C'est le chiffre qui a provoqué la colère des élus locaux : 16 milliards. Dans un courrier adressé lundi aux députés et aux sénateurs membres des Commissions des finances, Bruno Le Maire écrit que « l'augmentation extrêmement rapide des dépenses des collectivités territoriales (...) pourrait à elle seule dégrader les comptes 2024 de 16 milliards d'euros ». Et ce, sachant que, pour réduire le déficit, le gouvernement leur avait déjà demandé au printemps un effort de 2 milliards d'euros pour 2024.
Toujours est-il que cette phrase du ministre démissionnaire de l'Economie est très mal passée - c'est un euphémisme - auprès des principaux intéressés. Les élus n'ont pas hésité à le faire savoir en multipliant les communiqués de presse. Un concert de critiques auquel a participé hier le président (PS) de la commission des Finances du Sénat, Claude Raynal. « Un chiffre que nous n'avons pas encore », a lâché le parlementaire.
Tant est si bien que Bercy a fini par sortir de son silence pour se livrer à un exercice de débriefing dont le gouvernement sortant a le secret. Bruno Le Maire ne ciblait pas les élus locaux, mais les APUL, l'acronyme qui désigne les administrations publiques locales. C'est-à-dire les régions, les départements, les intercommunalités, les communes, mais aussi les centres communaux d'action sociale (CCAS), les caisses des écoles... Selon la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), elles représentent 20% de la dépense publique.