Budget : avec 40 milliards de plus pour les entreprises, la dette publique va s'envoler à 120,9% du PIB

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Le gouvernement table quand même sur un rebond de l'activité au deuxième semestre, après la chute de 5,3% du PIB au premier trimestre selon l'Insee, et le plongeon attendu de 20% au deuxième.
Le gouvernement table quand même sur un rebond de l'activité au deuxième semestre, après la chute de 5,3% du PIB au premier trimestre selon l'Insee, et le plongeon attendu de 20% au deuxième. (Crédits : Christian Hartmann)
Après le plan d'urgence de plus de 110 milliards d'euros déjà débloqué depuis le début de la crise, auquel se sont ajoutés plus de 300 milliards d'euros de garanties de prêts pour les entreprises, le gouvernement a décidé dans cette deuxième phase de soutenir plusieurs secteurs particulièrement touchés par le confinement (automobile, tourisme, aéronautique...), ce qui représentera un nouvel effort de 40 milliards d'euros. Conséquence: le déficit public devrait se creuser à 11,4% du PIB et la dette publique s'envoler à 120,9% du PIB.

Après avoir géré l'urgence d'une économie à l'arrêt, le gouvernement s'attaque désormais au sauvetage de secteurs sinistrés par la crise en mobilisant 40 milliards d'euros dans un nouveau budget rectifié pour 2020 qui entérine aussi la récession record que va connaître la France cette année.

Ce nouveau projet de loi de finances rectificatif (PLFR), le troisième depuis le début de la crise, sera présenté mercredi prochain en conseil des ministres.

Il est rendu nécessaire par une aggravation de la récession, désormais attendue à un niveau record de -11% cette année par le gouvernement, et les nouvelles mesures de soutien indispensables pour faire repartir l'économie.

"Le choc de la crise a été extrêmement brutal", soulignait encore mardi le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, le confinement ayant mis à l'arrêt une bonne partie de l'économie française pendant huit semaines.

Lire aussi : L'économie française connaît sa pire récession depuis 1968

Cette prévision "s'inscrit dans un cadre économique mondial fortement affecté par l'épidémie", a insisté pour sa part Bercy jeudi dans un point presse téléphonique, expliquant que "la plupart des pays avancés connaissent un impact proche (...) sauf en Allemagne, où les restrictions ont été moins fortes".

Lire aussi : En zone euro, l'économie reste déprimée, le chômage risque de s'aggraver

Après le plan d'urgence de plus de 110 milliards d'euros déjà débloqué depuis le début de la crise, auquel se sont ajoutés plus de 300 milliards d'euros de garanties de prêts pour les entreprises, le gouvernement a décidé dans cette deuxième phase de soutenir plusieurs secteurs particulièrement touchés par le confinement, comme l'automobile, le tourisme ou l'aéronautique.

Mesures de soutien à la trésorerie des entreprises

Ces plans vont représenter un effort de 40 milliards d'euros de l'État, à la fois via des mesures budgétaires et des mesures de soutien à la trésorerie des entreprises.

S'il a déjà mobilisé 18 milliards pour le tourisme et 8 milliards pour l'automobile, le ministre de l'Économie doit dévoiler vendredi un plan pour le secteur de la technologie, avant celui pour l'aéronautique la semaine prochaine ainsi que des mesures sur le petit commerce.

"L'important pour nous c'est la croissance, le retour de la croissance et ne pas perdre du capital humain ni du capital physique, par des faillites ou des licenciements", défend-t-on à Bercy pour justifier les chiffres impressionnants sur la crise que traverse l'économie française.

La dette publique va s'envoler à 120,9% du PIB

Au total, ce projet de budget comptera 13 milliards d'euros de crédits budgétaires et 12 milliards d'euros de garanties publiques supplémentaires. Le dispositif de chômage partiel, qui va être progressivement réduit, sera toutefois doté de 5 milliards d'euros supplémentaires par rapport au plus de 25 milliards déjà prévus.

Les recettes issues des prélèvements obligatoires (cotisations, TVA, impôt sur les sociétés, etc...) devraient elles encore fondre de 27 milliards par rapport à la prévision du précédent budget rectifié.

Conséquence: le déficit public devrait se creuser à 11,4% du PIB selon le gouvernement, et la dette publique s'envoler à 120,9% du PIB.

"Il faut privilégier la dette"

"Il faut privilégier la dette" dans une crise jugée "transitoire" et dans un contexte de taux bas et de soutien de la Banque centrale européenne, souligne-t-on au ministère de l'Économie, où l'on prépare aussi un plan de relance plus global pour la rentrée.

Car malgré la reprise qui se profile depuis le début du déconfinement le 11 mai, le gouvernement anticipe un recul de 10% de la consommation, de 19% de l'investissement, ainsi que la constitution par les ménages d'une épargne de précaution d'environ 100 milliards d'euros.

Les difficultés du secteur du tourisme vont à elles seules amputer de "quasiment un point" le PIB cette année, selon Bercy.

Sur le plan du commerce extérieur, le gouvernement prévoit une baisse de 12% de la demande mondiale adressée à la France.

Rebond attendu au deuxième semestre

Au total, le gouvernement table quand même sur un rebond de l'activité au deuxième semestre, après la chute de 5,3% du PIB au premier trimestre selon l'Insee, et le plongeon attendu de 20% au deuxième.

Ces précisions reposent également sur une hypothèse de réouverture des frontières en Europe le 15 juin et à la fin de l'été avec le reste du monde.

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Commentaires
a écrit le 07/06/2020 à 19:19 :
Suis je le seul à me poser la question de qui décide de déverser des tombereaux d'argent public (nos futurs impôts) vers quelques uns parmi les plus privilégiés parmi nous ? C'est la même chose aux USA la FED distribue les dollars en "open bar" pour quelques uns des américains qui sont DÉJÀ les plus friqués ! A vous convaincre qu'il y a bien un lobby financier, et que celui ci est en train de faire le braquage du siècle !
a écrit le 06/06/2020 à 9:39 :
Presque 50 ans qu'on utilise la dette en traitement de la crise et on a toujours pas de preuves scientifique de l'efficacité du truc, voire des gens pensent que ce traitement est inutile et dangereux.
L'économie je te lui donnerais un doliprane et au lit, attendre que ça passe, ça coutrait beaucoup moins cher
Réponse de le 07/06/2020 à 18:50 :
Comment croyez vus qu'agissait les rois , empereurs et dictateurs? Ils effaçait simplement la dette en éliminant les préteurs... Aujourd'hui c'est plus comme ça, beaucoup de très riches entreprise "prêtent" pour imposer leur lois... Ce sont plus vraiment des prêt mais du chantage pour imposer leur choix autrement on rembourse...
a écrit le 05/06/2020 à 15:33 :
Un peu plus, ou un peu moins d'endettement, il y a longtemps avec des budgets votés systématiquement déficitaires depuis 1974, que personne ne fait plus attention au creusement sans fin des déficits Français. Par contre ce que les gouvernements successifs en temps de crise n'ont jamais été capables d'effectuer: des baisses significatives d'impôts et de charges sociales pour les entreprises plus taxées que ses voisines européennes, et les particuliers alors que c'est la consommation qui produit seule en France la croissance, l'Allemagne elle, moins endettée, se permet de baisser la TVA, nous Le Maire a dit NON.
Réponse de le 07/06/2020 à 18:53 :
Si on était si endetté, croyez vous vraiment que l’Élisée aurait acheté de la vaisselle neuve et mis une piscine pour quelques jours de vacances? Ils feraient pas non plus des fêtes avec du vin a 500€ la bouteille et du homard à volonté... Où alors nos dirigeants sont toujours les même qu'avant et se croient tout permis.
a écrit le 05/06/2020 à 14:24 :
A moins que l’etat augmente la TVA, puis la CSG, la CRDS, TFCE, la taxe carbone, la taxe....
Taxe, taxe, taxe, taxe.....
a écrit le 05/06/2020 à 14:04 :
Les décideurs se moquent de la dette. Du moment que le peuple dans la réglera, circuler il n'y a rien à voir.
a écrit le 05/06/2020 à 11:37 :
Un désastre où l'on dépense sans compter, dans des entreprises du passé, où l'on rajoute des prestations sociales même si ce n'est nullement nécessaire, où l'on créé un gigantesque appel d'air pour le non travail (record du monde des chômeurs, avec une partie importante de la population qui ne veut plus bosser -pourquoi le faire si on touche quasi la même chose).. et je crois que le pire, est cette certitude qu'ont nos dirigeants d'être en mesure de piloter tous les business, sans expertise, sans connaissance des filières, sans connaitre les problèmes, sur bases d'idées préconçues, et sûrs d'être de grands "stratèges". Tout cela est l'opposé même d'une société agile, tournée vers les innovations, qui ne seront jamais créées à Bercy! Cela est SÛR! Les lendemains vont être très durs, n'en doutez pas un instant!
a écrit le 04/06/2020 à 19:11 :
Vu les résultats passés et comme il est évident que les méthodes de gestion ne sont pas près de changer, nous continuons à nous enfoncer. Le moment serait pourtant bien choisi de frapper un grand coup en faisant appel à un gestionnaire plutôt qu'à un administrateur. Dommage, j'en avais deux sur la langue dans le secteur automobile, mais il y en a sans doute bien d'autres près de lâcher les manettes de leur boite, capables de nous sortir de la m.... où nous croupissons depuis un demi siècle.
a écrit le 04/06/2020 à 18:38 :
Heureusement qu’on utilise plus la planche à billets !!
Il faudrait détruire des forêts entières tellement on fabrique de la fausse monnaie
a écrit le 04/06/2020 à 18:29 :
Et ce n'est pas pour cela qu'on se mettra à écouter tous les professionnels qui affirmaient qu'il fallait changer de système économique afin d'affronter les crises de demain, pensant surtout à la pollution et au réchauffement climatique c'est sûr qui arrive lui aussi à fond les ballons, pire on aura de nouveau les mêmes économistes à gages, ceux qui gagnent des fortunes à venir nous raconter toujours les mêmes bobards auxquels mêmes eux ne croient plus, ça se voit dans leur yeux.

L'humanité mérite mieux que ça quand même hein, les humains à l'origine de ce désastre ont une bien triste image d'eux-mêmes.
a écrit le 04/06/2020 à 18:22 :
ils sauvent les boites en interdisant a renault de produire autre chose que de l'electrique, a airfrance de faire des vols en interne, etc
ils se fouten,t de la gueule des gens ou quoi?

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