Contrats aidés à la sauce Macron : un bilan en demi-teinte

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À la fin de l'année 2018, le nombre de bénéficiaire de contrat aidé a baissé de 46% et atteint 139.000 personnes.
À la fin de l'année 2018, le nombre de bénéficiaire de contrat aidé a baissé de 46% et atteint 139.000 personnes. (Crédits : Reuters)
Les jeunes peu qualifiés sont les principaux touchés par la réduction du nombre de contrats aidés, qui ont chuté de 54% en 2018 après déjà 36% en 2017, selon une étude de la Dares, le service statistiques du ministère du Travail, publiée vendredi. Le taux d'insertion professionnelle des nouveaux contrats aidés s'est néanmoins amélioré.

Selon une étude réalisée par le ministère du Travail publiée ce vendredi 15 novembre, la baisse du nombre de bénéficiaires de contrats aidés s'est traduite par une hausse marquée du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi et des destructions d'emplois. La décision d'Emmanuel Macron de diminuer drastiquement le nombre de contrats aidés avait soulevé une bronca dans le secteur associatif, le milieu scolaire et certaines collectivités notamment.

Plusieurs élus ont tiré la sonnette d'alarme sur les risques d'une telle diminution. Dans un rapport parlementaire rendu public en 2018, les sénateurs Alain Dufaut (Les Républicains) et Jacques-Bernard Magner (Parti socialiste) expliquaient notamment que la poursuite d'objectifs contradictoires nuit à l'efficacité du dispositif.

"Les conséquences sur les individus ont été d'autant plus dramatiques que la décision de limiter le volume des contrats aidés pour 2017 et pour 2018 à un niveau très largement inférieur à celui qui avait été atteint pendant toute la législature précédente n'a pas pu être anticipée [...] du jour au lendemain, des milliers de personnes ont de nouveau basculé dans la précarité."

Depuis 2017, le gouvernement a mis en place un nouveau type de contrat : le parcours emploi compétences (PEC) assorti d'exigences renforcées en matière de formation.

124.000 demandeurs d'emploi supplémentaires à court terme

Le nombre de bénéficiaires de contrats aidés a considérablement diminué depuis 2017 avec 261.000 contrats en moins sur deux ans dans le secteur non marchand. Les répercussions sur l'emploi sont spectaculaires. Le services de statistiques du ministère évalue les destructions de postes à 171.000 en 2017 et 2018. En parallèle, la liste des demandeurs d'emploi s'est envolée avec 124.000 inscriptions supplémentaires en catégorie A dans les fichiers de Pôle emploi. "Selon les dispositifs, une part plus ou moins importante des embauches n'aurait pas eu lieu sans l'aide de l'Etat" rappelle l'auteure de l'étude. Les conséquences d'une baisse du coût du travail auraient "un impact très important sur les créations d'emploi [...] un contrat pris en charge à 50 % induira la création de 0,5 emploi à court terme".

Le taux de prise en charge des contrats aidés par l'Etat a ainsi grandement diminué entre 2017 et 2018 passant de 64,2% à 51,5%, en prenant en considération toutes les catégories de dispositifs. Pour les anciens contrats CUI-CAE (contrat d'accompagnement dans l'emploi) transformés en parcours emploi compétence, la dégringolade est encore plus marquée, passant de 72,5% à 51,2%. Dans le même temps, la durée moyenne des contrats a baissé passant de 11,9 mois à 10,9 mois sur la même période.

Une meilleure insertion professionnelle à moyen terme

L'année dernière, le taux de retour à l'emploi des personnes sorties de contrats aidés a progressé par rapport à 2017. L'examen des trajectoires des anciens bénéficiaires de contrats aidés montre notamment que le chômage a baissé de 3 points (43% en 2017 contre 40% en 2018) pour les anciens titulaires d'un CUI-CAE. "Ainsi, 53 % des personnes sorties d'un CUI-CAE, 73 % de celles sorties d'un CUI-CIE, 61 % de celles sorties d'un emploi d'avenir non marchand et 70 % de celles sorties d'un emploi d'avenir marchand sont en emploi six mois après la fin de leur contrat".

Les principaux facteurs qui sont avancés pour expliquer cette meilleure insertion sont d'abord conjoncturels. En 2017 et 2018, la plupart des indicateurs relatifs à l'emploi sont au vert comme le rappelle une enquête de l'Insee intitulée "Une photographie du marché du travail en 2018". Le chômage a diminué pour toutes les catégories d'âge et de diplôme sur cette période. De son côté, le chômage de longue durée a également continué de reculer alors qu'il avait augmenté entre 2008 et 2016. Il faut rappeler qu'en 2017 et 2018, le produit intérieur brut (PIB) tricolore a progressé respectivement de 2,3% et 1,7%.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2019 à 23:31 :
Il faut supprimer ces emplois aidés, ils sont contre-productifs et limitent les embauches des personnels compétents et travailleurs.
a écrit le 18/11/2019 à 17:43 :
Pendant ce temps :

Selon une enquête dévoilée lundi 18 novembre 2019, de plus en plus de travailleurs précaires avec un faible revenu, dorment dans le métro parisien. Dans le détail, ce sont majoritairement des hommes seuls (82%), francophones, âgés de 46 ans en moyenne. Les sans-abri du métro parisien sont de plus en plus nombreux à avoir un emploi. Selon l'enquête menée de décembre 2018 à août 2019 par la RATP et l'observatoire du Samu social de Paris, un tiers déclarent avoir des revenus : pour 20% d'entre eux tirés du travail, 6% de leur retraite et 3% du chômage. « Le public a changé, en particulier avec l'augmentation de la part des travailleurs précaires, qui font un autre usage du métro. Ils y passent la nuit mais travaillent la journée, ou l'inverse », explique Odile Macchi, sociologue à l'observatoire du Samusocial, qui a mené l'enquête de terrain.

On trouve également de plus en plus de jeunes retraités qui, avec la baisse de leurs revenus, ont perdu leur logement, de jeunes en rupture familiale et des personnes malades, la présence de ces dernières étant liée « au phénomène de saturation des établissements hospitaliers », explique la spécialiste.
Réponse de le 19/11/2019 à 10:12 :
Et aucun n'est sur les ronds-points, faut croire que les plus malheureux continuent à travailler pour gagner leur vie plutôt que de tendre la main !
a écrit le 18/11/2019 à 15:46 :
Encore un "pognon de dingue" foutu en l'air pour des sous-doués, le Macron a décidément des expression prémonitoires. Force est de reconnaitre que tout ce qu'il touche avec ses malfrats part en mayonnaise ratée..
a écrit le 18/11/2019 à 12:52 :
"La sauce Macron" est une expression très négative voire peu respectueuse du respect de la fonction présidentielle, quand on écrit au sujet de l'action d'un président de la république et qu'on est journaliste, on n'est pas obligé de reprendre le pire des réseaux sociaux.
Réponse de le 18/11/2019 à 13:55 :
Le culte du chef (à costume) à son comble!

Il manquerait plus qu'on lui décroche le portrait, il faudrait alors mobiliser les services de police et de justice pour sauver l'honneur du chef de clan!
Réponse de le 18/11/2019 à 15:33 :
24 yeux crevés, 5 mains arrachées, des milliers de tirs par arme de guerre LBD, par la milice de sa sérénissime macron I, des milliers de personnes condamnées par un parquet aux ordres, des lois sociales et du travail détruites, une retraite en voie de privatisation, un massacre du droit des chômeurs, bientôt la privatisation de l'eau, la destruction de l'ONF et vous parlez de politesse ?
la sacralisation d'un pouvoir est la fin de la démocratie, la sacralisation d'une personne s'appelle la dictature ou la religion ou la monarchie et vous savez comment peuvent finir les monarques.....
Réponse de le 18/11/2019 à 15:44 :
à makhno,
la fin de la démocratie c'est quand on empêche pas les casseurs de nuire. François Fillon n'a pas manqué de dire que s'il avait été au pouvoir, l'épisode gilet jaune n'aurait pas duré aussi longtemps et qu'il aurait fallu être bien plus autoritaire.
Rétrospectivement, on peut penser qu'il a raison et que l'on ne peut pas laisser 30 000 casseurs prendre la France en otage car objectivement la dictature de l'Extrême-Gauche ce sont les français paisibles qui la subissent.
Réponse de le 18/11/2019 à 18:06 :
@Éric,

M. Fillon il l’a dit où et quand ?
En Suisse , assis au chaud entre deux chaises ?
M. Fillon porte une grande responsabilité de ce qu’il se passe en France , y compris ses collègues de l’époque.
a écrit le 18/11/2019 à 12:11 :
Bonjour,

Il faut arrêter de se tirer sur les pattes quand l’intérêt concerne les jeunes :

Le travail aide est précaire est nul , il faut l’améliorer et proposer aux jeunes des contrats d’alternance en 3 ans :
1) apprendre à être et connaissance
2) un métier
3) un diplôme + 3 expérience

Voilà ce cadre est le meilleur pour ces jeunes pour «  affronter » cet avenir incertain

Je demande aux politiques ( de tous bords)de «  la fermer «  et œuvrer pour l’intérêt des jeunes et tout ça avec tous mes respects cordiaux.
Réponse de le 18/11/2019 à 13:56 :
Il faudrait d'abord cesser la destruction de l'école et notamment des lycées pros.
Réponse de le 18/11/2019 à 19:36 :
Le problème des emplois aidés, c'est que par définition, ils ne peuvent régler le défaut de connaissances des us et coutumes de notre société qui empêche les jeunes type "banlieue" de trouver un travail. Pourquoi ? Parce que ces jeunes des cités parlent mal, se tiennent mal... et ils se retrouvent dans des associations de gens cools qui parlent plus ou moins comme eux ou dans des établissements scolaires auprès de jeunes comme ou pire qu'eux... Pour travailler dans les champs, dans les usines, sur les routes ou les chantiers, leurs collègues les supporteraient et les remettraient bien vite dans le rang, mais ces jeunes cherchent des emplois de bureau, de commerce ou d'aide à la personne, lieux où les autres apprécient une ambiance "feutrée"... Comme me disait un jour, une recruteuse d'une agence intérim, certains jeunes sont si peu insérés dans notre société qu'ils perdent toute chance d'obtenir un emploi rien qu'à leur façon d'attendre 10 minutes leur tour pour passer un entretien... A 18-22 ans, attendre sagement assis sans bruit sur une chaise pendant 5 à 10 minutes devrait être réalisable. Ils peuvent hurler au racisme, au sexisme et au x.y. ou z.isme qu'ils veulent, c'est ainsi. La République leur a payé l'école jusqu'à leur 16 ans, ils auraient dû comprendre que les savoir être que leur réclamaient leurs stupides enseignants avaient une raison d'être autre que les enquiquiner.
Réponse de le 18/11/2019 à 20:34 :
Réponse a Harpagon. Proche de la cinquantaine, de banlieue dans des conditions qui étaient moins rude, mais facho, j'ai pu constater qu'en fait si mon neveu lorsqu'il parle des parisiennes ici et en vacance utilise le terme de français, c'est bien que l'enjeu des 30 dernières années fut de construire tout cela.

Encore une fois, sorti du pays j'ai aussi comprendre comme on te taille a l'interieur. Construction essentialisé, sachant que c'est joué au départ (par les moyens, les accès la ghettoïsation qui finalement construit des altérités de rejet.

Et puis l'origine ethnique est sans doute l'enjeu le plus caché comme c'est le cas socialement. Donc un bon classe race pour les familles, alors si les moyens qui sont octroyer par milliards, disons qu'au lieu de ravaler les immeubles et l'environnement de l'animal, il ne serait pas temps de s'en occuper?!

Plus j'ai acquis des connaissances et des langues, plus de mes réalisations je me suis dit, quand même, les barrières extraordinaires qui sont misent a l'accès intrinsèquement, ne permet pas seulement de retenir l'état de fait pour décrire ce qui finalement par le multilinguisme européen, j'ai pu mesurer la chose finalement comprenant l'enjeu.

Alors que je viens de sortir l'un de mes neveux de ce traquenard de base pour qu'il puisse réintégrer l'école a minima, les 100 000 d'entre eux que l'on laisse chaque année a 16 ans.

Ministre du travail: "Il faut aussi que les employeurs ouvrent leurs chakras, qu'ils embauchent les seniors, les personnes en situation de handicap, les jeunes des quartiers".

Le marché du travail en France est ethnique et social. Il m'a suffit d'avoir plusieurs pays dans les langues dites pour constater la différence des offres......

Alors se dire que la question se résume a l'intégration, c'est aussi le déni qui pour le coup accable ceux qui sont les outils nécessaires d'intérêts, mais ou franchement il suffit de se balader dans paname pour voir les choses.

ça tombe bien, ce soir je vais voir zemmour pour qu'il raconte la belle histoire.

Non, tout cela pour dire que je suis beaucoup a travers les pays que j'ai pu traverser et sentir, car du coup le jeu n'est plus marrant lorsqu'il est normalisé ISO 93

Tout cela pour dire que nous sommes dans un système implacable qu'il est naïf de faire semblant.

Là , la situation a mon avis du pays lui même.......

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