Pour réduire le déficit commercial, la France dispose de deux leviers : le redressement de la compétitivité prix et surtout hors-prix des produits made in France, et la diplomatie économique. Selon Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères, le regroupement au sein du Quai d'Orsay du secrétariat au Commerce extérieur historiquement logé à Bercy devait permettre de soutenir la conquête par les entreprises françaises des marchés étrangers.
Lors du dernier remaniement, en avril, François Hollande, le président de la République a voulu tenter le pari proposé par son chef de la diplomatie, au risque de froisser Arnaud Montebourg, nommé ministre de l'Economie. Avec cette manœuvre, le chef de l'Etat a fait une pierre deux coups : redresser les exportations tout en rééquilibrant les pouvoirs et les influences au sein de son gouvernement, appliquant à la lettre la maxime selon laquelle il faut diviser pour mieux régner.
Las, quatre mois plus tard, la balance commerciale reste désespérément dans le rouge. Après avoir accusé un déficit de 4,1 milliards d'euros en avril, la balance commerciale affiche un trou de 4,9 milliards d'euros en mai. Sur l'ensemble de l'année, le déficit s'élève à 23,1 milliards d'euros, les exportations ayant reculé de 0,2% entre mai 2013 et mai 2014.
Bien sûr, la diplomatie économique ne peut avoir des effets immédiats. Il a d'abord fallu à Fleur Pellerin, nommée secrétaire d'Etat au Commerce extérieur le temps de trouver ses marques au Quai d'Orsay, ce qui, selon certaines sources proches du dossier, ne se serait pas fait dans la sérénité la plus totale. Entre Fleur Pellerin, l'ancienne ministre chargée de l'Innovation habituée aux créateurs de start-up, et le monde feutré et policé des ambassadeurs, un temps d'adaptation et d'apprentissage des codes a été nécessaire.
Reste que ce retard à l'allumage aurait dû être compensé par la rapidité avec laquelle Laurent Fabius a composé son équipe de « représentants spéciaux pour la diplomatie économique ». Nommés en décembre 2013, ces personnalités ont pour mission de développer des relations économiques bilatérales avec des partenaires-clé avec lesquels ils entretiennent des relations privilégiées. Ainsi, Martine Aubry a été nommée représentante pour la Chine, Jean-Pierre Chevènement pour la Russie, Jean-Pierre Raffarin pour l'Algérie, Alain Richard, le sénateur PS du Val d'Oise et ancien ministre de la Défense pour les Balkans, Paul Hermelin, le PDG de Cap Gemini proche de François Hollande, pour l'Inde, Jean-Charles Naouri, le PDG du groupe Casino, pour le Brésil, Philippe Faure, diplomate, pour le Mexique et Pierre Sellal, diplomate, pour les Emirats arabes unis avant que celui-ci ne soit nommé en juin représentant permanent de la France auprès de l'Union européenne.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Après avoir retiré 0,2 point de PIB à la croissance au premier trimestre, le commerce extérieur ne devrait pas venir en soutien de la consommation pour tirer l'économie française cette année. En effet, les prévisions de l'Insee ne sont guère rassurantes puisqu'elle vise une contribution nulle du commerce extérieur à la croissance. A ce rythme, le déficit commercial devrait franchir une fois la barre des 60 milliards d'euros, proche des 61,2 milliards d'euros observés en 2013.
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »
Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026
🔴 Déficit commercial, production industrielle, transparence salariale… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 5 juin
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles