Covid-19 : L'État ne veut pas refinancer "les entreprises non viables"

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(Crédits : Reuters)
Face à la crise du Covid-19, le gouvernement a ouvert les vannes pour éviter notamment la faillite de nombreuses entreprises. La facture des aides s'élève à 134 milliards d'euros, selon les prévisions du gouvernement. Pour éviter de refinancer des entreprises dites "zombies", le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a indiqué devoir faire des choix.

Alors que les finances publiques n'ont jamais été autant mises à mal pour faire face à la crise du coronavirus, le gouvernement doit maintenant faire des choix. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, a commencé a trancher ce mardi en indiquant que ce serait une "grosse erreur" que de soutenir des entreprises non viables.

"Cela peut être compliqué de l'expliquer à l'opinion publique, mais je suis profondément convaincu que ce serait une grosse erreur de consacrer trop d'argent à des entreprises qui ne sont pas viables" a-t-il indiqué lors d'une visioconférence organisée par le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).

Ces sociétés, dites "zombies", - définies par l'OCDE comme des entreprises qui ne vivraient plus et qui auraient fait faillite si les taux d'intérêt étaient normaux - se trouvaient déjà dans une situation financière très délicate avant la crise du Covid-19, elles ont aujourd'hui très peu de chances de survie. Le ministre de l'Economie considère ainsi que "ce serait perdre de l'argent public et ce n'est pas le moment d'en dépenser pour rien".

Lire aussi : Il ne faut pas avoir peur des entreprises zombies

L'Etat a en effet apporté un soutien à l'activité économique qui se chiffrerait à 134 milliards d'euros, d'après les données du troisième budget rectificatif depuis le début de la crise sanitaire, présenté le 10 juin. Ces aides entraînent, selon les prévisions du gouvernement, une chute de 11% du PIB et une dette publique qui atteindrait 120,9% du PIB.

Lire aussi : Le rapporteur général du Budget veut déconstruire "les totems" sur la dette

L'Etat attend l'aide des banques pour décider

D'autre part, lors de cette intervention, Bruno Le Maire a également mentionné le besoin de l'aide des banques pour choisir les entreprises que l'Etat doit aider.

"L'Etat français, pas plus que les autres pays de l'UE, ne se trouve pas en situation de faire ce genre de choix: nous allons donc obtenir l'aide du secteur bancaire pour choisir les activités qui sont saines" a-t-il ajouté.

Cette déclaration intervient alors que la Cour des comptes appelle aujourd'hui à faire "un effort dans la durée" pour maîtriser la dette publique. Dans son rapport annuel déposé ce jour, la Cour juge en effet indispensable un "effort de redressement", notamment sur les dépenses publiques.

Lire aussi : La Cour des comptes inquiète d'une dette non maîtrisée, appelle à un effort "dans la durée"

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Commentaires
a écrit le 01/07/2020 à 15:06 :
Un peu tard.. les sommes prêtées par les banques aux sociétés en difficultés montreront évidemment des taux de créances douteuses dans le haut du panier, donc 20%. 134 milliards de prêtés, donc une bonne 20taine de milliards de partis en fumées pour l'état (c'est à dire les contribuables). Et ensuite, soyons précis, quand les banques refusent de prêter, même avec les conditions de sécurité mise en place par l'état (garant des 25% des prêts "quoi qu'il en coute"), alors cela sent vraiment le sapin! On pensera en premier lieu à notre société très stratégique Air France et à nos pauvres pilotes dont les salaires, merci M.Lemaire, ont été assurés par tous.. A force de ne pas compter les seaux d'eau pour lutter contre l'incendie, on va finir par boire la tasse..
a écrit le 01/07/2020 à 13:18 :
Et pourtant... il se refinance bien lui-même !
a écrit le 01/07/2020 à 10:41 :
L'état n'est pas viable et pourtant il se refinance en permanence. Le covid révèle la dépendance de l'activité économique à la dette de l'état qui perfuse la spéculation.
a écrit le 01/07/2020 à 8:20 :
La première entreprise que je financerais plus , ceserait l'état français incapable de simplement aligner ses dépenses sur ses recettes depuis des années.
a écrit le 01/07/2020 à 7:55 :
décider qui sera soigné, ou pas, au nom du réalisme (voire pire, déguisé derrière le soutien aux plus fragiles sic).

Jolie doctrine qui a laissé mourir 10 000 personnes agées dans les Ephad et probablement autant à domicile parce que les urgences ont refusé de les prendre en charge...

L'obligation de ne pas disperser ses moyens est intellectuellement défendable, par contre il est impératif de se souvenir que des centaines de milliers d'entreprises de toute taille étaient parfaitement saines et viables avant que les interventions politiques ne les réduisent à l'état de squelette.

Alors finalement, le "quoi qu'il en coûte" c'était un énorme mensonge de plus ?
Il apparaît de plus en lus évident que les plans d'aides sont là pour sauver les actionnaires et non les emplois.
Des plus de 600 milliards prévus, il n'y a qu'une centaine de milliard € qui sera destiné à l'aide sociale (et en plus c'est un prêt qui est mis sur le dos de la sécu).

On nous refait le coup de 2008....
a écrit le 30/06/2020 à 21:15 :
Haro sur la SNCF, alors?
a écrit le 30/06/2020 à 20:35 :
Logique et les allemands devraient faire pareil puisque je rappelle que BAYER en février avait quand même une dette de plus de 35 milliards auxquels viennent s'ajouter les plus de 10 milliards des procès aux USA.
a écrit le 30/06/2020 à 18:18 :
y avait moins de scrupules quand il s'agissait de demander a la bce de preter de l'argent dont elle etait supposer annuler le remboursement!
dieu qu'on gere differemment quand c'est son pognon sur la table et pas celui des autres!

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