En pleine crise des "gilets jaunes", Bruno Le Maire alerte sur les inégalités

A la veille d'un événement organisé au ministère de l'Economie en compagnie de Melinda Gates, Bruno Le Maire a mis l'accent sur les effets néfastes des écarts de richesse. Reste à savoir comment le gouvernement va s'attaquer à ce sujet dans les prochains alors que la France va présider le G7 finances dédié aux inégalités.
Grégoire Normand

5 mn

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. (Crédits : Reuters)

"L'Europe bascule, le capitalisme bascule, les technologies basculent, c'est un moment où le politique est plus que jamais nécessaire." Dans le contexte du ralentissement de l'économie mondiale et de la montée des populismes, Bruno Le Maire a tiré la sonnette d'alarme ce lundi matin. "Nous pensons que la croissance française reste robuste mais le refus croissant des inégalités et des injustices liées au capitalisme est de plus en plus visible", a expliqué le ministre de l'Economie devant plusieurs journalistes.

Empêtré dans la crise des "gilets jaunes", le gouvernement peine à trouver des solutions pour tenter d'apaiser la colère des manifestants. En dépit des annonces du 10 décembre dernier, destinées à soutenir les travailleurs autour du SMIC et des retraités ayant des bas revenus, et le lancement du grand débat la semaine dernière, près de 84.000 personnes ont encore défilé ce week-end sur l'ensemble du territoire français selon des chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur. A la veille des rendez-vous de Bercy organisés dans les locaux du ministère et intitulés "Redéfinir le capitalisme au XXIème siècle. Plus de richesses, moins d'inégalités", le ministre tente de rassurer au moment où le président de la République reçoit plus de 120 patrons à Versailles dans le cadre de l'événement "Choose France".

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Alerte sur les inégalités

Les débats sur les inégalités se multiplient en ce début de semaine. Alors que le sommet de Davos s'ouvre ce mardi 22 janvier en Suisse, l'organisation non-gouvernementale (ONG) Oxfam vient de publier un rapport dénonçant "le fossé entre les plus riches et les plus pauvres qui a continué de se creuser dans le monde." Quelques heures auparavant, l'ONG Attac avait rendu public un rapport sur les groupes du Cac 40 et leur bilan en termes d'emplois supprimés, d'impôts contournés ou encore de pollution.

Lire aussi : Rapport Oxfam : 26 milliardaires détiennent autant d'argent que la moitié de l'humanité

Face à ces signaux d'alerte, le locataire de Bercy indique "qu'il est nécessaire de défendre notre vision du capitalisme. Il y a une place pour une vision française et européenne du système capitaliste". A l'approche du sommet G7 finances que la France doit présider au mois de juillet prochain à Biarritz, l'ancien ministre de l'agriculture a énuméré les quatre priorités du gouvernement :

D'abord, "construire une fiscalité du XXIème siècle qui doit permettre de financer des biens publics et une justice." Il a notamment insisté sur la nécessité d'une taxation des géants du numérique en mentionnant les noms des pays européens qui refusaient encore d'appliquer une telle fiscalité. "Il s'agit de la Suède, la Finlande, le Danemark et l'Irlande." Il a également expliqué qu'il avait appelé récemment le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, lui rappelant qu'il ne voulait pas simplement "cibler les entreprises américaines mais aussi les géants asiatiques (BATX, Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi)". Pour les questions de fiscalité, il a plaidé "pour un passage d'un vote à l'unanimité à un vote à la majorité qualifiée au sein de l'Union européenne", pour éviter de nombreux blocages.

Deuzio : mettre en place "une imposition minimale" pour les entreprises qui ont implanté leur siège dans des paradis fiscaux. "Ce sont les plus grandes entreprises qui échappent à l'impôt. L'impôt minimal permet de réduire ces contournements". A l'automne dernier, le ministre allemand des finances Olaf Scholz avait plaidé également pour la mise en oeuvre d'un tel dispositif. "Une telle initiative serait un prolongement du mécanisme de l'OCDE de lutte contre l'érosion de la base d'imposition et le transfert de bénéfices (BEPS)", soulignait l'agence Reuters.

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Troisièmement "limiter la concentration capitalistique". Sur ce sujet, le ministre a fait référence à certaines entreprises qui réalisent des capitalisations boursières record "à plus de 600, 700 voire 1.000 milliards de dollars". Sans directement la nommer, le ministre faisait référence au géant Apple qui avait franchi la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars l'été dernier. Enfin, la réduction des inégalités à l'intérieur des pays développés. M. Le Maire a appelé à construire des outils communs entre tous les pays pour faciliter les comparaisons.

Bruno Le Maire défend l'attractivité de la France

Comme l'année dernière, Emmanuel Macron a réuni ce lundi 21 janvier environ 150 patrons pour faire la promotion des investissements en France. C'est l'occasion pour le Président de la République de rassurer sur ses projets de réformes en dépit de la crise des "Gilets jaunes". Plusieurs groupes doivent ainsi faire des annonces à l'issue de ce sommet. En amont, Bruno Le Maire a rappelé que l'objectif de "Choose France" était de renforcer l'attractivité de la France. "En 2017 et 2018, 1.300 décisions d'investissement ont été prises chaque année. Ce qui représente 34.000 emplois", a souligné M.Le Maire.

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Il en a profité pour rappeler la volonté du gouvernement de poursuivre les réformes de l'assurance-chômage, des retraites et de la fonction publique. Alors que la colère des "gilets jaunes" se poursuit, l'ambiance a bien changé en un an. L'essoufflement de la croissance, le ralentissement des créations d'emplois et les moindres performances économiques de voisins comme l'Allemagne pourraient compliquer les ambitions du gouvernement "qui a besoin de renforcer la construction de l'Union européenne", selon M. Le Maire. A quelques mois des élections européennes, l'avenir économique du continent paraît s'assombrir.

Grégoire Normand

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Commentaires 12
à écrit le 23/01/2019 à 10:43
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Ils y a un problème avec les g j comme avec macron LeS revalorisation smic ok taxes ok primes activités si ils travail si non riant d ont tout jours plus pauvres une perte de temps ?

à écrit le 22/01/2019 à 21:14
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Bien sur que c'est choquant l'écart de richesse, mais il vient de l'écart de revenu.

à écrit le 22/01/2019 à 9:55
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je vous alerte sur le fait que l'essence et le gasoil grimpe à la pompe le gouvernement se débrouille pour nous posséder t s'il y en a un qui enfume c'est bien bruno lemaire reprenez sa campagne présidentielle vous n'allez pas être déçu de ses contr...

à écrit le 22/01/2019 à 8:08
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Si au lieu de comparer les écarts de 1à 8 entre les 20% de plus riches et les 20% de plus pauvres qui baissent de 1à 4 après impôts on comparait les écarts entre les 0,1% de plus riches et les 0,1% de plus pauvres on verrait qu'ils sont de 1 à 1000 e...

à écrit le 22/01/2019 à 7:31
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une réforme si elle veut être partagée doit partir du haut et pas du bas , tout l'inverse de notre exécutif ; Le Maire semble redécouvrir le fil à couper le beurre (le beurre est jaune !)

à écrit le 22/01/2019 à 0:23
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Accrochez vos ceintures les loulous, Le Maire est prêt à réduire les inégalités, l’injustice sociale et dire adieu à la salade en sachet dans le supermarchés.

à écrit le 21/01/2019 à 20:01
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Il a juste un à deux mois de retard. Il vaut mieux se taire que de sortir des évidences pour se discréditer. Si le gouvernement veut vraiment redresser la situation, il doit se mettre dans l'action, et pas faire le benêt qui découvre avec 2 mois ...

à écrit le 21/01/2019 à 18:36
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En ce moment même Macron reçoit avec tous les honneurs 124 patrons des grosses boites mondiales au château de Versailles,comme l'année dernière et peut être l'année prochaine s'il est encore président. Et ce n'est pas de limitation capitalistique ...

à écrit le 21/01/2019 à 17:55
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C'est l'état Républicain et ses règles qui confisquent à chaque citoyens la possibilité de s'épanouir et de vivre correctement . Seul le haut du panier prospère depuis des décennies de père en fils amassant le produit du travail . Faudrait peut-être ...

le 21/01/2019 à 18:46
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Pas de République, bon, mais que proposez vous ?

à écrit le 21/01/2019 à 17:32
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Voilà encore un autre signe validé de la décadence française , 30 ans après la chute du mur de Berlin et l'implosion du paradis des socialistes ,de vouloir transformer politiquement les différences naturelles , en inégalités sociales..!

à écrit le 21/01/2019 à 16:32
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"Deuzio : mettre en place "une imposition minimale" pour les entreprises qui ont implanté leur siège dans des paradis fiscaux." Ho la vache comme ça pue la défaite ça ! Ouhaou quel bilan oligarchique désatreux... Notez pas contre comme on par...

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