La fin du "quoi qu'il en coûte" n'est peut-être pas pour demain. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt ont présenté leur projet de loi de finances rectificative (PLFR) devant l'Assemblée nationale et le Sénat mercredi 2 juin après le conseil des ministres. Ce collectif budgétaire prévoit une rallonge de 15,5 milliards d'euros pour les mesures d'urgence par rapport au projet de loi de finances présenté en septembre 2020. Le prolongement des restrictions au cours des premiers mois de l'année 2021 et la mise en place du confinement au mois d'avril ont obligé l'exécutif à revoir sa copie budgétaire dans un contexte économique dégradé. "Ce PLFR est un texte de transition entre la protection maximale assurée pendant la crise et un retour à la normale. C'est la fin du 'quoi qu'il en coûte'. Il faut que cette transition se fasse de manière progressive. 95% de l'économie française tourne normalement" a déclaré Bruno Le Maire lors de son audition au Palais Bourbon mercredi après-midi.
Si les comptables de Bercy n'ont pas changé leurs prévisions de croissance pour 2021 à 5%, les chiffres décevants du produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre 2021 pourraient venir compromettre ces objectifs. "Il y a eu une révision de la croissance en 2020 à -7,9% contre -8,2%. Cette révision ne modifie pas la prévision de croissance à 5% en 2021 [...] Cette prévision de croissance à 5% repose sur un suivi fin de l'activité au cours du premier trimestre. L'activité des entreprises est soutenue par le déploiement du plan de relance, la consommation est ralentie par le confinement et le commerce extérieur reste négatif" indique l'entourage des ministres. Pourtant, l'acquis de croissance pour 2021, qui correspond à la croissance que l'on aurait fin 2021, si l'activité restait au niveau du premier trimestre jusqu'à la fin de l'année, ne cesse de se détériorer.