbus. Encore un coup d'épée dans l'eau qui va encore coûter cher, comme tout ce qui à été tiré des poches du contribuable, n'est-ce pas Mr Borloo, pour des gens qui, pour la plupart, se complaisent dans leur situation.
a écrit le 18/07/2018 à 14:53 :
les zones de non droit ! jadis la nomination d un ministre de la ville est resté sans résultat.. ! !. alors dubitatif
a écrit le 18/07/2018 à 13:35 :
la stratégie de nivellement par le bas de la France continue. l'ancien est injuste c'est à ces jeunes et leurs familles de prendre conscience que l' école et l education est importante...
a écrit le 18/07/2018 à 12:53 :
Non ne parlez pas de cohésion des territoires votre mépris à l'égard de la petite province et de la ruralité est tellement fort qu'il en devient insupportable. Pour rappel mon message: Encore une preuve de l’exclusion de la petite province de la ruralité au profit des banlieues qui bénéficient depuis des années de dizaines de milliards pour rénover les quartiers, de classes de 12 élèves alors que les classes de la petite province de la ruralité sont soit de 30 élèves soit de classes doublées pire parfois avec trois niveaux d’enseignement. Une nouvelle fois le Président malgré une com mensongère méprise la ruralité, la petite province pire crée de la pauvreté en augmentant sensiblement les taxes sur les carburants alors que la encore la petite province la ruralité sont les grands oubliées du transport. Merci M. Le Président pour un tel mépris pour ceux qui sont dans le silence merci pour ceux que vous pénalisez en diminuant les budgets des territoires enfin merci M. Le Président pour nous exclure à votre manière de la République car vos discours à notre égard ne sont que de la « publicité » mensongère et oui vous aussi vous abusez des slogans à défaut de nous considérer comme des citoyens de cette France que vous résumez aux grandes métropoles et aux banlieues qui politiquement vous font peur, devons nous aussi vous imposer la crainte pour qu’enfin vous nous respectiez que vous nous regardiez avec ce que nous sommes la France d’en bas, le bas n’étant pas péjoratif dans ma bouche mais semble être votre vision de nos territoires. Oui j’ai voté pour vous dès le premier mais j’ai voté pour votre respect et non pour votre dédain à notre égard, vous ne lirez pas mon commentaire mais j’espère que ceux qui vous entourent, non pas le député de ma circonscription un « illustre » inconnu qui lui aussi montre le dédain qu’il nous porte depuis qu’il siège à Paris, seront porter ce message qui n’est pas unique car il est celui de la petite province et de la ruralité. 2019 sera-t-il le défouloir de la petite province de la ruralité qui ne s’exprimeront pas pour la question européenne mais pour sanctionner votre mépris à notre égard. Les élections intermédiaires, peu importe le sujet, sont celles soit de l’adhésion soit de la sanction aujourd’hui seule la sanction est possible.
Réponse de le 19/07/2018 à 10:21 :
Quelle idée de voter pour Hollande bis, il ne faut pas écouter le petit poste, il faut réfléchir, le changement se fera en élisant ceux qui le feront...

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