Mesures d'urgence : le gouvernement prévoit une rallonge de 15 milliards d'euros

Le projet de loi de finances rectificative qui a été présenté en conseil des ministres ce mercredi matin prévoit notamment 6,4 milliards d'euros supplémentaires pour l'activité partielle et 4 milliards d'euros pour la compensation des cotisations sociales. La dette devrait frôler les 117% du PIB à la fin de l'année, si la situation sanitaire continue de s'améliorer. A Bercy, on veut rester "sur une ligne prudente".
Grégoire Normand

5 mn

Ce collectif budgétaire intégrera également des annonces récentes du gouvernement, comme les 700 millions d'euros alloués au maintien des places d'hébergement d'urgence, 300 millions d'euros pour les indemnisations des agriculteurs touchés par le gel, 100 millions d'euros pour le Pass'Sport à destination des jeunes.
Ce collectif budgétaire intégrera également des annonces récentes du gouvernement, comme les 700 millions d'euros alloués au maintien des places d'hébergement d'urgence, 300 millions d'euros pour les indemnisations des agriculteurs touchés par le gel, 100 millions d'euros pour le "Pass'Sport" à destination des jeunes. (Crédits : Reuters)

La fin du "quoi qu'il en coûte" n'est peut-être pas pour demain. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt ont présenté leur projet de loi de finances rectificative (PLFR) devant l'Assemblée nationale et le Sénat mercredi 2 juin après le conseil des ministres. Ce collectif budgétaire prévoit une rallonge de 15,5 milliards d'euros pour les mesures d'urgence par rapport au projet de loi de finances présenté en septembre 2020. Le prolongement des restrictions au cours des premiers mois de l'année 2021 et la mise en place du confinement au mois d'avril ont obligé l'exécutif à revoir sa copie budgétaire dans un contexte économique dégradé. "Ce PLFR est un texte de transition entre la protection maximale assurée pendant la crise et un retour à la normale. C'est la fin du 'quoi qu'il en coûte'. Il faut que cette transition se fasse de manière progressive. 95% de l'économie française tourne normalement" a déclaré Bruno Le Maire lors de son audition au Palais Bourbon mercredi après-midi.

Si les comptables de Bercy n'ont pas changé leurs prévisions de croissance pour 2021 à 5%, les chiffres décevants du produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre 2021 pourraient venir compromettre ces objectifs. "Il y a eu une révision de la croissance en 2020 à -7,9% contre -8,2%. Cette révision ne modifie pas la prévision de croissance à 5% en 2021 [...] Cette prévision de croissance à 5% repose sur un suivi fin de l'activité au cours du premier trimestre. L'activité des entreprises est soutenue par le déploiement du plan de relance, la consommation est ralentie par le confinement et le commerce extérieur reste négatif" indique l'entourage des ministres. Pourtant, l'acquis de croissance pour 2021, qui correspond à la croissance que l'on aurait fin 2021, si l'activité restait au niveau du premier trimestre jusqu'à la fin de l'année, ne cesse de se détériorer.

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6,4 milliards d'euros pour l'activité partielle

Parmi les principales mesures d'urgence communiquées par l'entourage des ministres, l'activité partielle représente la plus grosse enveloppe (6,4 milliards d'euros). Ce dispositif est à nouveau monté en puissance au mois d'avril au moment du confinement avec la fermeture des écoles, des crèches et des activités non-essentielles. Les derniers chiffres du ministère du Travail montrent que 2,7 millions de salariés du secteur privé ont été placés en chômage partiel au mois d'avril. Ils étaient 2,4 millions en mars 2021, soit une hausse de 13% sur un mois. Au plus fort de la crise au printemps 2020, près de 9 millions de salariés avaient été concernés par le chômage partiel, et en novembre 2020, lors du deuxième confinement, ils étaient 3,1 millions. La prise en charge du chômage partiel par l'Etat et l'Unedic devraient cependant diminuer jusqu'au mois d'août.

"Les aides deviennent ciblées et dégressives. Nous estimons que certains secteurs et entreprises ont encore besoin d'un soutien budgétaire de la nation. Il faut que le retrait des aides soit progressif pour que la fin du quoi qu'il en coûte se passe sans heurt" a ajouté Bruno Le Maire devant les élus de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

La compensation des exonérations de cotisations sociales représente la seconde plus grande enveloppe de ce budget rectificatif (4 milliards d'euros). Arrivent ensuite, le fonds de solidarité (3,4 milliards d'euros), les provisions sur dotation pour dépenses accidentelles et imprévisibles (1,5 milliard d'euros). Des dépenses supplémentaires concernant l'hébergement d'urgence ou les aides aux agriculteurs ont été également été inscrites dans les documents budgétaires.

"Ce PLFR doit permettre le rechargement des dispositifs d'urgence. Ce budget doit faciliter la sortie de crise et l'accompagnement vers la levée des mesures d'urgence. Cette recharge comprend les exonérations de charges sociales, l'activité partielle et le fonds de solidarité. Le rechargement est calibré sur une prévision technique de la sortie des aides que l'on peut prévoir aujourd'hui" précise le cabinet d'Olivier Dussopt.

Plan de relance : pas de recalibrage mais un redéploiement

Le prolongement de la pandémie et la brutalité de la crise économique ont amené plusieurs économistes à demander un recalibrage du plan de relance de 100 milliards d'euros annoncé en septembre 2020. Au sein du gouvernement, Bercy n'a pas plaidé pour un gonflement de cette enveloppe. "Le plan de relance de 100 milliards a été bien calibré. Après quelques mois, des redéploiements sont nécessaires à hauteur de 500 millions d'euros. Certains de ces redéploiements vont aller vers l'industrie du futur" indique l'entourage du ministre des Comptes publics. Pourtant, le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé un deuxième étage de ce plan de relance lors d'une interview accordée à la presse régionale il y a quelques semaines.

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Un déficit record

Cette rallonge de l'enveloppe budgétaire 2021 fait exploser les compteurs du déficit qui devrait passer de 8,5% du produit intérieur brut à 9,4%. "Le fait que nous ayons un déficit plus important en 2021 par rapport à 2020 tient au fait que nous avons cette année à la fois les mesures de protection et à la fois les mesures de relance" indique le ministère des Finances. Au final, la dette devrait frôler les 117% du PIB à la fin de l'année 2021 si la situation sanitaire continue de s'améliorer. A Bercy, on veut rester "sur une ligne prudente. L'OCDE table sur une croissance de 5,8% et la Commission européenne prévoit 5,7%. Les aléas restent significatifs. Le premier aléa est sanitaire."

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Grégoire Normand

5 mn

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Commentaires 16
à écrit le 03/06/2021 à 6:42
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Ce gouvernement fuite en avant ou politique de la terre brûlée?

à écrit le 02/06/2021 à 13:28
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que le pouvoir stop ces critiques envers ceux qui pense a droite il serait plus judicieux d'ecouter les francais et de faire le job car si les francais vont vers le droite c'est que ceux en place ne font pas leur travail correctement ou ne font...

à écrit le 02/06/2021 à 10:48
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On se demande vraiment pourquoi cette caricature de parlement vote un budget; y a-t-il eu une année où on ne l'a pas réuni pour voter un correctif? Cela confirme que notre Education Nationale est incapable de former l'Elite capable de de gérer correc...

à écrit le 02/06/2021 à 10:03
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Un ménage dont le compte bancaire est durablement dans le rouge,risque un refus de sa banque d'honorer ses chèques ou CB. Idem pour notre pays, le réveil après les élections présidentielles va être très douloureux pour les français.

à écrit le 02/06/2021 à 9:50
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Opération "Titanic". Jamais gouvernement aura été aussi mauvais dans la gestion de l'argent public! Jamais Ministre depuis Jacques Coeur n'aura été aussi en dehors des clous! L'Etat est devenu l'ennemi de la Nation!

à écrit le 02/06/2021 à 8:56
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Avec ses arrosages électoraux en 2022 MACRON va nous laisser la FRANCE en ruine avec LA COMPLICITE DE BRUXELLES QUI FAIT LA BETISE de mutualiser la dette

à écrit le 02/06/2021 à 8:43
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la facture du quoi qu'il en coute, ca sera apres 2022.........elle va rigoler, lepen, quand elle aura ete elue!

à écrit le 02/06/2021 à 8:34
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Visiblement la dette qui imposait que les salariés se saignent sans arrêt pour elle travaillant toujours plus pour gagner toujours moins dans de toujours plus mauvaises conditions, qui a démantelé les services publics, qui a imposé un régime policier...

à écrit le 02/06/2021 à 8:00
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Il n'y a pratiquement plus une journée où on ne parle pas de distribution d'argent gratuit. Plus le temps passe, et plus j'ai la conviction que cette politique d'assouplissement quantitatif ne prendra jamais fin. Ce que l'opinion publique ne semble p...

le 02/06/2021 à 8:34
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@ Charlie. Le francais lambda possede une memoire de poisson rouge ( pardon les poissons ), a cela, ajoutez une culture crasse de l'economie, et ne vous etonnez plus. Si vous avez l' occase apres cette foutue comedie liee au corona, venez en Asie con...

le 02/06/2021 à 9:12
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Je poursuis le développement : Comprendront que ce sont eux qui vont payer, tout est dans le bouquin du davosien Schwab et ça s' appelle la confiscation de la propriété privée et des avoirs, soit le communisme 2.0.. Frexit,...

le 02/06/2021 à 9:18
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@reponse de matin calme !!!Il faut déjà avoir envie d'habiter en Asie, entre autres dans la dictature Stalino Communiste Chinoise et ensuite pour faire "fructifier" son argent, il faut avoir de l'argent, ce qui n'est le cas que pour une fraction inf...

à écrit le 02/06/2021 à 7:45
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Quand on compare les chiffres eco et sanitaires france/suede/allemagne on se dit qu'on a vraiment ruiné le pays pour rien. Bravo Juju.

à écrit le 02/06/2021 à 4:52
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Et pendant ce temps, on reduit les lits dans les HP. En 22 reflechissez avant de voter pour l'actuel monarque en manque de reconnaissance.

à écrit le 01/06/2021 à 22:49
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Et l'Europe ne dit rien? c'est fini dans les autres pays les aides mais bon, il faut sauver le soldat Macron de la méchante Marine Le Pen. Alors, on va arroser, toujours les memes qui n'en ont pas besoin... mais il faut qu'ils votent bien. On paiera ...

le 02/06/2021 à 9:29
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@ jean Luc On dira que Madame le Pen..."On" ne dira rien du tout parce que le FN n'arrivera jamais au pouvoir, parce que les Français ont malgré tout la conscience qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner avec ces gens là. Fondamentalement, ce parti re...

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