"Choose France" : Macron en opération séduction devant les chefs d'entreprise

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Le président Emmanuel Macron a vanté les mérites de la France et tenté de rassurer les investisseurs étrangers.
Le président Emmanuel Macron a vanté les mérites de la France et tenté de rassurer les investisseurs étrangers. (Crédits : REGIS DUVIGNAU)
Emmanuel Macron a réuni ce lundi plus de 150 chefs d'entreprise, dont de nombreuses multinationales, au château de Versailles (Yvelines) pour les convaincre d'investir en France malgré la crise des "Gilets jaunes".

Emmanuel Macron et son gouvernement ont vanté, lundi 21 janvier, l'attractivité économique de la France devant 150 grands patrons du monde entier réunis au château de Versailles, à l'occasion du 2e sommet "Choose France", choisissez la France. Parmi eux ,étaient par exemple présents les numéros un - ou exceptionnellement d'autres dirigeants - de Microsoft, Uber, Snap, Ikea, Cisco, Procter & Gamble, General Electric, JPMorgan , HSBC, Allianz, Bayer, BMW , Daimler, Fujitsu ou encore Toyota Motor . Objectif de l'opération : rassurer les milieux d'affaires, en pleine crise des "gilets jaunes".

Aussi, après des semaines de manifestations et de violences, le chef de l'Etat a assuré ces chefs d'entreprise de sa volonté de continuer à réformer son pays, tout en écoutant les revendications des Français. En ce jour anniversaire de la décapitation du roi Louis XVI, le président est revenu sur le destin tragique de ce monarque et de son épouse Marie-Antoinette. "S'ils ont connu une telle fin, c'est parce qu'ils ont renoncé à réformer", a-t-il déclaré, selon l'Elysée.

600 millions d'euros d'investissements

Le chef de l'Etat est ensuite longuement revenu sur son agenda de réformes, passées et à venir, avant un échange en anglais avec ses hôtes. Des décisions d'investissements représentant plus de 600 millions d'euros ont été dévoilées à l'occasion de ce deuxième sommet "Choose France", et d'autres devraient être rapidement actées, a annoncé la présidence de la République.

Le chef de l'Etat est ensuite longuement revenu sur son agenda de réformes, passées et à venir, avant un échange en anglais avec ses hôtes. Le président s'est dit "heureux de les avoir rassemblés pour confirmer que la France est sur les rails des réformes", rappelant les secteurs déjà concernés et ceux à venir : Etat et action publique, assurance chômage et retraites notamment. Il a aussi appelé de ses voeux un changement culturel en France, "pays d'innovation, de création", où "nous avons besoin de plus de personnes prêtes à prendre des risques".

Allez de l'avant

Alors qu'Emmanuel Macron bénéficiait d'un bilan largement applaudi par les milieux économiques internationaux l'an dernier, les violences des dernières semaines ont fait naître des interrogations. Rien à voir, veut cependant croire la présidence, avec l'incertitude liée au Brexit au Royaume-Uni, où les Français ont ciblé 30 à 50 entreprises - dans l'automobile ou la pharmacie notamment - qu'ils espèrent voir investir en France pour atténuer l'impact de la sortie du pays de l'Union européenne. La présidence avait reconnu la semaine dernière qu'"on est dans un moment du quinquennat qui, sur le plan national, est plus difficile et qui nécessite une explication". A Versailles, Emmanuel Macron a décrit les manifestants comme "des gens qui contribuent, qui paient des impôts mais qui ne voient pas de progrès pour eux-mêmes". A ses yeux, "bâtir un projet de société inclusif" reste la question-clé. "Si nous ne le faisons pas, notre modèle de société va s'effondrer", a-t-il prévenu.

La contestation sociale n'était pas totalement absente à Versailles lundi, puisqu'une manifestation à l'appel de la CGT a rassemblé environ 400 personnes non loin du château, selon une source policière, et huit personnes ont été interpellées, dont cinq "gilets jaunes" pour "port de masques et banderoles", qui ont été entendus en audition libre avant d'être rapidement relâchés. Mais pour Sébastien Gendron, le président français de TransPod, le mouvement des "gilets jaunes" peut aussi être "une opportunité fantastique", qui "adresse des problématiques qui étaient déjà présentes depuis plusieurs années", comme la fiscalité ou les questions administratives. "Je pense qu'on a l'exécutif qu'il faut pour gérer ces problématiques", a-t-il estimé.

Rassurer les investisseurs étrangers

"Les patrons étrangers ne sont pas inquiets", a quant à lui martelé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. "Ils viennent ici pour la deuxième année, pour cet événement qui marque l'attractivité retrouvée de la France". Or, "cette attractivité est décisive pour les Francais, vous ne pouvez pas réussir si vous n'attirez pas à vous les investissements étrangers."

"Ce que souhaitent les milliers de Francais qui ont manifesté, c'est d'avoir du travail. Ca ne se trouve pas sous le pas d'un cheval, il faut des investissements, que des entreprises viennent, ouvrent de nouveau sites de production", a encore exposé le ministre.

Plusieurs groupes ont joué le jeu des annonces d'investissements. Parmi les plus notables cette année figure celui annoncé par le fabricant chinois de défibrillateurs et pacemakers Microport : 350 millions d'euros vont être consacrés sur cinq ans à l'agrandissement de son centre de recherche et développement à Clamart (Hauts-de-Seine). Cisco va développer son centre d'innovation à Paris, tandis que Microsoft va accentuer son effort dans l'intelligence artificielle en accueillant 100 ingénieurs de classe mondiale à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Adecco ou McKinsey lancent pour leur part d'ambitieux plans de recrutement, de 10.000 personnes en 2019 pour le spécialiste du travail temporaire et d'une centaine de consultants par an pendant trois ans pour le cabinet de conseil.

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Commentaires
a écrit le 23/01/2019 à 9:34 :
Du show, du vent comme il sait si bien faire
a écrit le 23/01/2019 à 7:20 :
Jupiter vrp chez gilets jaunes 4€ le gilets Madin 🇫🇷 france 👘👘👘👘🐥🇩🇪
a écrit le 22/01/2019 à 15:14 :
Ne pas oublier qu’il y a 5 millions de jobs à créer dans ce Pays, et ce n’est une réunion à Versailles par an qui va résoudre le problème !!! Il faudrait peut être que le Président s’active un peu plus.....
Réponse de le 22/01/2019 à 16:10 :
Déjà que les fainéants qui refusent un travail le prennent et il n'y aura pas 5 millions de jobs à créer , charlot !
a écrit le 22/01/2019 à 14:59 :
Attirer les entreprises étrangères est louable, le président de la start-up nation est dans son film " France is back ". Mais dans la compétition fiscale (le moins disant) voulue par l'UE, les entreprises étrangères comme le lobby E.R.T., peuvent imposer leurs conditions d'installation. Un dumping fiscal qui impacte les filiales des entreprises étrangères quand celles ci n'investissent plus localement ou partent (avec profits pour les actionnaires): Vu, Ford à Blanquefort après avoir reçu des millions de financement public ? Sans parler de l'évasion fiscale de ces entreprises comme Google et autres Mais attention l'UE réfléchit à taxer. Non sérieux ? A Versailles, le roitelet républicain cite la fin tragique de Louis XVI et de son épouse parce qu'ils ont renoncé à réformer ! Le faux débat national qu'il initie en ce moment l'expose pourtant moins à cette fin .
a écrit le 22/01/2019 à 14:10 :
D'une part ces spots ridicules, de l'autre il tout fait pour empecher à un acheteur étranger (européen) tel que Fincantieri de gérer des chantiers qu'il a pourtant payé un pognon de dingue (à des sud-coréens)

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