Black Friday : gare aux promotions trompeuses et aux contrefaçons !

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(Crédits : Reuters)
Caractère trompeur de certaines réductions affichées, produits de qualité douteuse, voire contrefaits: les mises en garde se multiplient à la veille des promotions du "Black Friday".

Le "Black Friday" ne rime pas toujours avec bonnes affaires. En réalité, "5 à 10% des produits sont effectivement 5 à 10% moins chers pour les secteurs de l'électroménager et du high-tech", explique à l'AFP Grégory Caret, directeur de l'observatoire de la consommation de l'UFC-Que Choisir, qui a mené une étude sur les prix pratiqués en 2018 avant et pendant le "Black Friday", tradition américaine qui prend chaque année davantage racine en France.

L'association de défense des consommateurs a observé les prix de dizaines de milliers de produits sur les sites des grandes enseignes "28 jours avant le Black Friday et le jour J", détaille M. Caret. "Ce qu'on observe, c'est que pour la plupart des produits le prix avant, pendant et après est le même". Si le prix réel ne change pas, "c'est le prix de référence qui subit une inflation", analyse M. Caret. Il s'agit du prix "avant réduction, celui duquel sont déduit les -50%, -70% que le consommateur peut voir sur l'étiquette", ajoute-t-il.

Prix de référence "fantaisiste"

En France, "il n'y a quasiment rien qui définisse le prix de référence", confirme Philippe Moati, économiste et cofondateur de l'Obsoco. "Ce vide juridique, combiné au manque de moyens de la DGCCRF (répression des fraudes, NDLR) pour contrôler tout ça, fait que très souvent le prix barré est un prix fantaisiste", poursuit-il. Which?, l'équivalent britannique de l'UFC-Que Choisir, est arrivé à une conclusion similaire en observant les prix au Royaume-Uni. L'organisation affirme que 61% des 83 produits étudiés étaient "moins chers ou au même prix avant le Black Friday".

"Bien sûr, les prix durablement bas ne sont pas une mauvaise chose", note Which? sur son site, "mais cela signifie que vous devriez vous sentir moins sous pression pour acheter pendant la période du Black Friday". Selon M. Moati, cette "pression" pousserait effectivement les consommateurs à "acheter un produit uniquement parce qu'il est en promotion même s'il ne nous convient pas".

Lire aussi : Black Friday: trois ONG déplorent l'impact environnemental d'Amazon

Selon l'expert, ce comportement "conduit à une consommation qui n'est pas raisonnée, donc certainement à une surconsommation, et parfois une mé-consommation, voire à une forme de déception". Pour éviter ce genre d'erreur, M. Caret conseille au consommateur de "mettre en place une petite alarme dans sa tête qui s'allume dès qu'on voit -50%" car "-50%, -70%, même en période de soldes, ça ne correspond pas à une réalité économique".

"Faux produits"

 Au-delà des questions de prix, se pose celles de la qualité, voire de la conformité des produits. L'Union des fabricants (Unifab) a ainsi mis en garde les consommateurs contre les risques de tromperie sur les ventes en ligne à l'occasion du Black Friday. Selon l'organisation qui réunit les industriels engagés dans la lutte contre la contrefaçon, "les faux produits envahissent insidieusement la toile et les paniers des e-consommateurs".

Alors que la période "connaît le plus grand pic de consommation de l'année", l'association rappelle un certain nombre de réflexes lors d'achats en ligne: s'assurer d'être sur un site officiel, faire attention aux fautes d'orthographe qui pourraient trahir un site douteux, se méfier des offres trop alléchantes ou des prix bradés et regarder les conditions de retour, qui sont obligatoires en France. Les mises en garde sur les prix et les produits s'ajoutent à la réaction "anti-Black Friday" qui monte aussi en France.

La ministre de la Transition Écologique Élisabeth Borne a critiqué lundi "la frénésie de consommation" liée au Black Friday. Le lendemain, les députés ont même donné leur feu vert en commission à une interdiction des campagnes de promotions autour de cette journée. Du coté de la société civile, des associations, des marques et des commerçants prennent des initiatives pour "lutter contre l'hyper-consommation et pour une consommation et une production responsables", selon la formule de Jean-Paul Raillard, Président d'Envie et du "Green Friday", un mouvement d'entreprises et d'associations qui s'engagent à ne pas pratiquer de promotions pendant le fameux "vendredi noir".

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Commentaires
a écrit le 29/11/2019 à 13:41 :
Elisabeth Borne transformée en égérie zadiste décroissante...on aura tout vu.
a écrit le 29/11/2019 à 11:34 :
Mme Borne, de quoi je me mêle. Je commence à avoir soupé de ce préchi-précha moraliste. A titre perso je ne consommerai pas plus aujourd'hui qu'un autre jour, mais je n'ai pas de jugement moral à donner sur ce qui n'est qu'une opération commerciale parmi tant d'autres...
a écrit le 29/11/2019 à 11:31 :
Dans un pays où les prix sont libres, la notion de prix de référence n'a pas beaucoup de sens. Ceci étant, en jetant un oeil distrait à quelques offres du Black Friday, je ne les trouve pas vraiment extraordinaires...
a écrit le 29/11/2019 à 10:25 :
Il vaut mieux une camionnette avec 100 colis, que 100 voitures avec 1 colis. Les discours des ONG ne tiennent pas la route . Il également noter que 80 % des colis sont livrés par la poste avec le courrier. Concernant le Black Friday, beaucoup de clients anticipent le bordel national à compter du 5 décembre.
a écrit le 28/11/2019 à 18:32 :
Ce qui serait intéressant c’est le black friday à Bercy et à Matignon
Des paniers de «  crédits «  et «  pouvoir d’achat » pour ceux qui rament avec un salaire au smic et une famille à charge ...
a écrit le 28/11/2019 à 17:39 :
Le Black Friday est une invention (une couillonade) américaine.
Je dis " couillonade", car c'est un attrape-couillon. Ce sont de fausses Soldes déguisées qui devraient même interdite puisqu'en période hors soldes. Une fois n'est pas coutume : US GO HOME.
Réponse de le 28/11/2019 à 18:30 :
Comme la plupart des fêtes transformées en pompes à fric.

Noêl est une arnaque planétaire resucée d'une fête paienne, la fête des mères une invention pétainiste et Halloween un pur moment de délire malsain américain.

Après c'est à chacun de voir comment il doit réagir, et surtout pas au gouvernement de se poser en maître des bonnes manières de consomner.
Réponse de le 29/11/2019 à 11:29 :
Moi je pense au contraire que les soldes devraient être permises tout le temps.
a écrit le 28/11/2019 à 17:23 :
Entendre la clique des LAREM répudier le black friday, c'est à mourir de rire. J'attends avec gourmandise les phillipiques d'Edouard contre la marchandisation de Noël, les arnaques d'Halloween, et le hold up des fêtes des mères, des pères, des grands mères et la Saint valentin.

Que les ONG de "décroissants" s'insurgent contre les opérations commerciales, c'est dans leur génes et c'est logique.

Mais qu'un Macron (34 K€ de piscine, 150 K€ de salle de bain et de cuisine, 500 K€ de vaisselle....) vienne donner des leçons de sobriété, c'est insupportable.Ils doivent manquer d'électeurs mécontents et tiennent à se mettre à dos les commerçants et les esprit libres qui estiment être assez grand pour savoir ce qu'ils doivent acheter, où et quand.
a écrit le 28/11/2019 à 17:01 :
"acheter un produit uniquement parce qu'il est en promotion même s'il ne nous convient pas"
chez Lecl*, une fois, des rouges à lèvres en promo, une dame hésitait, la couleur ne lui plaisait pas d'après ce qu'elle disait à son mari, mais moins cher = affaire à faire, occasion à saisir. Bof, si c'est pour ne jamais l'utiliser... Quand y a des lots chocolat Lind* 72% avec 3ème gratuit je n'achète pas, 90% ou rien.
Le prix de référence, parfois, les commerçants, voire en ligne plutôt (?) prennent la valeur moyenne proposée voire supérieure constatée sur le marché global. On fait -20% de ce prix, c'est celui qu'on fait habituellement mais vous économisez 20% par rapport à aller chez un concurrent. Le Huffington avait constaté des hausses sur des tablettes qq semaines avant, pour mieux baisser le prix gonflé ensuite mais y a des sites web qui collectent les prix vs le temps, ça donne une meilleure idée (un peu comme les actions à la Bourse :-) ), sauf qu'ils ne collectent pas tout sur tout.
a écrit le 28/11/2019 à 16:19 :
Si on interdisait, si on faisait a guerre aux produits de mauvaise qualité je suis persuadé que cela suffirait largement à sauver la planète et son humanité. Mais au lieu de ça, les produits les plus mauvais car en plus d'êtres de mauvaises qualités, interdits à la vente en UE, donc qui sont en plus dangereux, on les retrouve à les gagner dans les fêtes foraines.

Rien que ça, c'est pas grand chose, mais nos politiciens semblent être encore moins.

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