Le rapporteur général du Budget veut déconstruire "les totems" sur la dette

Le rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale Laurent Saint-Martin (LREM), entend "déconstruire certains totems": au terme d'une "mission flash" sur la dette publique mardi, il propose notamment de réviser les règles européennes.
(Crédits : Reuters/Benoit Tessier)

Avec la crise du coronavirus, la dette est attendue à 120,9% du PIB cette année (contre 98,1% l'an dernier). Elle s'est déjà établie fin mars à 101,2%, enregistrant sa plus forte hausse trimestrielle depuis 2009, a rapporté vendredi l'Insee.  Partant du constat que le débat est "très superficiel", souvent axé sur ces ratios, le député du Val-de-Marne a cherché lors de cette mission lancée mi-mai à "apporter un peu de réel autour de l'endettement public".

"Ce n'est ni le manuel de politique monétaire, ni le café du commerce", relève le député à l'AFP, mais "ça permet de tordre le cou à certaines idées trop établies" comme celle consistant à dire qu'il n'y a qu'à "annuler la dette du jour au lendemain ou à l'inverse qu'elle est un fardeau terrible pour nos petits-enfants, ce qui est tout aussi faux", ajoute-t-il.

Une question de "souveraineté politique"

Après plus de 30 auditions d'économistes, d'acteurs publics comme l'Agence France Trésor, mais aussi d'acteurs de marché comme les agences de notation, il a abouti à "une vue d'ensemble" qui permettra, espère-t-il, "un bon niveau de débat" avant l'examen du troisième projet de budget rectificatif qui démarre mardi en commission. Il formule une série de propositions, dont la création d'un débat annuel à l'Assemblée en lieu et place du débat d'orientation des finances publiques, qui n'aurait plus lieu qu'en commission.

Il propose également de "mieux connaître les créanciers de la dette française", pour "y voir plus clair", tout en respectant "une certaine confidentialité". "On sait que 20% de la dette est détenue par la Banque centrale européenne (BCE), j'aimerais bien savoir qui détient les 80% restants", explique Laurent Saint-Martin, qui y voit une question de "souveraineté politique".

L'élu propose également une proposition de résolution afin "d'alerter" sur le fait qu'une "bonne gestion de la dette" n'est pas "un plaisir technocratique", mais permet de dégager "des milliards" chaque année pour mener des politiques publiques.

Il suggère enfin d'"explorer une révision des règles budgétaires européennes", jugeant qu'on ne peut plus dire que le ratio de 60% du PIB valant en zone euro "a du sens" et qu'il faut "de nouvelles règles, ce que la crise du Covid-19 a encore plus démontré".

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Commentaires 2
à écrit le 23/06/2020 à 15:54
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Vous pourrez bénéficier de nombreux outils en vous référant au Monde Diplomatique qui a parfaitement su expliquer le phénomène sous différents aspects par ailleurs.

à écrit le 23/06/2020 à 15:42
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"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" : Antoine Lavoisier, 18eme siècle. La dette ne permettra jamais de s'affranchir de ce principe fondamental de la physique.

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